UN HOMMAGE A KAZE TACHINU !!!

Suite à l'apparition de mystérieux chiens perdus sans colliers dans le domaine des commentaires du billet À Tout Vent ! LE VENT SE LÈVE ! ... IL FAUT TENTER DE VIVRE ! ...

Suite à l'apparition de mystérieux chiens perdus sans colliers dans le domaine des commentaires du billet À Tout Vent ! LE VENT SE LÈVE ! ... IL FAUT TENTER DE VIVRE ! ...(30/03/2019 12:53 PAR KAZE TACHINU), j'ai choisi, pour des raisons de sécurité, de publier ce billet pour pouvoir donner libre-court et en toute liberté à l'inspiration poétique que ce billet m'a inspiré 

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chiens-perdus

Le coquelicot et les pissenlit

Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Tous deux adoraient la belle (*) 
Prisonnière des soldats 
Lequel montait à l'échelle 
Et lequel guettait en bas 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Qu'importe comment s'appelle 
Cette clarté sur leur pas 
Que l'un fut de la chapelle 
Et l'autre s'y dérobât 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Tous les deux étaient fidèles 
Des lèvres du cœur des bras 
Et tous les deux disaient qu'elle 
Vive et qui vivra verra 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Quand les blés sont sous la grêle 
Fou qui fait le délicat 
Fou qui songe à ses querelles 
Au cœur du commun combat 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Du haut de la citadelle 

La sentinelle tira 
Par deux fois et l'un chancelle 
L'autre tombe qui mourra 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Ils sont en prison Lequel 
À le plus triste grabat 
Lequel plus que l'autre gèle 
Lequel préfère les rats 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Un rebelle est un rebelle 
Deux sanglots font un seul glas 
Et quand vient l'aube cruelle 
Passent de vie à trépas 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Répétant le nom de celle 
Qu'aucun des deux ne trompa 
Et leur sang rouge ruisselle 
Même couleur même éclat 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
Il coule il coule il se mêle 
À la terre qu'il aima 
Pour qu'à la saison nouvelle 
Mûrisse un raisin muscat 
Celui qui croyait au ciel 
Celui qui n'y croyait pas 
L'un court et l'autre a des ailes 
De Bretagne ou du Jura 
Et framboise ou mirabelle 
Le grillon rechantera 
Dites flûte ou violoncelle 
Le double amour qui brûla 
L'alouette et l'hirondelle 
La rose et le réséda.


* La France.

Louis Aragon.

Source : https://www.poesie-francaise.fr/louis-aragon/poeme-la-rose-et-le-reseda.php

 

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