LINDEN BLOSSOM : POUR NE PAS M’INQUIÉTER !!!

Des poèmes composés au fil du temps, lus par téléphone puis reçu ce matin de Linden Blossom par Internet pour moi et pour nous tous à Mediapart !!!

POESIE

LES

SILENCES

 

 

Silence blanc

Cristal anonyme de l’attente

 

 

Ferveur givrée des cathédrales

 

Glace ardente

 

 

Des cœurs épris

 

Silence opale

De l’ennui

 

Gemme glaciale

 

Du mépris

 

 

Silence

 

Tr ans pa re nt

De l’innocence

 

Silence d i a p h a n e des sages

 

 

Silences P A S T E L S

 

 

Des soirs d

E

T

E

Limpide émanescence

De la sérénité

 

 

Silence bleu

 

De la paix retrouvée

De la soif étanchée

 

 

Silence jaspé des sens

Assouvis

De l’esclave asservie

 

Silences m a u v e s

 

Des orgues

 

Qui se sont tues

 

 

 

Silences ROSES

 

Illusions de s a b l e s

 

Vos effluves D O R

 

 

Ceignent de braise l’orée

I n s a i s i s s a b l e

 

Du COEUR

 

 

Silences roses aux doigts d’argile

 

Co e u r plus près des lèvres QUE

 

 

 

La m ou s s e l é g è r e

 

D’ une coupe de vin

 

 

 

Silences D

I

A

P

R

E

Des tacites a c c o r d s S

 

 

 

 

 

Silence R U T I L A N T

 

 

Du charme E N S O R C E L A NT

 

 

 

Silence n a c r é

 

 

 

D’occultes

Voluptés

 

 

SILENCES R O U G E

 

 

Des violences

Contenues

Des volcans révolus

Silence rouge

 

Des passions éclatées

Des blessures infligées

Des douleurs cachées

 

 

Silences NOIRS

 

Des insomnies stériles

Silences NOIRS

Des amours consumées

 

Des rêves brisés

 

 

Silence d’ é b è n e

Aux goûts amers

Des R

 

 

E

N

O

N

C

E

M

E

 

N

S T

 

 

Silence

Noir

 

De l’encens

 

F a t a l

 

Silences noirs de la M O R T

 

 

 

 

JE VOUS AI R E C O N N U S

 

 

 

 

Blossom 1956

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi le vent du soir…… ?

 

 

Pourquoi le vent du soir est-il si doux ?

Ces riens si pleins de tout

Qui levaient des délires au pied des sémaphores

 

Ces riens qui scintillaient

En nous gonflant d’azur vierge et fol

Jusqu’à toucher les ailes de nos rêves

Ces riens, saphiréens gisants au fond de nos mémoires

A nos fronts désarmés

Dresseront-ils leurs vaisseaux nus

Mordus

Des noirs parfums des choses qui ne sont plus ?

Pourquoi le vent du soir est-il si doux ?

Brisera-t-il de ton regard l’opale antique

Ce linceul d’eau de lune

Où je m’endors damnée ?

 

Pourquoi le vent du soir

D’infinissants murmures

Apaise ma blessure,

Cette épouse fidèle qui chante encore la vie

 

 

Pourquoi le vent du soir…. ?

 

 

LE BLEU DES VAGUES

 

 

D’AVANT

 

DEMAIN

 

 

La –haut, sur la crête vive de l’autre bout de moi, là où le surnaturel a dépouillé de ses couleurs toute réalité, là où le sang de la mémoire rencontre la transparence d’un silence virginal, se tient une petite fille. Elle é- mer- ge, d i a p h a n e, sans ombre portée, d’une île de lumière….

 

Elle joue. Auréolée de l’arc blanc de ses certitudes. S’avance vers Lucile. Doucement lui prend la main. Leurs visages, maintenant sont proches.

 

Quelque part ils se ressemblent.

Etrangement.

Par un jeu de vibrations lumineuses, se superposent. Sans perdre leur essence intime.

Puis… recomposent un nouveau visage : celui d’une autre enfant .Qui EST – Lucile.

Sans l’être tout à fait.

Emergence fugitive d’une part d’elle-même. Une part qui n’aurait pas vécu. Qui, là, maintenant.

Demande à VIVRE.

