LINDEN BLOSSOM : « DE NUOVA CONZONANZA » II

Je croise le texte d’Alain Orlandini en l’allumant d’étincelles dont la nature esthétique tire sa force de sa quantique et cosmique origine.

 

            De la  « NUOVA  CONSONANZA »

 

                 « Toute créativité est une suite de négations et d’affirmations,  de « Up and Down », où le meilleur se conserve tandis que la contingence se perd pour devenir une synthèse créatrice ».  HEGEL

 

                                    « SOULÈVE LE TEXTE » !

 

Tel le « Fiat Lux ! » Biblique, je reçu cette claque injonctive.

 

                    Même si le cheminement de ma relation avec Alain Orlandini n’a pas à priori la haute mission d’essayer de trouver la position et la vitesse de douze milliards de galaxies, il n’en est pas moins excitant.

Voyez plutôt l’abime avec notre pauvre petit million actuel !

 

                 Abime déjà saisi en amont dans la somptueuse résonance de l’émerveillement du « Théétète » de Platon et là, rampe de lancement propulsant un engin balistique vers d’autres mises en abimes en permettant à chaque instant de l’Univers de connaître la courbure du degré d’expansion et par là de savoir si l’expansion est accélérée de façon dynamique ou si c’est une expansion cosmique.

 

                 Bref, telle l’Énergie Noire notre relation garde toujours son caractère indéfloré. C’est l’éternel « Voile d’Isis ».

 

                « Raconte moi ta Genèse, raconte moi ton chantier »

C’est, dans les sagesses orientales, le chemin allant de la mer à l’Océan.

C’est l’invite à un voyage. Un voyage Off Limits qui prend les couleurs gouleyantes d’une aventure et plus particulièrement d’une Fête.

 

                  Mais revenons plus précisément sur la nature d’une mise en résonance d’un texte original bien cadré et même verrouillé dans un mode technique et quasi conceptuel avec une exigence paradoxale d’écriture relevant plus de l’insituable, bien au-delà de l’atypique, plutôt de l’atopique, mêlant tous les genres, et couronnant le tout, de  l’É-nor-me rire dissolvant de Rabelais.

 

                Alors en quoi consiste cette interactivité ?

 

Elle consiste à dépasser la simple fonction de représentation en lui insufflant sa propre autonomie  plastique.

 

Le souffle c’est, par delà un simple « échange moléculaire » : la Vie.

 

               C’est une Énergie. Une Énergie, certes, qui est bien dans le texte original, dans sa réalité physique, mais par ailleurs en même temps, dans la composition de cette représentation (forme et couleur) est reliée à une autre réalité qui celle là est « L’image mentale » de cette énergie, à ceci près, et qui change tout, comme étouffée par la charge de la matière.

À sa façon, Cézanne, face à l’Estaque, disait :

 

« J’ai ici de beaux points de vue, mais çà ne fait pas tout à fait motif ».

 

                C’est cette « Image mentale » que l’opération d’insufflation d’Essence  divinatoire va révéler dans la puissance de sa réalité.

On a quitté l’illusion de la simple représentation pour être en immersion  avec une  créativité à inconscient ouvert.

Ainsi  Da Vinci : fixant un point d’or dans la pupille gauche de sa « Joconde » la fait Exister.

 

                 C’est la forme elle-même et non plus un sujet qui est la Star.

Et le challenge qui, à priori, consistait à créer de nouvelles formes

SANS toucher le fond, laisse à voir une zone d’ombre dans l’actualisation du principe. D’évidence  :

 

Qui touche la forme touche le fond.

 

                  Ainsi l’Art se développe sur le plan neurobiologique et psychologique dans une succession illimitée de métaphores selon le process : fixer-détruire, mais en ciblant, en maitrisant une forme  essentielle : la sienne.

Dans la mesure où les formes sont le produit humain, elle sont inséparables de la matière, de l’espace et du temps.

 

                Sauf que, à « Plus-hault-sens », œuvrent d’autres instances, d’autres forces inductives, d’autres gouvernances : celles d’une « Stellification ».

 

Nous rappelant que nous sommes le champ (quantique of course !)

 

              Comme dit précédemment, le style ne se réduit pas à la forme. Il y a le fond. Et c’est cette alchimie vivante constituée de forces/tensions entre fond et forme qui définit le contenu d’une œuvre plastique. Le style est une dynamique interne aux formes. Et là on touche à la notion de rythme.

