Albert Londres - Fabrice Arfi - Marie de Colombel...

Ce billet a le but de créer un courant Albert Londres - Fabrice Arfi - Marie de Colombel Présidente de l’Association Maison Albert Londres https://albert-londres-vichy.fr/index.php sur le fleuve Mediapart !!!

Albert Londres

Né le 1er novembre 1884 à Vichy et mort le 16 mai 1932 dans le golfe d'Aden, au large du protectorat d'Aden (auj. Yémen), dans l'océan Indien, est un journaliste et écrivain français.

Depuis 1933, le prix Albert-Londres récompense les meilleurs journalistes francophones.

Albert Londres naît le premier novembre 1884 à Vichy. Il était le fils de Jean-Marie Londres, chaudronnier, d'origine gasconne, et de Florimonde Baratier, d'une famille bourbonnaise. Son père était le fils d'un colporteur, parti de Labarthe-Rivière (Haute-Garonne), bourgade de Comminges ; après la mort de ce dernier, sa veuve était venue s'établir à Vichy avec ses trois enfants. Le patronyme de Londres aurait d'abord été Loundrès, terme gascon désignant des zones humides ou marécages, puis Londrès.

On saisit au travers de sa biographie quelques traits de la personnalité d'Albert Londres : un homme curieux et rétif qui observe le monde et transmet ses impressions comme par devoir. Tous ses reportages interrogent les marges du monde, les zones d'ombre, les périphéries pourtant si centrales. Il dialogue avec les petits, les médiocres, les infâmes. Il investit le quotidien, peint des portraits et des tableaux. Albert Londres lutte au travers de ses écrits contre les injustices, les absurdités et les incohérences du pouvoir. Il lutte contre le silence en questionnant et en informant.

Ensuite, il est intéressant de voir qu'Albert Londres utilise souvent l'histoire pour expliquer l'actualité. Dans ses reportages sur les asiles psychiatriques, il revient en de nombreuses reprises sur l'article 64 du Code pénal de 1810 et sur la loi du 30 juin 1838. « À quoi peut aboutir, ad-mi-nis-tra-ti-ve-ment, la grande misère des fous criminels ? » se demande Londres. Il répond ironiquement et gravement : « À des vaudevilles. Ces vaudevilles ont deux auteurs. (...) L'un s'appelle : l'article 64 ; l'autre : la loi de 38. Ils se valent. S'ils ne partagent pas équitablement les droits d'auteur, c'est que l'un vole l'autre. L'article 64 fait bénéficier d'un non-lieu ou fait acquitter le personnage principal de la pièce, lequel porte toujours le nom d’« aliéné criminel ». Aussitôt, la loi de 38 s'empare du monsieur. » Terminant son reportage, il affirme : « La loi de 38 n'a pas pour base l'idée de soigner et de guérir des hommes atteints d'une maladie mentale, mais la crainte que ces hommes inspirent à la société. C'est une loi de débarras. » De plus : « La loi de 1838, en déclarant le psychiatre infaillible et tout-puissant, permet les internements arbitraires et en facilite les tentatives. (...) Sous la loi de 1838, les deux tiers des internés ne sont pas de véritables aliénés. D'êtres inoffensifs, on fait des prisonniers à la peine illimitée. »

Il est important de citer les mots de l'observateur pour comprendre qu'au-delà d'un simple reportage, Albert Londres met en accusation l'institution psychiatrique. Ses conclusions sont implacables et sans appel. L'intolérable des asiles s'explique directement au travers de cette loi qui régit la procédure de l'internement de l'aliéné mental. Albert Londres utilise essentiellement le terme « fou », sans doute parce que celui-ci ne renvoie pas au caractère discursif du pouvoir juridico-psychiatrique.

Albert Londres met en scène des situations, sait utiliser le témoignage afin d'informer et de sensibiliser l'opinion. Londres use d'une stratégie discursive pertinente en mêlant le fait, le descriptif à l'ironie. Si Albert Londres n'utilise pas toujours le « je », celui-ci est constamment implicite par le fait même qu'il se met en scène dans ses reportages. Il ne cache pas ses opinions et refuse les compromis. Il répond par exemple à l'éditorialiste du Quotidien en 1923 qui lui reproche de n'être pas dans la ligne du journal : « Messieurs, vous apprendrez à vos dépens qu'un reporter ne connait qu'une seule ligne, celle du chemin de fer. » (Florise Londres, Mon père, 1934 ; cité par Pierre Assouline.). Ne pratique-t-il pas en cela un « journalisme radical » ? Qui plus est, ses enquêtes qui font scandales débouchent à plusieurs reprises sur des changements concrets importants, par exemple l'abolition des bagnes par Albert Lebrun en 1938 : décision sur laquelle son récit a probablement eu une importance.