 

Sans mot dire, l’enfant lui prend la main, et, dans une arabesque décomposée l’invite à l’accompagner.

 

Lucile se lève. Ou plutôt son essence….

 

Elle marche, sans toucher le sol.

Aspirée par un bonheur qui vient d’un autre monde. Elle sent son être fondre dans des reflets de sensations atemporelles.

Se réverbérant les unes les autre, dans le quartz pur d’une identité astrale.

La petite main tiède la presse un peu plus fort. Comme pour l’affranchir du vertige blanc des choses in-si-gni-fi-ées.

 

 

Elles continuent de marcher.

Foulant le sable couvert d’écume. Au rythme des souffles accordés.

 

N’ont plus mal à leur solitude.

 

 

Les antiques tabous s’étaient fracassés comme du cristal. Leurs œuvres vives flottaient à la dérive, pulvérisées dans l’écume monolithique du ressac utérin. Sa puissance gelait toute altération, tant son tempo était lent….

 

Ce chant du dedans, né de la vibration primale, s’écrivant selon sa propre histoire, cette suave amplitude d’une oscillation cosmique se déployait, là, maintenant, avec le goût entêtant de la promesse tenue, dans le bleu des vagues d’avant demain…

 

QUELQUE

PART

 

 

EN

 

 

AILLEURS

 

 

 

 

Un cri.

 

Long.

 

Très long et très sourd.

 

 

Jamais,

 

Il n’avait fleuri au monde des sons.

 

Son histoire s’était perdue dans une autre vie.

Avec ses couleurs jamais dites. Habillée de mots tout prêts. Mais pas nés.

Une histoire au bord d’un oubli. A peine si… drapée.

Drapée d’images jamais entendues. De mille riens.

Lourés dans les replis nocturnes d’un été improbable.

 

 

C’était dans une autre vie. Ancienne.

Et très à la mode cependant.

 

Une histoire d’amour, jaillie là, sur le bord de fuite d’un été indifférent. Elle avait voyagé longtemps à travers des âmes poreuses, sans contours. Egarées pour elles-mêmes et pour les autres.

 

Un matin, elle avait fini par se dissoudre dans le tumulte étincelant d’un naufrage , lui-même inscrit en abîme dans d’autres naufrages , au bord d’autres histoires..

 

 

1993

&&&&&&

 

 

D’ANTAN  ?

 

 

LE DOUX PARFUM

 

 

Dans mes palais d’antan

 

Sommeille une charmille.

Là, vibrent des mots fanés, aux senteurs démodées.

 

Des coudriers, végétale concorde, y rêvent d’amours jaunies

Au clair des heures anciennes….

 

Les rengaines y accrochent leurs hiers aux guirlandes vibrantes des éphémérides.

 

Joutes adamantines,

Contre escarmouches poivrées,

Arlequins cabochards ou Dominos brisés

Dans les cercles de feu de prunelles loufoques

 

Dansent le ballet baroque de sauve cœur qui peut…

 

Vous , crêpes de Chine et brocatelles de soie,

 

Damassés d’or et d’argent,

 

Vous, accessoires d’artifices fatal

 

Parfois n’êtes au ciel de l’outrage

Ce nœud d’offenses

 

Qui de la dignité blesse l’estampille d’or…

Dans mes palais d’antan

 

Dort une charmille

 

Où vibrent  st ériles et froids, des cœurs désincarnés…

 

 

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NI LA CIRE … 

 

 

Ce n’est ni la cire ni le parchemin.

 

Seulement l’humble écorce d’un bouleau

Qui retiendra ce message.

 

Dans mon pays, c’est sur les grands tombeaux de bronze qu’on peut, ainsi que l’avait enseigné Aristote, lire en lettres non apparentes.

 

Gravées en caractères étrusques, elles chantent la « dive bouteille «  si haut et si fort qu’en tremblent les étoiles à faire la nuit d’une transparence telle que ce n’est plus la nuit, mais comme l’a dit le poète « seulement l’absence du jour.

 

Puisque les hommes sont fous, ma folie serait aussi folle que celle d’Anna Ivanovna  ! A l’instar de l’impérial caprice qui ordonna d’enfermer dans sa » folie » de glace un couple de fiancés promis à leur nuit de noces , c’est notre BONHEUR D’ ETRE ENSEMBLE que j’aimerai retenir.

