Résistance : des hommes et des femmes de l'ombre mis en lumière à Vichy

Soixante-quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une visite guidée aborde le sujet de la résistance dans la ville qui a accueilli le gouvernement de l’État français de 1940 à 1944.

Résistance : des hommes et des femmes de l'ombre mis en lumière à Vichy

Résistance : des hommes et des femmes de l'ombre mis en lumière à Vichy

La visite, commentée par deux guides, est ponctuée de photos et de lectures d’archives © Dominique PARAT

Soixante-quinze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une visite guidée aborde le sujet de la résistance dans la ville qui a accueilli le gouvernement de l’État français de 1940 à 1944.

C’est un mot auquel Vichy n’a pas l’habitude d’être associée. Pourtant, la résistance est bien le thème d’une nouvelle visite guidée cet été. Basée sur des recherches dans les archives du service du patrimoine et sur des références bibliographiques, elle emmène les curieux dans les rues de la ville à la découverte des hommes et des femmes qui ont à leur manière, résisté à l’ordre établi.

« Au début de la guerre, les actes de résistance sont isolés », explique Nathalie Mesurolle, guide conférencière. « On n’observe pas de résistance au gouvernement, mais à l’envahisseur allemand. »

« L’Arche de Noé »

Travailler pour l’État français à Vichy permet à certains acteurs de rassembler des informations. Georges Loustaunau-Lacau sera de ceux qui joueront sur ces deux tableaux. Nommé au service de la Légion française des combattants installé au n°17 de la rue Clemenceau, il fondera le réseau Alliance. Un réseau de renseignements surnommé « l’Arche de Noé » par les Allemands, ses membres portant le nom d’un animal pour pseudonyme.

« Il confie ce réseau à Marie-Madeleine Fourcade, dit Hérisson, pour qu’il se développe en France. Pierre Berthomier, un aviateur surnommé Goëland, sera chargé du transport du courrier du gouvernement et ne se privera en vol de prendre des clichés pour la résistance, relate Nathalie Mesurolle. Robert Frumin, gendarme attaché à la garde du maréchal Pétain, fouillait les corbeilles à papier pour trouver des renseignements utiles… »

Justes parmi les Nations

La visite met aussi en lumière les personnes qui ont « résisté par la parole » ou encore ceux qui ont été reconnus Justes parmi les Nations. Henriette et René Duphil et Élisabeth et Pierre François sauveront la famille Dennery, installée au Mayet-de-Montagne sous un autre nom.

Au cours de la guerre, une chaîne de solidarité se formera pour disperser les membres de la famille juive. Lise, l’aînée des trois filles, sera cachée au pavillon Sévigné, dans le vieux Vichy. Elle gardera les enfants du couple François « au nez et à la barbe du maréchal » qui vient de temps en temps loger dans ce bâtiment.

https://www.lamontagne.fr/vichy-03200/loisirs/resistance-des-hommes-et-des-femmes-de-l-ombre-mis-en-lumiere-a-vichy_13812592/

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