LINDEN BLOSSOM : LE SUC DES FRUITS TOMBÉS EN CE TEMPS-LÀ

YARUSENAI Ou LE SUC DES FRUITS TOMBÉS EN CE TEMPS-LÀ « Et tant que tu n’as pas goûté Mort et Métamorphose Tu seras un passant morose Dans un monde d’obscurité » Goethe Quand je suis née j’étais déjà mourue.

YARUSENAI
Ou
LE SUC DES FRUITS TOMBÉS EN CE TEMPS-LÀ
« Et tant que tu n’as pas goûté
Mort et Métamorphose
Tu seras un passant morose
Dans un monde d’obscurité »
Goethe
Quand je suis née j’étais déjà mourue.
Et l’étrange arôme de ma vie d’avant ne manquait pas de tintinnabuler
quelque part au creux du pli du dernier pli de mon Être, là où la Lumière
du Numineux bat des ailes vers un autre espace temps, là où la
conscience se perd avec elle-même…
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Ma vie d’avant obombrait de sa Présence invisible le bord de
ma conscience et parfois, sans effets d’annonce, telle une Belle
endormie s’invitait le plus naturellement du monde dans le cours paisible
de mes jours, sur la pointe magique d’un impromptu catapultant les
gerbes d’étincelles d’un autrefois atemporel mais bien là, vivace, ou
parfois en sommeillance au creux de mon espace temps.
Dans ma vie d’avant je vivais à Baghdâd en l’an Mille quatre
cent avant Jésus-Christ, tout près du marché aux oiseaux. Car c’était la
ville des colombes et des tourterelles. En ce temps-là, sur les rives du
Tigre et de l’Euphrate le simple jardinier connaissait le goût de l’Éternité.
Au-delà de tout appareil religieux, de tout dogme ou rituel, la méditation
était partout. Tout vibrait dans tout.
L’immanence et la transcendance s’embrassaient à bouche
folle de toute leur Puissance. De ses mille bras invisibles Shiva étreignait
la matière.
Chacun savait comment goûter à la Mort avant la mort…
Aussi, quand je suis renée dans ce monde ci, mon Être
avait gardé la fraîcheur de cette vie d’avant la cadavérisation : ainsi étaitil déjà ancré vigoureusement dans toutes ses directions au cœur de
l’espace-temps magique du numineux.
Je n’ai jamais perdu le contact avec le Supranaturel, je n’ai jamais perdu
le goût de l’Éternité…
Il rôde comme le syndrome de l’Imposteur, sorte d’email auquel on ne
répond pas et qu’on n’ouvrira jamais. Bombe à retardement.
Car on pressent la puissance d’un enjeu.
Yarusenai, disent les Nippons.
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ON THE ROAD TO MY WAY :
THE MAGIC CROSS OVER
TELEPATHIC CORDON
From my first modulations ( « Le Palais des Recordations »)
to last vibratories transmodulations of the Quantic Toy ( «Torticulis »)
passing by « Diary of an Teen Ager aged » or « Gin Fizz On The
Waves » My Road Drive Me Beyond. As Analogic Have Its Own Logic.
So Shakespeare :
« By Indirections Direction Find Out » ;
So LIFE By Telepathic Cordon DID :
« THE MAGIC TRANSSUBSTANTIATION CROSS OVER
EUCHARISTIC ALCHEMICUM »
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Here are some pièces composed as a Baroco Concerto :
From Psychotic Blizz In Full Spectrum To Transcendantal Haïku,
Through Verlaine’s remembrances :
« Voici des fleurs et puis des fruits et puis des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous !
De la Musique avant toute chose
De la Musique encore et toujours »
Que ton vers soit la bonne aventure
Éparse au vent crispé du matin
Qui va fleurer la menthe et le thym
Et tout le reste est littérature… »
D’autres phares avaient chanté :
« Aus Dem Flussen Wasser Zu Singen… »
Si la plus belle musique est selon un sage Indien celle qu’on entend pas,
cette « Musica Callada » en écho au silence du dernier mouvement de la
huitième de Bruckner porté par le souffle cosmique de Celibidace, à
hauteur de ces cimes voici quelques humbles fragments ou  brisures
sonores de poèmes, où j’ai tenté de dépasser le toxique choc frontal de
nos désirs.
« Neti, neti ! »
Selon l’injonction des Sages orientaux ou le principe Ménippéen cher à
Rabelais.
Ce à quoi je réponds : Ni fusion, ni perfusion, seulement douce infusion !
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La voix de l’Oracle donne à entendre que l’Amour c’est entendre
la musique de l‘autre. Mais entendre est une chose. Sentir en est une
autre. Question de vibrations. Là nous faseyons au bord des abimes.
Car nous sentons que le silence lui, n’est pas rien. Il vibre à ce qui frémit
à l’air du temps, ce qui demande à prendre forme dans le « Zeitgeist »,
cet exercice de la sensualité qui palpe, hume, se laisse envahir et porte
son remous interne dans le réel des mots ou des notes, étoilant des
pulsions ou pâlissant des désirs en lent amuïssement de l’Être.
Remous ou coup de blizz entre peau et muqueuse, envie fugace
d’aller voir le bonheur. Promener les éclats de ma voix de cristal tels ces
« Pas sur la neige » aux reflets debussystes, creuser les blancs de ses
temps morts, frôler les angles morts entre sac et ressac, là où, juste au
point de jonction de l’un des trois états de conscience, veille, rêve et
sommeil profond, trône l’Être.
Là où l’âme de la pierre épouse la paume de la main qui l’a
saisit. C’est là où les fureurs divines ont pulsé l’énergie circulaire
enfermant dans ses anneaux de feu le sensible et l’intelligible.
D’une trouble effusion à une voluptueuse infusion elle fait surgir tel un
diamant leur Essence commune pour les soustraire aux contingences du
temps dans une métaphore qui elle-même transcendée sous le slash de
la conscience intuitive extra neuronale va réaliser le miracle de
l’analogie.
L’analogie est supérieure à la réminiscence (remembrance) en
ceci qu’elle dépasse le côté fugitif de la réminiscence pour élever au
caractère d’Éternité de l’œuvre d’Art. Par contemplation et immersion au
cœur de l’objet : ce qui n’est pas étranger à l’exercice de méditation
transcendantale d’où cette couleur timbrique de mysticisme qui circule
dans toute mon œuvre.
C’est la transsubstantiation des qualités irrationnelles de la matière et de
la Vie dans des mots humains.
C’est le passage de Chardin à Rembrandt. C’est le franchissement vers
la Poésie que nos amis Indiens appellent :
« L’ Abrazo de la Serpiente » ou l’étreinte amoureuse de ce qu’on
ignore…
Ou encore laisser une langue s’émouvoir de ce qui a ému une autre
langue.
Rappelons nous l’aventure de « Spiritu Sanctu » : impossible à traduire
Car trop « abstrait » pour les Indiens