 

Dans ce palais de glace dont le cristal serait tel.

Que, hissé sur la planète SATURNE il y pourrait durer éternellement….

 

1995

 

 

A GALILEE

 

 

«  ELLE «  tournait !

 

 

Le premier,

 

Tu portas le poids du Nombre vierge.

Non partagé.

 

Qui agenouillait.

Le premier,

 

Face à l’effroi sacré du «  jamais plus «.

 

 

 

«  ELLE «  tournait !

 

O Galilée !

En cette aube unique tu embrassas l’unique solitude !

 

Le Nombre était arrêt de mort.

 

Désormais sur toute chose rayonnait l’Irréversible…

 

L’Ordre établi était derrière.

 

Sous l’étreinte de l’instant absolu

 

Tu écoutais s’éteindre à l’autre bout de toi

 

 

La funeste épaisseur des choses.

 

 

Et le myrte odorant à ta croisée ouverte

 

Soudain brûla d’un saturnal éclair.

 

 

J’ai vu tes rires perdre leurs couleurs aux lèvres de l’écho fou.

 

Et ton visage sur le temps incliné,

 

 

S’ Ouvrir,

 

Envol de goélands,

 

Loin.

 

Très loin. Sur des mondes indéflorés…

 

A L’AIGLON

 

De l’airain de Knossos il eut l’âme.

Mais.

 

Son pied empenné de rémiges de cristal

 

S’ouvre sur l’infini de son arrière-pays…

 

Par les longs corridors de son enfermement

Il croise l’odeur longue de sa solitude.

 

Sous des linteaux dorés les lys déclinent l’absolue perfection

 

Du végétal organe.

 

Alentour, d’irréels bassins renvoient leur multiple agonie

 

Au ciel de jours qui n’en finissent pas …

 

Une gloriette là bas.

Dont l’arçure, bleue de ses rêves,

 

Fait vibrer le vide de jours à venir.

 

Une VIE.

 

Fresque de blancs savamment ordonnés

Sous l’ombre rythmée de ses silences,

 

Hurle l’ INTAILLE de son ravissement.

 

 

LUBA

 

O vin de Samos ! Sang des dieux morts.

Orphique éperon, ce soir encor.

 

Encore réveille mes chairs endormies…

 

Là bas, sous les bougainvillées,

Je te revois.

 

Luba !

 

Fière jusqu’en tes abandons.

 

Sur la pierre grinçante de feu

 

Les figues de Judée pleuraient leur miel de bronze.

 

Alentour la mer.

Turbannant d’indigo les dômes cuivrés des orangers.

 

Moi, fille-rêve. Fleur-de-lune.

 

Close toute sur l’épi étoilé de mes quelques printemps

 

Te rejoignais.

 

 

Nous voguions…A un empan d étoiles.

 

Vagances sans formes. Loin des tensions de l’arc vigilant.

 

Nos sensations vivaient au bord de l’instant dans la scansion voluptueuse des choses intraduites.

 

Nos mémoires, pour un temps se fondaient…

 

Complices du jeu consenti dans l’archéologie secrète

 

Du nombre.

 

Où Temps et Espace s’ embrassent.

 

Tes flancs, ressac tranquille, étaient mon sablier.

 

Et ta prunelle aimante

Le répondeur du ciel …

 

Santa Monica.

 

 

DARK INSIDE

 

Du cœur sensible des choses la pensée ouvre l’œil. Sur un mot.

Musiqué. Ou éructé.

 

Il déploie une idée. Déroule ses vrilles de sens. Encore opaque. Se promène avec d’autres mots. Moissonnés çà et là. Sur des lèvres.

Dessine d’autres sens.

Dérive vers d’autres destins. D’autres transparences à venir.

 

Se referme sur un cri. Glisse sur un soupir. Un laisser-mourir.

 

Plane sur le grand vacarme d’un été insoutenable. Accroché au bord d’une autoroute.

 

Santa Monica.

 

Bientôt clignote un mot. Très court. De partout troue l’humaine rumeur. Il atteint les portes. Déborde des fenêtres.

 

Soudain, il surgit.

 

Impérial.

De toute sa puissance il resplendit.

 

Le monde s’abreuve. Il a soif de cette lumière.

