Les rebelles du samedi

Si on devait nommer "la médiapartienne de l'année", je crois que notre amie Ceinna Coll en serait la lauréate car elle a, inlassablement et sans aucune défaillance, rapporté tous les dimanches matin, ce qu'elle avait vu et ce qu'elle avait ressenti dans le cortège des Gilets jaunes battant le pavé de Paris le samedi après-midi, tout au long de l'année 2019 !

Alors que la "grande presse" se rassasie en déterrant de vieilles mines rouillées concernant les frasques sexuelles d'un cinéaste ou d'un écrivain, elle minore voire elle oublie carrément de rendre compte à ses lecteurs de l'événement du samedi, récurrent et sans aucun doute historique, la protestation sociale des exclus portant l'uniforme des Gilets jaunes, ce vêtement de signalisation routière qui a été conçu pour protéger les automobilistes en panne.

Depuis le 17 novembre 2018, chaque samedi a été marqué par un défilé de la colère, avec ses manifestants aux tuniques jaunes portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire leurs revendications dont voici le résumé : "la fin du mois est une priorité avant même le combat pour éviter la fin du monde", "suppression des taxes sur les carburants", "non à la précarité et à la misère", "référendum d'initiative citoyenne" pour que la démocratie puisse fonctionner, "Macron démission", etc...

Et chaque dimanche matin, l'inébranlable militante Ceinna Coll nous a fait partager ses "choses vues" et ses commentaires au sujet du parcours de la veille, avec une grande exactitude, ses émotions et...beaucoup d'humour !

Tant et si bien que tous ces braves gens sont peu à peu devenus nos amis, et en particulier le barbu Jérôme Rodrigues qui a perdu un oeil touché par un tir de flash-ball, et qui vient à nouveau d'être blessé...Nous les estimons et nous les aimons !

Dans le grand imbroglio de la société de consommation qui grince, renâcle et s'étiole en cette période de grèves, cette France rebelle porte la flamme de la révolte et de la dignité humaines comme les athlètes le font de la flamme olympique !

Ils sont les dépositaires des "fondamentaux" de l'émancipation.

Ce sont les héritiers des Communeux.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.