Un texte oublié d'Henri Guillemin

En complément (modeste) de l'excellent hommage que vient de rendre Antoine Perraud à Henri Guillemin, je me permets de venir exhumer un petit texte critique que ce dernier avait publié dans la revue "Obliques" (numéro 12/13, 2e trimestre 1977) à propos de mon livre "Sade, j'écris ton nom liberté", scénario original d'un projet de film intitulé "Le marquis sans culotte"*.

"Important, l'ouvrage que Jean A.Chérasse et Geneviève Guicheney viennent de nous donner (aux éditions Pygmalion) : "Sade, j'écris ton nom liberté".

Son premier mérite - un trés grand mérite - est d'être parfaitement intelligible, ce qui n'est pas la caractéristique principale de tant d'écrits, en nombre croissant aujourd'hui, sur le personnage. Signalons aussi la précieuse "Chronologie comparée", à la fin du livre.

Il semble bien que Sade ait été victime d'une double conjuration, l'une du côté de sa belle-famille (pour des raisons complexes), l'autre du côté du Pouvoir. La corruption à peu près générale du milieu aristocratique faisait de Sade un exemplaire banal du "désordre" - assez inouï - des moeurs d'alors. Un châtiment trompe-l'oeil n'était pas inopportun.

Sade, ou le bouc-émissaire.

Intéressantes aussi les pages du volume consacrées à Sade "révolutionnaire". Il sut garder bien des prudences, et détesta Robespierre...

Je suis mal convaincu des "intuitions géniales" dont il devient usuel de le créditer. Mais il est sûr que des mises-au-point biographiques étaient bien nécessaires à son sujet. Et nous les avons désormais, grâce à cette scrupuleuse étude. On lira avec sympathie, la préface gentiment candide, de Xavier de Sade."  

* le rôle du "divin marquis" devait être interprêté par Léo Ferré. Mais le projet ne dépassa pas le stade de la pré-censure.

 

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