Une salutaire radicalité

Dans un long article posté sur le site du Nouvel Observateur, François Bazin fait, sur un ton violent, une critique du livre de Laurent Mauduit intitulé "A tous ceux qui ne se résignent pas à la défaite qui vient".

Comme je fais partie de "ceux qui ne se résignent pas", je trouve particulièrement mal venue cette charge du journaliste contre une analyse et un propos qui chassent enfin tous les nuages d'hypocrisie et de confusion mentale qui ont peu à peu fait du Nouvel Observateur un hebdo illisible.

En effet, le grand mérite de Laurent Mauduit est son décapage de la gangue de carrièrisme, d'arrivisme et de corruption qui a précipité les hiérarques du Parti socialiste vers la collaboration de classe, la compromission, et la trahison des valeurs de la gauche.

En lisant ce livre salutaire, on comprend bien pourquoi nous avons glissé sur cette pente mortifère et pour quelles raisons les intérêts du peuple ont été sacrifiés au profit de quelques individus sans scrupules et qui paradent encore aujourd'hui avec des cocardes tricolores, dans des voitures de fonction. 

Que ce soit pour les diplômes octroyés à Cambadélis, le chèque invraisemblable de la MNEF à DSK, les sommes planquées en Suisse par un ancien ministre du Budget, les prévarications de Madame Andrieu, etc le syndrome Cahuzac s'est emparé de cette camarilla sociale-libérale qui n'a aucune conviction politique sinon celle d'accéder au pouvoir et d'y rester le plus longtemps possible.

Etant actuellement immergé dans un gros travail sur l'histoire de la Commune de 1871, je peux affirmer que nos ancêtres les Communeux ont échoué par manque de radicalité alors qu'ils bénéficiaient d'une opportunité historique propice à la naissance d'une véritable République, cette République sociale dont le projet s'est brisé le 28 juillet 1794 avec l'exécution de Robespierre.

Alors si nous ne voulons pas périr, ayons le courage de nos opinions.

Ne nous résignons pas !

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