Le sens est une fusée à plusieurs étages dont le dernier est :
Le Sens du sens. Encore là, il n’est pas jusqu’à nos émotions qui par
subtil glissando changent de sens !
En écho à « Genius is surprise » ! Autant improvisé que la Vie !
Et là, avec moi, vous allez être gâtés ! Parce que… En matière de
surprise je suis hors concours. J’entends ma mère :
« Avec elle on ne sait jamais sur quel pied danser » !
La cause ? « All is chemical » ! Un petit flop de dopamine et hop !
La Réalité joue à « cours après moi que je t’attrappe ».
Cà donne chez Proust « Les intermittences du cœur » :
« Comme je souffrais d’une crise de fatigue cardiaque, je me baissai…
Ma poitrine s’enfla, remplis d’une « PRÉSENCE INCONNUE, DIVINE »,
les sanglots me secouèrent, des larmes ruisselèrent de mes yeux.
L’ÊTRE qui venait à mon secours, c’était celui qui, plusieurs années
auparavant, dans un moment de détresse IDENTIQUE, dans un moment
OÙ JE N’AVAIS PLUS RIEN DE MOI, était entré, et QUI M’AVAIT
RENDU À MOI-MÊME, car il était MOI ET PLUS QUE MOI….Je venais
d’apercevoir le visage de ma grand mère, non pas de celle que je
m’étais étonné et reproché de si peu regretter, mais de ma grand mère
VÉRITABLE dont je retrouvais dans un souvenir involontaire et complet
la RÉALITÉ VIVANTE.
Version anglaise :
« Complete physical collapse. The first night as i was suffering from
cardiac exhaustion, trying to master my pain,I bent down…But no sooner
had I touched the topmost button than my bosom swelled, filled with an
unknown , a divine présence, I shook with sobs…The person who came
to my rescue, who saved me from barrenness of spirit, WAS THE SAME
WHO, years before, in a moment of IDENTICAL DISTRESS AND
LONELINESS, in a moment when I was no longer in any way myself,
had come in and had restored me to myself… I now recaptured by an
instinctive and complete act of recollection, the LIVING REALITY.
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Là je bondis et rebondis sur ce qui me semble le Power Point c’est à dire
le mot qui va décoder le vrai sens de la nature de la prise de
conscience :
D’un côté : « Dans un moment OÙ je n’avais plus rien de moi »…

