Métamorphose ?

L'évolution sociétale ressemble parfois à l'ébullition du lait dans une casserole sur le feu : le liquide subit lentement et progressivement un accroissement de son volume pour se transformer soudain en vapeur gazeuse...

... c'est ainsi que ce concept dialectique avait inspiré à Karl Marx sa boite à outils afin qu'il puisse décoder le passé, en jetant un regard oblique sur l'évolution de l'humanité, depuis le bon vieux temps de la cueillette.

Mais si la matérialisme historique est encore aujourd'hui l'un des éléments fondamentaux de la recherche, il ne peut suffire à l'investigation des temps qui nous précèdent car , même si il est un moteur essentiel de la vie économique et marchande, le capital n'est pas un "deus ex machina" comme l'a d'ailleurs montré Thomas Piketty.

Mais les fameux "cycles du capitalisme", que l'on trouve en amont ou en aval de longues périodes de vitalité économique ou de rebonds, ne recoupent pas forcément l'arrivée brutale des crises auxquelles il s'adapte en poursuivant son accumulation, dans un imbroglio psychiquement mortifère.

C'est la situation que nous sommes en train de vivre en 2020, la nouvelle "année terrible" du XXIe siècle, où la bourgeoisie dominante, dans l'incapacité de maîtriser la crise sanitaire, a décidé de confisquer les libertés publiques et les rapports sociaux tout en priorisant un maintien de l'activité économique : le capitalisme a ses raisons inavouables que la raison ne connaît pas !

Notre époque ressemble de plus en plus aux années Trente, avec la montée des périls et la menace du fascisme...

S'élevant avec lucidité et une virulence salutaire contre cette "descente aux enfers", le philosophe libertaire Raoul Vaneigem vient de publier un Manifeste intitulé "La liberté enfin s'éveille au souffle de la vie" : j'en ai rendu compte sur ce blog et j'invite toutes celles et tous ceux qui me lisent à venir goûter ce "gai savoir".

Car les périodes de crise sont souvent fécondes, et celle dans laquelle nous sommes plongés n'échappe pas à la règle. Elles sont le moment idoine pour la réflexion et une prise de conscience de l'absurdité mortifère de notre résignation imposée par le terrifiant virus.

De la nuit de Vichy, avec la Résistance à l'occupant nazi, était bien sorti le magnifique programme du CNR !

De cette crise peut/devrait sortir une nouvelle société, démocratique et fraternelle.

Nous ne sommes pas des cloportes en quête de métamorphose.

Nous voulons vivre, heureux..

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.