La construction sociale de a liberté ...

On entend habituellement par "Liberté" à la fois ce que l'individu a le droit de faire (liberté juridique ou formelle) et ce que l'individu a la capacité de faire (liberté réelle).

Nous sommes faits de Liens

Nous sommes faits de Liens© M art'IN

https://blogs.mediapart.fr/edition/la-galerie-des-mediapartistes/article/070413/m-art-une-artiste-atterree-en-quete-d-emotions

Source :Livre de Jacques Généreux "L'autre société" Editions Points ISBN 978.2.7578.2066.7 Février2011

On entend habituellement par "Liberté" à la fois ce que l'individu a le droit de faire (liberté juridique ou formelle) et ce que l'individu a la capacité de faire (liberté réelle).

Si la première est par définition une construction sociale, la seconde est - dans la perspective moderne et libérale - souvent conçue comme une construction personnelle : une fois doté de droits et d'interdits formels identiques le champ des possibles ouvert à chaque individu résulterait de sa volonté, de ses efforts, de ses choix, etc.

On connait bien le débat qui s'ensuit sur l'opposition entre libertés formelles et libertés réelles.

De tout temps pour la gauche, la liberté réelle a été indissociable d'une égalité réelle non seulement des droits de l'homme et des libertés publiques, mais aussi des droits sociaux et de la distribution des richesses et des pouvoirs.

Aussi surprenant que cela puisse paraître pour qui n'aurait pas encore compris la nature de ma démarche, je ne reviendrai pas ici sur ce débat.

Ce débat est pertinent mais il est tranché, sauf pour les simples d'esprit.

Il est en effet trivial de souligner qu'un enfant pauvre est moins libre de partir en vacances qu'un enfant riche.

Non moins trivial de dire que la liberté réelle d'expression d'un abonné de Mediapart est plus faible que celle du patron à qui il s'adresse et qui détient le pouvoir de lui supprimer le droit au participatif.

Pour que chacun jouisse d'une égale liberté réelle de mener sa vie, il faudrait donc assurer une parfaite égalité d'accès aux pouvoirs et aux richesses, non seulement au départ de la vie (égalité des chances), mais encore tout au long de la vie, pour éviter que quiconque, par une plus grande réussite, acquière un pouvoir sur autrui.

Que la condition sociale détermine ainsi la liberté réelle est donc une évidence.

Celle-ci mérite certes notre attention, tant l'inégalité des libertés réelles reste la règle des société prétendument "libérales", mais, puisque c'est une évidence, elle n'appelle ici aucune démonstration supplémentaire, et c'est donc à une autre problématique que je fais référence en évoquant une construction sociale de la liberté. (page 80 - 81)

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