La légende noire de "l'incorruptible"

Pour donner suite à cet incroyable écho suscité par mon billet intitulé "Le cri de Robespierre" ( plus de 400 réactions !), je voudrais citer aujourd'hui deux extraits de l'ouvrage magistral d'Henri Guillemin "Robespierre, politique et mystique" (Seuil, 1987) :

"Saviez-vous que Robespierre avait créé une "tannerie de peau humaine", grâce à ses assassinats officiels, afin de "procurer des souliers aux sans-culottes" ? C'est ce qu'apprendra aux bonnes gens l'abbé Proyart dans son ouvrage de 1795 : la Vie et les Crimes de Robespierre, p.275. Et qu'il organisa, durant son passage au pouvoir, des "orgies" avec des "prostituées" ? Renseignement fourni au public par Galard de Montjoye avec son Histoire de la conjuration de Maximilien Robespierre, 1796, p.230. Un "monstre", dira Dubois-Crancé, le 3 août 1794, à la Convention, sept jours après le 9 Thermidor. Louis Madelin, en conclusion de ses amples propos d'historien vulgarisateur et bien-pensant, le tenait pour un "fléau de Dieu".

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"Robespierre appartient à la bourgeoisie, certes, de fait, mais non "en esprit et vérité". Quand il dit : "Je suis du peuple",il ne triche pas ; et il n'affecte rien quand, aussi, avec une fièvre dans la voix et dans le coeur, et une violence difficilement contenue, le 28 octobre 1792, en pleine Convention, il jettera aux Girondins cette définition qu'ils seraient bien incapables de récuser puisque Robespierre ne fait qu'emprunter leur vocabulaire : "Ils sont les honnêtes gens, les gens comme il faut de la Révolution"; et nous, "nous sommes les sans-culottes et la canaille".


Dans une chanson de la Commune de Paris, écrite par J.Darcier et J.B.Clément, intitulée "L'éveil de la classe ouvrière", on chante au refrain : "C'est la canaille, et bien j'en suis !"

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