Cul-de-sac

Alors que certains caciques de la majorité gouvernementale n'hésitent pas à faire des ruades, n'en déplaise à Jupiter, la France qui s'enfonce dans une interminable nuit sanitaire, s'apprête à survivre encore cinq ans sous le régime néo-libéral géré par une techno-bureaucratie ...

...car il faut bien s'y résoudre : les élections de 2022 ne serviront à rien sinon à faire perdurer l'autocratie bourgeoise, en donnant un quinquennat supplémentaire à l'existence de cette Ve République pourtant exsangue, qui est devenue un ersatz de démocratie et la poubelle de nos illusions.

La meilleure chose qui pourrait nous arriver, en laissant passer un filet de ciel bleu dans cette atmosphère noirâtre, est l'octroi de la proportionnelle qui, réduisant l'hégémonie du troupeau majoritaire, permettrait d'instaurer un débat d'idées au sein du pouvoir législatif et ainsi, de "rocardiser" un tantinet l'action gouvernementale...

Mais hormis cette éventualité minime, le piège constitutionnel s'est refermé et nous sommes bel et bien réduits à vitupérer dans une impasse : notre citoyenneté n'est plus qu'un pauvre rêve déchiré, qui se gargarise avec des mots.

Sans doute faudrait-il relire Platon et nous contenter de consommer ce qui nous est chichement mesuré, dans l'antre de la caverne où nous sommes confinés?... Mais la "république" elle même ne doit-elle pas être repensée ?

Autrement dit tant que nous n'aurons pas pris conscience de la nécessité d'une restauration de la souveraineté populaire, nous resterons les sujets de cette techno-bureaucratie bourgeoise inféodée aux oligarchies financières, qui demeure envers et contre tout, à contre-courant de notre histoire roborative et généreuse, celle de 1792, de 1830, de 1848, de 1871, de 1936, de 1945 et celle de la Commune étudiante de 1968. 

Il faut absolument sortir de la nasse, abattre ces murs qui nous emprisonnent, briser la chape de plomb...

Prenons nos désirs pour des réalités, le vieux monde est derrière nous...

Respirons, vivons : soyons dignes d'être humains !

Nb/ "Cul-de-sac" n'est pas seulement le titre de l'un des premiers films de Polanski, c'est aujourd'hui le constat de notre situation !

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