 

Jusqu’à cette Blessure

 

Dont le signe inverti fissure ses flancs.

 

Vulnérable à l’absurde, elle ouvre sa galaxie à l’étoile froide et nue du chaos clandestin.

 

Le SENS suinte. Et chuinte. Et bruine ses râles assassins

 

 

Dans la touffeur du soir,

Sur les visages fatigués,

 

Se sont-ils compris ?

 

Leurs yeux flottent. Dans l’eau d’un regard.

 

Un regard éclaté. Vers des rives qui ne sont d’ici.

 

Mais de ce royaume lointain et proche : le royaume d’entre- soi.

 

 

A NIJINSKI

 

Son corps.

Minérale nudité sur un sol absolu EST lumière du sens.

 

Parfum d’antique virginité,

 

Il interroge des dieux morts.

 

Son corps.

 

Fleur mouvante d’un aprilin éveil,

Sur lui-même il se pose.

 

Calice d’innocence, ses bras s’ouvrent sur la douceur fluide

 

De rêves qui demandent à vivre.

 

Son corps.

 

Dessine des transparences. Joue avec des chimères.

Rebondit sur nos songes. S’enroule autour d’ivresses. Glisse.

 

Sur l’impalpable. Très mine de rien traverse.

 

Des opacités lunaires.

Se suspend à l’instant. Et nous avec.

 

Son corps.

 

Sculpte l’improbable. Pulvérise l’espace.

 

Recule le Temps.

 

Hampe de chair, il oscille…

Sur le tranchant ailé d’un vertige.

 

Goûte le sombre appel de désirs sans visage.

 

Et s’immole.

Andante doloroso.

 

Lentement dénoue ses articulations.

 

Pour les renouer.En reflets d’émail sous la peau.

 

Courant à la naissance de chaque geste.

 

Que nous écoutons.

 

Contraction, décontraction. A la battue du tempo cosmique.

 

Volte-face.

 

Sur trois croches il s’amuse. Ou plutôt joue à nous amuser.

Vibrionne.

 

Ses pieds crépitent.

Pour un peu on entendrait les cris de notre enfance.

 

Ne sont-ce point des poissons d’or qui se chamaillent ?

Ne sont-ce point des naïades qui se taquinent ?

 

Le temps d’un éclair, c’est bien nous qui enlaçons des sirènes.

Qui fouettons des centaures.

 

Son corps.

 

 

De lui-même, soudain s’échappe.

 

Compose des volumes dans les abysses de nos clairs-obscurs.

 

Etrangle des monstres. Traque des ricanements sinistres.

 

Là bas. A la pointe de la pointe de notre imaginaire.

 

Grimaces. D’un réel disloqué. En saisons de nuit.

 

Cathédrale de chair où bruit l’insoutenable.

 

Il cisèle ses chutes.

Lève le voile de l’éphémère. Creuse la spirale du sacré.

 

Son corps.

 

Tige et spadice de nos riens. De nos tout.

 

Nourri du levain de l’inaccessible.Grâce mise en abîmes.

 

Ce sont des mystères qu’il mord.

 

C’est NOTRE mal qu’il agenouille.

 

De sa longue dépossession l’air vibre.

 

Sous la fibule d’argent son épaule chancelle. S’affaisse

 

En plage infinie d’attente.

 

D’en paradis, tout son être chante.

 

Les douceurs inviolées. Les Venise fatiguées. Les langueurs d’orients brûlés.

 

A fleur d’âme décline nos brisures et nos épiphanies.

 

Là. En plein cœur.

 

Nous fiche son dedans.

 

Le roule, le presse, le déroule, le détourne, le retourne, le tord, le retient. Pour enfin le perdre. Là bas.

 

Pour RIEN.

 

Dans l’amère écume des «  aubes qui n’ont pas luies ».

 

 

De nous, tout autour, se meuvent , alenties, nos intranquillités.

 

Par milliers palpitent. Feux follets d’outre- vie.

 

Adamantine musique d’un geste qui n’appartient qu’à lui.

 

Sa mouvance, éternelle reverdie des sens. Du sens.

 

A la croisée des contraires.

 

Là où, jamais lasses, les divinités resserrent un peu plus l’écart avec leur image,

 

Vient à nous,

 

EN nous.

