Les vieilles lunes

A écouter un certain nombre de commentateurs politiques, notamment Alain-Gérard Slama au micro de France Culture, il ne saurait y avoir de bonne solution pour sortir de la crise que par un "gouvernement d'union nationale". Et de citer évidemment Schroeder, le social-démocrate qui a réussi à faire attelage avec les conservateurs allemands.

A quelques encablures des élections legislatives où le PS risque de ne pas avoir de majorité absolue, les beaux esprits se penchent sur le berceau de la France pour suggérer l'ouverture au centre...c'est à dire à droite pour que le Président Hollande joue du clavecin bien tempéré et fasse, hormis quelques gadgets de com, la même politique que celle de son prédécesseur.

Ce retour aux "vieilles lunes", fantasme récurrent de l'imaginaire des "honnêtes gens", est une constante de notre histoire depuis la Révolution française : des Girondins aux Vichystes en passant par les Thermidoriens et les Versaillais...

Mais les dès ne sont pas encore jetés si l'on considère qu'il n'y a aucune majorité présidentielle sans les voix du Front de gauche, dont le rôle va être essentiel dans la gouvernance de ce quinquennat.

Si à la Libération en 1945, le général de Gaulle a pu faire bénéficier la France, grâce au soutien du Parti communiste, des bienfaits d'une politique imaginée en 1936 par le Front populaire de Léon Blum,  François Hollande a la possibilité , aujourd'hui, de mettre en place une action gouvernementale de bien public basée sur le retour de la croissance assortie d'un impératif de justice sociale.

Les vieilles lunes pâliront. Car le soleil se lévera...à gauche.

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