Linden Blossom : MOCTAR’S VISION

Il était une fois, Une merveilleuse, une irréelle, une improbable fois, Un jardinier nommé Moctar.
  • MOCTAR’S VISION

    Il était une fois,

    Une merveilleuse, une irréelle, une improbable fois,

    Un jardinier nommé Moctar.

    Des rives des plus lointaines lontananza,

    Aux plus profonds abysses des limbes Omphalliques,

    Du cœur vibrant des langes matricielles charriées par Joliba,

    Joliba le Tout puissant, Joliba le Magnifique, Joliba l’insolent frère du Nil,

    Moctar songeait…

    De l’Aube à l’Angélus,

    De l’Angélus à l’Aube,

    Accompagnant ses semences vers la Lumière,

    Tandis que son pied mûr distrayait les mangroves

    En douces sommeillances ainsi bercé

    Dans les plis endormis d’intimes infloraisons,

    Moctar songeait…

    De bourgeons en inflorescences

    D’inflorescences en floraisons,

    Emergeaient des brimbelles, puis des arbustes, puis des arbres

    Et puis enfin… Des fruits !

    Ô ces fruits gorgés d’Or, somptueusement nommés mango.

    Alentour, de partout,

    Du nord de ses ailleurs au sud de ses nulle part

    Des manguiers.

    SES manguiers.

    Là, dévastés sous la gloire d’une insouciante magnificence.

    Une magnificence qu’on sentait venue

    Non pas comme un sourire d’ailleurs, mais plutôt un vertige d’au-delà

    D’un au-delà d’ailleurs, un ostinato tremblé con sordino,

    Une Présence, qui, retenue au bord d’elle-même,

    Ne laisserait de sa lumière que l’arôme de sa blanche absence

    Par instants, seulement vibrés en de rares instants,

    Et se laissant entendre comme un reflet d’Appel « Kind Of Blue »…

Sa vie s’était à perte de soi fondue avec leurs vies

Et c’est d’Or qu’étaient fleuris ses rêves…

Une nuit… Ô comme il s’en souvient !

Une nuit qui n’était que l’absence du jour,

Une nuit donc, un Rêve visita Moctar…

Alors qu’en douce compagnie,

Dans une prairie fleurie il s’abandonnait à lui-même,

Tel Isis sur sa barque,

Ainsi porté jusqu’aux confins de sa conscience,

Suspendu dans l’apnée temporelle entre deux vibrations,

Là où battent toutes grandes ouvertes les portes du Royaume Invisible,

Qui est le Saint des saints, l’ÊTRE,

Moctar eut une VISION.

Il aperçut au loin, à l’extrême bord de fuite de l’horizon,

Là, « Less-than-living » yet,

More-than-non-living »,

Une fleur.

Une fleur d’une blancheur éblouissante,

D’une blancheur comme jamais il n’en avait rêvée !

Une fleur Météore délicieusement ensorcelante, irréelle,

Tombée là

Sonnant un appel d’Infini.

Alors Moctar, lui, le gentil jardinier se sentit des ailes

Et soulevé par des forces inconnues se mit à courir vers ELLE

SA fleur,

Et il courait, et il courait…

Elle, mystère d’une stellification sacramentelle faite Fleur…

Reculait, reculait toujours !

Alors lui, Moctar, voulut voler vers elle et il vola, de plus en plus vite…

Enfin il réussit à s’en approcher, cœur battant à la fréquence cosmique,

Et lorsqu’il fût là, tout proche, tendant éperdument ses ailes pour la

cueillir…

Elle s’évanouit dans les airs…

Le temps passa, les saisons s’écoulèrent, les années s’envolèrent.

Sa vision doucement se fondit dans l’Or de ses manguiers.

Jusqu’à ce matin-là, oui, un matin qui ne demandait rien à personne,

Un matin traversé d’un parfum d’ailleurs

Ouvert sur le Royaume d’invisibles ouvertures temporelles

  • Sur mon chemin Moctar apparut…

    Il apparut comme çà, quasi nu sous son sourire

    Un sourire qui allait jusqu’au ciel

    Un sourire qui faisait autant de bruit qu’une cathédrale en plein midi,

    Et même plus !

    Tandis que du désert le cœur battait tambour jusqu’aux tréfonds de nos

    prunelles.

    Ainsi il m’apparut, Moctar !

    Moctar le gentil jardinier,

    Moctar qui de son seul souffle réveilla mon soleil !

    Plus haut et plus fort il sonna en moi !

    Alors tandis qu’il me contait son rêve

    Je me sentis brimbelle, puis arbuste, puis arbre

    Puis Manguier

    Puis enfin… Je me sentis Fleur

    Oui, la fleur éblouissante de blancheur,

    SA fleur.

    La nuit qui suivit,

    Dans un élan qui venait de plus loin, de plus haut,

    Sa vision se rappela à lui,

    Oui, SA fleur,

    Encore plus éblouissante, c’était bien elle,

    et là,

    En plein cœur de cette conjuration divinatoire

    Il la reconnut

    Alors, répétant ce même rituel venu des limbes Omphalliques,

    Tel l ‘ « Abrazzo del serpiente »

    Moctar me cueillit…

    LINDEN BLOSSOM

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