Linden Blossom : QUAND LE MASQUE DÉMASQUE

Des pendants d’oreilles du Warrior Aux couilles du pizzaiolo L’atome et le boson de Higgs rient en chien de faïence

CHAMPAGNE/ NITRO :
QUAND LE MASQUE DÉMASQUE
Ou
Approche Gymnopédico-Quantique
Du collapse post narco électrolytique
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Des pendants d’oreilles du Warrior
Aux couilles du pizzaiolo

L’atome et le boson de Higgs
rient en chien de faïence
« The face upon which the story of the lovers woes Is written
Is the soul seeking God ».
Giordano BRUNO
Ce midi là, mes pas me dirigeaient vers la grande surface de mon quartier où j’avais mes habitudes ménagères.

Je savourai in vivo le gentil twitt twitt de ces petites insignifiances que sont les interpellations entre compagnons de travail, du vendeur au manutentionnaire en passant par le responsable de rayon.

Bref, plongée « In Situ » dans le fourmillement des travailleurs dont les échanges aussi chaleureux soient ils parlent du temps                             « Pour ne rien dire »… genre :
« Je te parle, tu existes pour moi », et en même temps, aussi vide que soit le sujet, le temps renvoie à l’existence d’un monde plus vaste, plus
complexe, dans lequel on baigne et qui n’est autre que le « Champ Quantique ».


En poussant plus loin, ce « Quelque chose » permet à la relation, au delà du discours, de « tenir sans rien dire » tel l’insaisissable
« Nafea Faa Ipopoi » de Gauguin, illustrant cet espace virtuel « entre deux niveaux de conscience ». Grâce à cette absence sémantique, je m’abandonnais en écoute flottante à ce « Je ne sais quoi » qui étrangement laissait réverbérer un « Être-là » du monde, une présence invisible mais palpable à travers des interfaces de réalités concrètes ponctuant le streaming du flux de conscience.


Ainsi slalomant au cœur des bris sonores entre le pizzaiolo et le lisseur de rillettes je parvins face à mon caissier favori. Dans la droite ligne de
son style viril et chaleureux il m’offrit son accueil habituel non dénué de séduction malgré le port obscène du masque. Même si dans la nature de notre relation planait un rien d’ambigüité que précisément le masque symbolisait, rappelant le fragment iconique d’Héraclite :
« La Nature aime à se masquer », il se prêtait volontiers au jeu coloré de libertinage convenu entre un homme et une femme.
Adonc, je flottais sur ce nuage de sensualité furtive à la fois complice et en même temps poivrées de »Rubato », slalomant en roue libre entre les fragrances perverses des nappes phréatiques des profondeurs plurielles et les douceurs assassines d’heureuse proximité
où j’expérimentais un bref instant, celui de l’immersion du laser bleu de son regard, la volupté de « Devenir l’Autre », c’est-à dire « Autre ».
Quelque chose comme la congruence céleste et troublante d’une atomisation de la cohérence psychique en fragments chargés d’énergies centrifuges où l’antisyntaxe d’une narco électrolyse pulse l’impérialisme du « Je sens, donc je suis », levant le masque sur les pluralités subjectives donnant accès à tous les règnes et à toutes les potentialités à l’instar d’une promenade en forêt révélant une clairière, espace de
sensualité diffuse, évoquant l’envol voluptueux vers d’exquises latences…


Ainsi face à lui, je savourais les délices d’une phase régressive d’hypnose là où la sémantique de l’absence croisait la physique des trous noirs et les vertiges de l’anti-matière, en écho à « L’étrange étrangeté » freudienne lorsque mon regard fut attiré par le branlochement clinquant de pacotilles cachées… Derrière le masque.
Là, au moment où mon hypothalamus pulsait des nuages d’oestrogènes et où mes corticosurrénales dansaient la kapuéra avec les médullosurrénales, oui, je découvrai la nature irréfragable et rédhibitoire de vulgaires pendants d’oreilles.


Je n’étais plus le chef d’orchestre de régulation de mes émotions !
Mon cœur se mit à cogner dur et vite, bref, tout mon être s’affolait et je perdais pied !
Je connus l’anacoluthe et passais du « Lucus A Non Lucendo » à la violente réalité :
Non pas comme on passe du lied à la mélodie, non !
Mais élevée à la puissance du saut quantique !

Le saut dans le vide.
Ma troisième oreille tintinnabulait :
« He’s The Man Of To Morrow » ! je tremblais de tous mes membres de ressentir cet état de déstabilisation
où je divorçais d’avec une réalité infidèle à ma propre essence, une quasi trahison !
La sono diffusa soudain en perfide synchronicité :
« As A Bridge Over Troubled Waters »…
Mais je ne perdais jamais les joyeusetés de Mary Poppins :
« A Spoonfull Of Sugar Help Medecine Go Down »


Et son bain dissolvant finit par non pas par effacer ce pur moment de transsubstantiation mais à l’élever vers les cimes sublimes de la fraternité humaine….

 

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