 

Un souffle.

 

Le souffle se charge. Prend de la matière.Devient NOTRE souffle.

 

Tout son corps se replie.

Loin. Toujours plus loin.

 

Se fond dans le sfumato de mondes indéflorés.

 

Au tréfonds du silence bleu de l’Intuition totale, le souffle vacille.

 

Pour s’éteindre quelque part.

 

Dans les glaces d’oubli d’une céleste étreinte.

 

La VOIX

 

Les affres de Lady Macbeth.

 

Du cœur d’un midi sidérant, font venir la nuit.

 

Monochromes vibrations du remords. Obsessions indélébiles.

 

Le sang. Toujours le sang.

 

Notes viscérales lourées en raucités.

Qui vont au bout de l’étrange.

 

Sous les lames de fond les alisiers se tordent.

 

La Voix , mer, s’enfle.

 

Ailleurs de la mémoire du monde convoque les rites païens.

 

Le Remords. Toujours le Remords.

 

Silence hallucinogène. Le noir soleil d’oubli est loin devant.

 

Le temps s’arrête : il ouvre grand ses ailes à l’instant. Lui pose le diadème de l’éternité.

 

D’âcres fermentations sculptent d’autres réalités.

 

La VOIX bascule. En longues plages de lancinances. En méandres lascifs.

 

L’espace d’une embellie déroule d’orientales inflexions.

 

Scintillements d’ailleurs…Sommes en suspend.

 

Lévitation en spirales d’une folie sans visage.

 

Accents célestes. La VOIX s’aiguise. Devient sifflements chromatiques. Barbares morsures des forces du mal.

 

La Terre entière saigne d’horreur sacrée.

 

De cette démesure naît une beauté. Sauvage.

 

La logique des enfers s’accoude au balcon des dieux…

 

 

«  C’est mignon ! » Dit le maçon.

Entre deux coups de truelle.

 

Au fond du parc la fauvette reprend ses ébats.

 

Seul l’œil du hibou a pris de la distance.

 

OMBRA

 

FELICE

 

ANTE FLOR

 

Pour te recevoir, je suis coupe.

Et la Terre entière, par delà ma chair

Te porte.

 

Vierge, en mon Arcadie,

Ta place désormais vit,

Lourde de ma grâce orante.

 

D’un tel fruit

Nul automne n’aura rêvé !

 

De ton Etre fragile,

L’heure est dense

Qui, sous la feuille ambrée,

Palpite…

 

 

Tout se clôt sur un long et chaud silence.

 

Chaque aube, avec son attente,

L’hirondelle agrandit sa pause.

 

Les vergers, où Ta vie encore pâle s’inscrit

T’ ‘ offrent leurs feux.

L’arbre calme sa sève.

 

Le ciel,

Arche sacrée que bientôt Tu franchis,

 

Descend à nous…

 

Octobre 1992

 

RE-NAISSANCE

 

Corolle contre corolle,

Sa joue contre ton sein.

Pétales entre pétales

Ses bras entre tes bras.

Fleur et fruit,

De moi-même donnés

 

A moi-même offerts.

 

 

Candeurs grandies au bleu

De tant de transparences

Vous fûtes miennes

En amont rêvées…

 

Sous le givre clignent mille et une étoiles.

Lumières retenues au cristal du réel,

Enfants !

Ainsi vous retenez mes rêves,

 

Au risque d’un bonheur jamais découragé.

 

Souffle à souffle,

Babils contre babils,

Votre douce musique fait chanter mon silence.

 

 

Sous mes aubes blessées ma vie se réinvente.

 

 

Lentement,

De moi à nous,

 

En amont , je passe…

 

ANDANTINO

 

Son corps menu,

Camaïeu de délicatesses,

Dans le maternel calice paresse.

 

Entre TOI et moi,

 

Par delà le récitatif des racines mêlées,

L’alliance d’or du silence d’amour.

 

Fleur bondissante de tous tes prime-sauts,

Ton être grainé de lumière

S’esquisse

 

Dans le doux désordre des commencements…

 

A l’aube des possibles, avant l’empreinte du sens

Contenue toute dans la tension d’azur de ta prunelle,

L’inflorescence unique de ton premier printemps.

