L'hécatombe historique inoubliable

Alors que le corps électoral européen est invité à nommer ses représentants pour un parlement qui est censé exprimer ses volontés, Paris était il y a 148 ans, le théâtre d'une effroyable tragédie lors d'une Semaine sanglante au cours de laquelle furent exterminés par des soldats français, entre 20 et 25 000 citoyennes et citoyens français...

Ce grand massacre fratricide, une des tâches les plus honteuses de l'histoire de France, est la dernière phase de la lutte à mort engagée par Adolphe Thiers et les classes dominantes contre les insurgés de la Commune de Paris.

Ce 25 Mai 1871, l'étau versaillais s'est resserré autour des Fédérés qui luttent à un contre six puisqu'il y a 130 000 soldats de ligne opposés à 20 ou 30 000 gardes nationaux, qui combattent par petits groupes.

Si la rive gauche de Paris est d'ores et déjà versaillaise, de multiples barricades sur la rive droite freinent la progression des envahisseurs. Le môle de la résistance communeuse s'est organisé place du Château d'eau (aujourd'hui place de la République) autour d'une énorme barricade où Delescluze ira se faire tuer. Mais ce fortin couvre la mairie du XIe arrondissement qui est devenue le QG des Fédérés ; il sera néanmoins évacué vers Belleville à la fin de la journée...

Tandis que la résistance héroïque des Communeuses et des Communeux marque à jamais la saga des "72 Immortelles", le Maréchal de Mac Mahon ordonne à son artillerie de faire feu à volonté, en utilisant notamment les "obus au pétrole" que Thiers avait fait venir à Versailles de la pyrotechnie de Bourges, au mois d'Avril 1871, comme en témoignent les lettres de cheminots de la ligne Paris-Orléans.

Ils incendieront Paris et en feront porter la responsabilité aux "pétroleuses", ces harpies transportant du pétrole dans des pots à lait et allant le jeter sous les immeubles !...

Et la grande ville brûle sous le regard narquois de l'envahisseur prussien qui est toujours là dans ses casernements au Nord et à l'Est de la capitale alors qu'une poignée de Fédérés qui comporte bon nombre d'étrangers (Polonais, Belges, Hongrois, Italiens, Danois) se bat pour la liberté et pour l'égalité dans l'espoir de voir éclore cette république universelle de la fraternité qui est le fondement même de la révolution communaliste.

Ils rêvaient d'une Europe de la fraternité humaine et non pas de celle du fric.

 

 

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