La liberté réelle de l'abonné (e)...

La liberté réelle de l'abonné - c'est à dire l'étendue des capacités qui lui sont offertes, l'accès à une relative autonomie, la possibilité de développer des amitiés nouvelles - n'est donc pas le résultat inné d'une nature autonome, mais celui d'un lien intense établi avec une figure d'attachement.

http://lesbrindherbes.org/2014/05/11/avis-amis-bretagne-dautres-terres-brin-dherbe-expose-pres-renne-partir-ce-week-end/#comment-13278

 

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Brin d'herbe 

Source :Livre de Jacques Généreux "L'autre société" Editions Points ISBN 978.2.7578.2066.7 Février2011 Page 84

La liberté réelle de l'abonné - c'est à dire l'étendue des capacités qui lui sont offertes, l'accès à une relative autonomie, la possibilité de développer des amitiés nouvelles - n'est donc pas le résultat inné d'une nature autonome, mais celui d'un lien intense établi avec une figure d'attachement. L'opposition simpliste entre l'indépendance et la dépendance n'a donc guère de sens. La sécurité psychique de l'enfant est totalement dépendante de sa figure d'attachement. Et c'est en même temps cette dépendance qui lui donne l'indépendance nécessaire pour tourner son regard et sa vie vers d'autres figures. De même, il nous faut rejeter l'opposition entre quête de la sécurité et prise de risque, entre recherche de la tranquillité et goût de l'initiative. L'enfant qui prend des initiatives, qui se risque le plus à explorer le monde, ne se moque pas de la sécurité : il a la sécurité absolue que lui procure la certitude du lien avec sa figure d'attachement. Privez-le de sa base de sécurité et il ne prendra aucun risque, à moins qu'il ne se mette en danger pour attirer l'attention de la figure d'attachement défaillante et pour manifester paradoxalement son besoin de sécurité. On saisit, au passage, le contresens des politiques de l'emploi qui tendent à réduire les protections juridiques des salariés et des chômeurs pour les inciter à assumer des risques (la mobilité, la flexibilité, etc.). On y reviendra plus loin, mais soulignons dès à présent ce que nous enseignent la psychologie et la biologie de l'attachement. Faire peur à quelqu'un ne le rend jamais moins peureux. En revanche, lui garantir qu'en cas d'échec, d'erreur, de malchance, un autre est toujours là pour lui garantir une place parmi le siens et les moyens de repartir à l'assaut du monde, voilà le meilleur moyen de stimuler son sens de l'initiative et sa capacité à assumer les risques.

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