LINDEN BLOSSOM : Pour ne pas m'inquiéter

Ce poème est mon poème préféré de Linden Blossom, reçu ce matin tout en écoutant, sur invitation téléphonique de Linden François Boulo !!!

 

Pour ne pas m’inquiéter.

Lorsque je n’étais rien qu’une herbe folle au vent,

Quand le ciel et la Terre étaient mon visage,

Et que le rire des hommes avait l’âge des étoiles,

Devant moi tu marchais pour ne pas m’inquiéter.

Quand j’habitais partout et nulle part en même temps,

Quand mes doigts au jardin

En cueillant une rose effleurait des abîmes

Et que les galaxies étaient mes sœurs de lait,

Sur ma main,

Ta main, Pour ne pas m’inquiéter.

Quand la Chine s’éloigna

Quand le ciel sous mes pas se raidit

Et commença de perdre la lumière de mes rêves,

Quand le lys ne fut plus qu’un lys

Et que le rire des hommes sur des rives étranges se

brisaient dans le soir,

Avec moi tu chantais,

Pour ne pas m’inquiéter.

Lorsqu’en moi se leva l’orient de l’inespoir

Quand le rêve complice,

À l’orée du réel s’agenouillait

Quand ma première blessure m’apprit la barbarie

En démêlant nos cœurs dans l’enclos d’aubépines,

Quand le mal fut,

Que de son cri muet le ciel tremble encore,

Avec moi tu as ri,

Pour ne pas m’inquiéter.

Maintenant que derrière les étoiles je m’en vais te

chercher,

Que mes minuits sans lune s’accrochent aux quatre vents

Et à tous mes soleils,

Maintenant que la pluie,

En malaise d’étincelles allume l’envers des choses,

Que l’univers entier est reflets d’impatience

En pause fragile d’eau et de lumière

Que l’instant élargi avec les parfums

Gèle sa course fluide sur l’étain glauque de l’étang,

Ton absence est présence

Pour ne pas m’inquiéter...

LINDEN BLOSSOM 1993

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