Choisir son camp en compagnie de Jean Ziegler !!!

Aujourd'hui, l'instituant métasocial le plus puissant, le plus dangereux est la "naturalisation" des faits économiques.

Jean Ziegler Retournez les fusil !

Choisir son camp (page 25)

http://www.seuil.com/ouvrage/retournez-les-fusils-jean-ziegler/9782021169683

El Tres de Mayo, by Francisco de Goya, from Prado in Google Earth.jpg
30 000 × 23 131 ; 184,66 Mio

Aujourd'hui, l'instituant métasocial le plus puissant, le plus dangereux est la "naturalisation" des faits économiques.

Les soi disant "lois naturelles de l'économie" sont invoquées par les oligarchies du capital financier globalisé pour évacuer l'homme de sa propre histoire, pour briser préventivement chez lui toute velléité de résistance et pour sécuriser leurs profits.

Le "marché mondial", instance régularisatrice suprême, non seulement de la production et de l'échange des biens, mais aussi des relations et des conflits humains, est ainsi paré des vertus d'une ""main invisible et infaillible". Le but de toute politique serait désormais la libéralisation complète de tous les mouvements de capitaux, de marchandises, de services, la soumission de toutes les activités humaines au principe de maximalisation du profit et de la rentabilité maximale, et donc la privatisation de tous les secteurs publics.

Une promesse habite cette stratégie : celle qu'une fois libérées, c'est à dire définitivement soustraites à tout contrôle public, les forces du marché produiront comme par nécessité le bien être planétaire.

Ancien banquier de Wall Street, multimilliardaire, pianiste émérite, personnalité chaleureuse et cultivée, James Wolfensohn a été président de la Banque mondiale au début des années 2000.

Son credo, maintes fois répété avec fougue dans les forums internationaux, se résume à cette formule : "Stateless global governance". En clair : l'autorégulation du marché mondial, enfin libéré de toute entrave étatique, syndicale, populaire, etc...est l'horizon et le but ultime de l'histoire.

L'instituant métasocial que constituent les "lois du marché" est d'autant plus dangereux qu'il se réclame d'uns rationalisme rigoureux.

Il procède en fait d'un tout de passe-passe visant à faire croire à une équivalence entre rigueur scientifique et rigueur des "lois du marché".

Par ailleurs, il faut bien comprendre que, en se réfugiant derrière les "lois du marché" aveugles, la dictature du capital financier globalisé impose une vision du monde clos et immuable, qui récuse toute initiative humaine, toute action historique issues de la tradition subversive du non-encore existant, de l'inachevé, de la liberté.

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.