Sur le bec d'Allier, pas très loin de Vichy pour lire !!!

Les forces mystérieuses viennes toujours au secours du conteur placé devant un défi insurmontable...

Schubert/Liszt: Auf dem Wasser zu singen ∙ Bertrand Chamayou  https://www.youtube.com/watch?v=8poCTjBuQ4U

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Source : Expo sur l'eau

Vivre dans ton sillage, C nabum, me réjouis tant ton verbe est riche !!!


En plus de "Vivre dans ton sillage" (être composant passif dans mon langage d'"ingénieur maison" en téléphonie), j'ai aussi envie de t'être un composant actif sous la forme d'un "tire-ton-bateau"

http://www.votreinfolocale.fr/editions-jeu-oie/bonimenteries.html

C'est Nabum

Les Bonimenteries du Val d'Or Fables et contes de Loire Editions du Jeu de l'Oie pages 174-175

Les forces mystérieuses viennes toujours au secours du conteur placé devant un défi insurmontable.

Au pied du rocher, préservé par miracle de l'écrasement du colosse de pierre, une petite fleur jaune attira son attention.

Que se passa t'il dans son esprit bouleversé ?

Nul ne le saura jamais.

Il coupa délicatement la petite fleur et m'embrassa, dernier geste sans doute avant d'accomplir l'irréparable. Comme chacun sait mais feint de ne pas croire, il y a toujours une bonne fée dissimulée quelque part dans des endroits et sous des apparences insoupçonnables. La facilité de l'auteur les place souvnet en de bine vilaines postures : crapauds ou bine vipères, monstres ou vieilles sorcières, dragons ou oiseaux de malheur. Qu'elle soit ici sous les traits d'une petite fleur va encore accentuer les doutes des incrédules ! Qu'importe, puisque c'est la seule vérité qui soit, Robinson embrassa la fleur et une jeune fille blonde et gracile surgit de ce baiser.

Elle ne prit pas la peine de lui demander ce qu'il désirait le plus au monde. Quand on a des pouvoirs magiques, on se targue aussi de lire dans l'esprit de ceux qu'on veut exaucer. Immédiatement, le rocher trouva sa place, la septième, permettant ainsi de franchir le bras et de quitter l'île en quelques pas acrobatiques.

Robinson refusa ce qu'il désirait jusqu'à peu le plus au monde. Il prit la jeune fille dans ses bras et la serra si fort qu'il comprit dans l'instant la nature de tous ses tourments. La douce fée, après avoir passé tant d'années loin du commerce des hommes, fut sensible à al fougue empressée du jeune garçon et s'offrit à lui sans autre forme de préliminaire.

Tous deux, alternativement, découvrirent la feuille à l'envers, et dans le même temps s'extasièrent de la plus puissante des fulgurances. L'amour était né là ou jamais il ne semblait vouloir s'épanouir. Sur l'île entre Loire et Allier, Robinson et Épervière connurent des jours merveilleux. Leurs ébats firent tant de tapage que bientôt, des berges voisines, des curieux vinrent s'enquérir de la raison de tout ce bruit. Puis c'est la simple curiosité ou bien des projets moins avouables qui les poussèrent tous en ce lieu, désormais accessible grâce aux sept marches de pierres.

Robinson et Épervière repoussèrent aimablement les premiers. Bientôt ce manège fut incessant. Si la jeune fille faisait toujours bon visage et repoussait d'un sourire indulgent les vilains curieux, Robinson sentait poindre ne lui les stigmates de la jalousie, de la colère et de pulsions plus violentes encore. Il était tellement excédé qu'il souhaita si fort que la septième marche n'eût jamais été placé au milieu de l'eau...

Hélas pour lui, sa bonne fée n'avait jusque-là exaucé que deux de ses vœux. La répétition pour le second semble ne pas avoir été prise en compte. Les fées aussi s'accordent quelques souplesses dans le protocole de leur mission. Nous ne lui en tiendrons pas rigueur. Mais cette fois, elle était bel et bine confrontée à une  nouvelle exigence qu'elle exécuta promptement.

La septième marche disparut aussitôt et l'île de Robinson était à nouveau inaccessible. Sa mission accomplie - chacun sait qu'une fée ne satisfait jamais plus de trois vœux - elle disparut aussi mystérieusement qu'elle était venue. A sa place et en souvenir d'elle, sur l'île, de petites fleurs jaunes surgirent sur le sable et les graviers...

Robinson venait de perdre à jamais celle qui avait enchanté les plus beaux de ses jours. A vouloir préserver ce don du ciel, il avait repoussé ce qui était à l'origine de son bonheur. Ne coupez jamais la branche sur laquelle vous êtes assis, même si c'est pur éloigner les jaloux et les médisants, les fâcheux et les curieux. A oublier ce précepte élémentaire, Robinson sombra dans la folie et disparut peu de temps après. Mais il nous a laissé sur quelques bancs de sable, de petites et fragiles fleurs jaunes qu'on nomme Épervières de Loire. Ne vous aventurez jamais à les couper, il n'est plus temps de croire aux fées. Préservez cette merveille, ce sera la seule leçon qu'il faut retenir de cette histoire.

Floralement vôtre,       

C'est Nabum

 

 

 

 

 

 

 

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