La boule au ventre

Cette expression d'une journaliste qui interrogeait Emmanuel Macron lors de la conférence de presse du 25 avril me semble définir parfaitement l'impression délétère et le profond malaise engendrés par cette prestation...

...et pourtant, le grand oral du Président était paré de tous les oripeaux du succès : après un suspense quasiment hitchcockien, voilà un discours flamboyant, prononcé dans une langue élégante mais parfois un peu trop sophistiquée, avec des accents de sincérité théâtrale faisant appel au bon sens et à la bien-pensance, le tout naturellement enrobé d'un papier-cadeau tricolore sur fond de drapeau bleu constellé.

Malgré deux repères visiblement empruntés à l'opposition ("mettre l'humain au centre de la politique", verrouiller les "frontières" de l'espace Schengen) la prosopopée présidentielle s'est articulée autour de l'adage bien connu : "changer pour que rien ne change".

C'est en quelque sorte un remake de "la Charte octroyée" par Louis XVIII ...

Voilà comment le porte-parole des élites bourgeoises a bien voulu répondre à la "canaille" : résignez-vous !

Il fut une époque où le vieux sage Stéphane Hessel préconisait aux nouvelles générations de réinventer l'esprit de résistance avec son petit livre "Indignez-vous !". Depuis lors, le néo-libéralisme a fait des ravages...

En choisissant l'affrontement, Emmanuel Macron a fait le pari de Caligula.

Ou bien celui d'Adolphe Thiers ?

 NB/ ce matin France Inter a battu son record de flagornerie en invitant la porte-parole du Gouvernement pour commenter... la prestation du Président

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