 

BLOSSOM 1993

 

METAMORPHOSIS

 

A mes pieds, frémissante et nue,

TOI, fleur d’étoiles, babille.

De l’archipel sonore du dedans s’envole,

En cascades votives

 

Un friselis bleuté où dorment d’antiques stèles…

 

Dans ton paradis, le SENS est

Aventure des sens.

 

Il est tout ce qui bruit, tout ce qui vibre.

Il vit sur l’arrête du vertige.

 

Il est tout ce qui.

Entre lumière et clair-obscur prends la parole.

Il est l’entre-deux miracle du réel et du merveilleux.

 

Entre ombre et pénombre,rencontre du savoir…

 

Il est roses d’outremer, merises et brimbelles qui,

 

A l’oreille du crépuscule parlent en parfums.

 

Il est mémoire en guirlandes de hasards,

Il est le temps en cage,

 

Entre mémoire et sensations ton vouloir

 

Est encore résille de verre…

 

Tes pas sont baisers que charmes et alisiers

Pieusement s’entre-donnent.

 

Sous tes doigts, élytres de l’être-là,

L’angélique soyeusement frissonne.

 

Et le chardon jaloux,

De l’écume de tes rêves adoucit son métal.

 

Sous ton regard d’azur le désespoir du peintre se prend à espérer

 

Le royal partage des choses indéflorées.

 

BLOSSOM 1993

 

Ton cœur t’habite toute.

Il irise tes paroles, sonores pétales dont l’invisible chute

Dessine le tranchant de l’être.

Il est surplomb glacé de ton regard

Au soir d’une surprise.

 

 

C’est lui qui t’accompagne au fond des longs reflux où parfois tu voyages…

 

J’aime quand il s’évapore

Vers ce silence où l’on entend s’ouvrir les fleurs.

Sa fluide absence étonne le rose éteint du vase.

 

Toi,

Bris de lune et d’étoiles

De chaque instant mien fais scintiller le cours. Et…

 

Lui tourne la tête.

 

J’aime à tes côtés sentir bruire les heures.

Leur léger glissando vers d’étranges couleurs

 

Quelque part,

 

Dans la nuit encore vierge de tes ailleurs.

 

Toi, pierre de rêve

 

Bientôt tu reprends souffle

 

Pour bondir à nouveau.

 

Cheval fou.

 

Que jamais nul n’étreint.

 

BLOSSOM 1996

 

Pour ne pas m’inquiéter.

 

Lorsque je n’étais rien qu’une herbe folle au vent,

Quand le ciel et la Terre étaient mon visage,

Et que le rire des hommes avait l’âge des étoiles,

 

 

Devant moi tu marchais pour ne pas m’inquiéter.

 

Quand j’habitais partout et nulle part en même temps,

Quand mes doigts au jardin

En cueillant une rose effleurait des abîmes

Et que les galaxies étaient mes sœurs de lait,

 

Sur ma main,

Ta main,

 

Pour ne pas m’inquiéter.

 

Quand la Chine s’éloigna

Quand le ciel sous mes pas se raidit

Et commença de perdre la lumière de mes rêves,

Quand le lys ne fut plus qu’un lys

Et que le rire des hommes sur des rives étranges se brisaient dans le soir,

 

 

Avec moi tu chantais,

Pour ne pas m’inquiéter.

 

Lorsqu’en moi se leva l’orient de l’inespoir

 

Quand le rêve, complice,à l’orée du réel s’agenouillait

 

Quand ma première blessure m’apprit la barbarie

En démêlant nos cœurs dans l’enclos d’aubépines,

Quand le mal fut,

 

Que de son cri muet le ciel tremble encore,

Avec moi tu as ri,

Pour ne pas m’inquiéter.

 

Maintenant,

Que derrière les étoiles je m’en vais te chercher,

Que mes minuits sans lune s’accrochent aux quatre vents

Et à tous mes soleils,

Maintenant que la pluie,

 

En malaise d’étincelles allume l’envers des choses,

 

Que l’univers entier est reflets d’impatience

 

En pause fragile d’eau et de lumière

 

Que l’instant élargi avec les parfums,

 

Gèle sa course fluide sur l’étain glauque de l’étang,

 

 

Ton absence est Présence

 

 

Pour ne pas m’inquiéter…

 

LINDEN BLOSSOM 1993

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