Son investigation dans les bagnes français, en Guyane ou en Afrique du Nord, suscite tant de réactions que les autorités doivent prendre position. Un nouveau gouverneur est nommé en Guyane. Si, le 14 septembre 1924, Londres écrit dans Le Petit Parisien que le bagne est supprimé, la réalité est en fait tout autre. Certes le cachot est supprimé, les peines de cellules sont réduites, la nourriture est améliorée, des salaires sont octroyés et les forçats sont désormais séparés en fonction de la gravité de leur peine. Mais ce n'est qu'en 1937 qu'un « décret-loi sonne le glas du bagne ». Albert Londres permet également à Eugène Dieudonné, condamné sans preuve au bagne comme membre de la bande à Bonnot, de clamer son innocence en obtenant la révision de son procès et son retour en France. Il sera gracié. Indirectement également, Londres permet l'amélioration des conditions de vie dans les asiles. Ses violentes enquêtes et sa renommée incontestable obligent les autorités à réagir, parfois même... à réformer. C'est certainement l'un des premiers journalistes d'enquête qui soit.

Albert Londres, patriote, effectua comme agent secret plusieurs missions pour le gouvernement français, entre autres en URSS, pour y effectuer des repérages pour les éventuels assassinats de Trotski et Lénine.

Publications

  • Visions orientales, 1922, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 2002.
  • Contre le bourrage de crâne, 1917-1918, Arléa, 1993.
  • Dans la Russie des Soviets, 1920, Arléa, 1993.
  • La Chine en folie [archive], 1925, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 1997.
  • Au bagne, 1923, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 2002. Première publication dans Le Petit Parisien en août-septembre 1923, puis Albin Michel (1923).
  • Dante n'avait rien vu, 1924, Arléa, 1997 ; coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 1999.
  • Les Forçats de la route ou Tour de France, tour de souffrance, 1924, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 1996.
  • Chez les fous, 1925, Albin Michel - collection Les grands Reportages, Le serpent à plumes, 1999.
  • Le Chemin de Buenos Aires [archive], 1927, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 2005.
  • Marseille, porte du sud, 1927, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 1999.
  • L'Homme qui s'évada, 1928, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 2002 (publié au préalable sous le tire de Adieu Cayenne).
  • Terre d'ébène, 1929 (en ligne [archive]).
  • Le Juif errant est arrivé [archive], 1930, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 1998.
  • Pêcheurs de perles [archive], 1931, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 2001
  • Adieu Cayenne ! : nouvelle version de "L'homme qui s'évada" [archive], 1932
  • Au bagne [archive], 1932
  • Les Comitadjis [archive], 1932, coll. « Motifs », Le serpent à plumes, 1997.
  • La Guerre à Shanghai, 1932, coll. « Arléa Poche », Arléa, 2008.
  • Œuvres complètes, Arléa, 2008.
  • Câbles & Reportages, Arléa, 2008.

Avant de se faire connaître en tant que journaliste, Albert Londres a publié quatre recueils de poèmes :

  • Suivant les heures, 1904
  • L'Âme qui vibre, 1908
  • Le poème effréné contenant Lointaine et La marche à l'étoile", 1911

Écrits rassemblés de façon posthume

  • Grands reportages à l'étranger, Arthaud, 2017, 896 p.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Londres

Fabrice Arfi

Né le 4 septembre 1981 à Lyon, est un journaliste français.

Biographie

Fabrice Arfi est le fils d'un policier de la brigade financière et d'une enseignante militante du Parti socialiste.

Titulaire d'un baccalauréat, il intègre en 1999 le service « Culture » du quotidien Lyon Figaro, où il assure ensuite la chronique judiciaire pendant plusieurs années. Après avoir collaboré, à Lyon, à l’AFP dans la rubrique Police et justice, il cofonde l’hebdomadaire Tribune de Lyon, qui est racheté en novembre 2006 par une partie de ses salariés. Il a également collaboré au Parisien/Aujourd'hui en France, Libération et au Monde. En mars 2008, il rejoint le pôle « Enquêtes » du site d'information en ligne Mediapart.

Journaliste d'investigation, il est, avec son confrère Fabrice Lhomme, à l'origine de nombreuses révélations sur l'affaire Woerth-Bettencourt ou sur l'affaire Karachi. Il est également à l'origine des révélations sur l'affaire Sarkozy-Kadhafi et l'affaire Cahuzac.

Fabrice Arfi est l'un des quatre journalistes français membres du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), avec Karl Laske, lui aussi journaliste à Mediapart, Aurore Gorius journaliste indépendante et Édouard Perrin, journaliste à Premières Lignes Télévision.