De l’autre : » In a moment WHEN I was no longer in anyway myself… »
Si je traduis en terme neuroscientifique, je constate que le passage de la
langue française en langue anglaise va opérer une « transmutation »
d’espace-temps :
C’est l’irruption de la « Conscience Intuitive Extraneuronale.
Nos amis saxons disent : « I Have A Hunch ».
Le français cible l’Espace tandis que l’anglais cible le Temps.
On retrouve cette même transmutation chez Shakespeare, mais aussi à
la fin de l’œuvre chez H. James (« La bête dans la jungle ») ou même
aussi chez V.Woolf (« Ms Dalloway »).
Là, on bascule dans un « Au-delà » du champ de conscience, et ce
basculement se déploie avec un « Angle mort » : on est dans la
physique. Et on retrouve aussi cette expérience chez R .Wagner :
« Le lieu où l’Espace et le Temps se croisent est le lieu de « l’Éternel
instant » :
Ainsi s’exprime le Sage dans l’opéra « Parsifal » !
Ainsi avais-je moi-même vécu cette expérience à Ravello précisément !
C.G.Jung et sa théorie de la synchronicité avait ouvert la Voie vers ce
que les sciences actuelles définissent « Conscience Intuitive
Extraneuronale ».
A l’amble de Deleuze ou Jonas Lehrer nous constatons que la
philosophie et les neurosciences se conjoignent pour faire la lumière sur
ce qui demeurait encore obscur : voir l’Invisible ou l’Essence des
choses :
C’est la style même de Proust dont l’analogie est la figure.
Ce rapprochement de deux réalités caractéristique du mode opératoire
chez Proust est soit la conséquence d’une situation imprévue générant

un déclic de tous les filtres et obstacles de la conscience ou un don à
couleur mystique.
C’est mon mode de fonctionnement.
Dans le premier cas, cette irruption se produit lors d’un accident imprévu.
L’émotion qui va surgir va faire sauter les verrous. C’est le lâcher-prise.
L’exemple proustien survient suite à une grande fatigue. Il est clair que le
biologique joue un rôle primordial.
D’une façon plus générale, c’est lorsque la personne va baisser les bras
face à une impuissance. La détente nerveuse, ou décharge endocrinale
va faire exploser les filtres.
Mais aussi lorsque la personne décide de ne plus résister. De ne plus
combattre. Alors toute l’énergie mobilisée dans cette lutte va se
retourner et recharger d’ondes positives la personne.
La non-résistance fut un grand principe en spiritualité car elle entraine un
état de sérénité illustrée par des personnages tels que :
Jésus, Bouddha, Socrate, Spinoza etc …
Plus près de nous Walt Whitman, Alfred Tennyson, Emerson etc etc…
Ou des philosophes comme J.Derrida. Ainsi dans « Glas » :
« Tout tend vers l’Un. Cette tendance de la matière vers l’Unité et le
centre n’est donc l’opposé de l’esprit qu’en tant qu’elle reste résistante à
cette tendance. Mais pour s’opposer à sa propre tendance à elle,
matière, il faut qu’elle soit Esprit. Et si elle cède à sa tendance, elle est
encore Esprit ! Elle est Esprit dans tous les cas car elle n’a d’essence
que spirituelle.
Déjà à New York, Ernest Holmès l’avait saisi avec sa « Pensée
Positive ». Mon père avait suivi cette science du mental qui découlait de
la physique quantique :
« Les atomes et les particules fondamentales ont un degré rudimentaire
de conscience et les caractéristiques de base de la mécanique uantique
sont les propriétés conscientes de la matière »…( Cochran ).
Ainsi depuis « La conscience cosmique » de R.M. Burke, jusqu’à « La
Conscience Intuitive Extraneuronale « de J.J. Charbonnier en passant
par Gérald M. Edelman et tous les grands chercheurs physiciens un
chemin se trace. Un chemin qui chaque jour s’envolve dans la spirale
vertigineuse des expérienceurs revenus de « l’Au-delà »…
Un « Chemin » devenu « Voie » qui émerge en mon champ de
conscience.
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Mais nous le savons il était déjà présent depuis l’Éternité !
La maison natale de Rabelais « La Devinière » n’était qu’un signe parmi
d’autres.
Bref, j’ai toujours fonctionné sans filtre. Je suis une aventurière de la Vie.
Comme nous tous.
« Let’s Rock, Let’s Dance with The Stars » !
Sans oublier les mises en garde d’un Ramakrishna :
« La vision est d’une grandeur tragique.Il est bon que toute âme s’y
plonge de temps en temps. Mais elle n’est point faite pour le commun
des mortels.Elle risque de les affoler ou de les glacer d’effroi. Leur
faiblesse n’est point apte à opérer la synthèse de L’ABSOLU et de
l’EGO.
« Alors forbans ! Buveurs très illustres et vous, vérolés très précieux,
c’est à vous, à personne d’autres que sont dédiés mes écrits » !
Ainsi s’exprimait Alcibiade. Ainsi mais dans une autre temporalité
s’exprime ce monstre qui est moi !
« Heaven’s Breath Moves Axion »

 


Linden BLOSSOM

LINDEN BLOSSOM

artiste lyrique- ( you tube 2 vidéos ) écrivaine- ( essayiste- 4 ème culture: philo-sciences)
PARIS - FRANCE

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