François Boulo : La dette publique : c'est grave docteur ?

Une invitation à la lecture du livre de François Boulo "Reprendre le pouvoir" Edition d'avril 2021 des Les Liens qui Libèrent

La dette publique : c'est grave docteur ? (page 74

L'argument sans cesse rabâché consiste à souligner que le "poids" de la dette équivaut désormais à 100%  du PIB (Le dette publique devrait atteindre 114,1% du PIB en 2020 en raison de la crise du coronavirus, ce qui va évidemment renforcer le discours alarmiste et culpabilisant des gouvernements sur le sujet.).

Rendez-vous compte !

100% du PIB !

Si vous ne réalisez pas ce qeu signifie ce chiffre, les gouvernants vous précisent que c'est "énorme", excessif, et "très dangereux".

ar si vous êtes un "honnête citoyen", vous savez bien qu'il "faut payer ses dettes".

Et si d'aventure vous ne cédiez pas encore à l'affolement, on vous explique que cette dette pèsera sur les générations futures (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants ... jusqu'à l'infini!).

Ces poncifs sont aussi efficaces qu'ils sont faux.

Archifaux.

L'astuce consiste à comparer le montant de la dette publique avec le total des richesses que le pays produit en une année.

Présenté de cette manière, il est donc suggéré que le taux d'endettement de la France serait de 100% !

Rien n'est moins vrai.

Le remboursement de la dette publique est échelonné sur une période de 7 ans. 

Dès lors, le taux d'endettement public par rapport au PIB n'est pas de 100%, mais uniquement de 14% (100%/7ans) !

On respire déjà beaucoup mieux, non ?

Et puisque ceux qui nous instrumentalisent la dette pour manipuler l'opinion publique comparent toujours l'Etat avec un ménage pour activer un sentiment de culpabilité chez les citoyens, on peut rappeler que el taux d'endettement admis par les banques pour octroyer des crédits immobiliers aux particuliers est de 33%.

L'Etat a de la marge, non ?

Cette comparaison de l'Etat avec un ménage est au demeurant totalement absurde.

Et pur une raison très simple à comprendre.   

Un particulier a une espérance de vie limitée, pas un Etat.

La différence est fondamentale.

Un particulier ne peut emprunter que pendant une période limitée de sa vie, puisque aucune banque ne lui prêtera à partir d'un  âge considéré comme trop avancé.

Il n'en est rien pour un Etat qui n'est nullement contraint à cette limite de temps.

A la différence d'un ménage, l'Etat sait qu'il pourra toujours financer sa dette tat, mes prêteurs le considéreront comme solvable.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.