Ouvrages

  • Le Contrat. Karachi, l'affaire que Sarkozy voudrait oublier, en collaboration avec Fabrice Lhomme, Stock, 2010.
  • L'Affaire Bettencourt, un scandale d'État, en collaboration avec Fabrice Lhomme et la rédaction de Mediapart, Don Quichotte, 2010.
  • L'Affaire Cahuzac. En bloc et en détail, en collaboration avec la rédaction de Mediapart, 2013.
  • Le Sens des affaires, Calmann-Lévy, 2014.
  • La République sur écoute - Chroniques d'une France sous surveillance, en collaboration avec la rédaction de Mediapart, Don Quichotte, 2015.
  • Avec les compliments du Guide, avec Karl Laske, Fayard, 2017.
  • D'argent et de sang, Seuil, 2018 (ISBN 978-2021354447)

Marie de Colombel
 Présidente de l’Association Maison Albert Londres https://albert-londres-vichy.fr/index.php

Chantier À Vichy, on y voit déjà plus clair dans la maison d'Albert Londres 

Publié le 11/07/2017 à 06h10

À Vichy, on y voit déjà plus clair dans la maison d'Albert Londres 

Maison Albert-Londres © victoria pulido

La maison de l'écrivain-reporter deviendra-t-elle bientôt un grand centre dédié au journalisme ?

Telle est en tout cas l'ambition affichée par l'association Albert-Londres, alors qu'une première phase de travaux vient juste de se terminer dans la rue Besse, à Vichy.    

Pour l’heure, tout n’est que murs en état d’effritement et planchers au bois usé par des décennies d’abandon. L’intérieur de la maison qui a vu naître Albert-Londres aura-t-il retrouvé une nouvelle jeunesse d’ici quelques années ? Tel est en tout cas le souhait de l’association qui œuvre depuis plusieurs années à la réhabilitation de l’un des monuments les plus emblématiques du Vieux-Vichy.

La toiture de la maison Albert-Londres a été restaurée

Celle-ci, d’ailleurs, a réussi l’un de ses premiers paris : participer à la rénovation de la toiture de la maison et au renforcement de ses charpentes. En somme, sauver la maison. « Avant cette phase, la maison était en péril. Maintenant, elle est sauvée » se réjouit d’ailleurs Marie de Colombel, présidente de l’association Maison Albert-Londres. Au total, 135.000€ (*) auront été nécessaires à la restauration de la charpente, de la couverture et des lucarnes de la maison. Mais l’association Maison Albert Londres n’entend pas s’arrêter en si bon chemin.

 

maison-albert-londres_3313954.jpegAprès que son toit a été rénové il y a peu, la maison natale du célèbre reporter attend désormais une nouvelle phase de travaux. 

Aussi, à l’occasion de la récente remise d’un chèque de 25.000€ de la Fondation Crédit-Agricole Pays de France en vue de participer au financement de la première tranche, les membres de l’association ont réaffirmé leurs ambitions pour les années à venir. Le but principal étant de pouvoir redonner vie à cette maison abandonnée depuis plusieurs décennies et qui, il y a peu, n’était pas loin de tomber en ruines. Dès l’automne, si tout va bien, une deuxième phase de travaux débutera ainsi dans la rue Besse.

Une souscription pour la maison Albert Londres à Vichy

Ce chantier concernera la façade de l’habitation, la réfection des pierres, ainsi que la reconstruction d’un balcon extérieur. « L’idée est d’ouvrir la maison, de lui donner un écrin », précise Marie de Colombel, présidente de l’association Maison Albert Londres. De fait, et à l’issue d’une troisième tranche de travaux qui consistera à aménager les intérieurs, l’idée sera de pouvoir accueillir un large public au sein de la maison. Il faudra pour cela trouver les financements idoines : près de 200.000€ seraient nécessaires à l’achèvement de cet objectif.

Dans un avenir proche, l'idée est de créer dans la maison un grand centre dédié à l'oeuvre d'Albert-Londres et au journalisme. Le lieu pourrait être un endroit d'études et de conférences, ouvert au grand public comme aux universitaires. Il aurait une vocation « internationale », ainsi que le souhaite l'association Albert-Londres.  

(*) Cofinancés par le Département, Vichy Communauté, la Fondation Michelin, le club des mécènes de l’Allier, le Crédit Agrigole et sa Fondation Pays de France, la Fondation du Patrimoine via souscription publique, par l’association Maison Albert Londres, par fonds privés et via une part de réserve parlementaire

Ce qu'Albert Londres doit à Bernard Pivot

Pierre Géraudie

 

 

 

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