  1. Orlandini c’est Prince.
  2. Blossom c’est La Musique.

 

Et plus particulièrement la « Musique des sphères ».

Ce sont les épousailles d’essence alchimique élevées aux cimes d’une spiritualité  où atomes et molécules dansent dans les chaines et s’embrassent à vibrations radioactives.

C’est l’état médiumnique : c’est la transe.

 

 

C’est un autre espace temps où le « Je » et le « Moi » sont dé- substantialisés, vidés de leur contenu.

Il reste un « Relatum » qui est transposé en impression dans la conscience. Et le « Relatum » de cet « Interactif Plant Growing » touche à un sublime dont la couleur timbrique sonne en pur jus Bachelardien :

 

« L’étendue de l’auréole imaginaire de l’image produite par le dispositif ».

 

Dont acte.

 

En cybernétique le dispositif d’interactivité est un capteur pseudo-organe des sens susceptible de relier un « objet « à l’œuvre en devenir.

 

Or ici, l’ambigüité est double !

 

Etablir la connexion entre le monde et l’œuvre ou entre le monde et l’homme. Via le médium de l’œuvre.

C’est là où on plonge dans l’univers multidimensionnel,  celui des réalités virtuelles.

 

Pour en finir, comme l’a bien vu P. Lévy, la frontière entre la réalité physique et la réalité virtuelle c’est l’écart de sens entre « reconnaître » et « sentir ».

Certains sentent mais ne reconnaissent pas. Il faut traduire.

Car « sentir » relève d’un « Locus » de la perception qui est une intériorité absolue et « inaccessible ».

De nature ontologique…

Et, poursuit P. Lévy, la merveille c’est que cette intériorité absolue c’est aussi ce qui institue l’extériorité du monde sensible que nous habitons car nous ne vivons pas au milieu de longueurs d’ondes, de compositions chimiques, ni de la variation de la pression atmosphérique mais parmi les sons, les odeurs et les jeux changeants de la lumière.

 

L’ « Uncany Valley » n’a pas finit de nous troubler de ses vertiges aux arômes cramés porteurs de narco-tsunami intérieurs.

 

Si Ouroboros, telle  la « Lanterna » de la coupole de Brunelleschi  plane dans ses stratosphères « stabile mobile », symbole mythique et alchimique rappelant la structure cyclique et spiralée dans toutes les formes de la Nature ( ADN de la molécule), ou le benzène en chimie,

Sorte de code secret, existant partout. Dans la matière mais aussi hors d’elle.

Cette intériorité absolue « inaccessible » par les voies scientifiques mais révélée dans les extases des saints, n’est-ce pas l’« Être » ?

( Maharishi ) ?

 

C’est là où dans des états proches d’une transe traversée d’orages magnétiques s’actualise la nature de la synergie entre les deux protagonistes.

 

                     Deci delà, j’ai jeté mes graines, astres jetés dans la nuit, avec l’amplitude du « Geste Auguste »  du semeur sous les vibrations d’un invisible Angélus ou du peintre élevant la simple asperge au rang d’ « Asparagus », telle encore j’ai constellé de métaphores quantiques l’espace glacial autant que parfait dans sa forme d’A.Orlandini.

 

Avec le respect sacré du restaurateur de trésors pharaoniques, je me suis glissée dans la mouture gelée de l’original.

 

                                        SOULÈVE  LE  TEXTE !

 

                      Avec aussi, parfois, la violence du poignard fantôme de Macbeth flottant dans ces réalités qui pour n’en être que virtuelles existent bien en notre réalité ou ailleurs dans un « Morirando » aux accents debussystes quand ce n’est pas, emporté par un souffle insidieux à s’évaporer sur le bord de fuite d’un « rubato » parfumé d’improbable, le tout cadencé ou scandé par des enjambements risqués, des renversements dissonants, ou plus rarement des tuilages subtils innervant leur propre réalité avec l’insolence de cette conscience intuitive qui me caractérise.

 

                         Ainsi Cézanne voulait peindre la matière « en train de se donner forme. L’ordre naissant par une organisation spontanée ».

 

Ou, chez Debussy : « Jaillissement perpétuel »…

 

               Et si d’aventure, au cours de notre exercice à l’arôme évident initiatique, le moindre rai du noir soleil d’oubli ne se glissait d’un coup d’aile ivre entre les mailles des pauses, la glaçante réalité du métal le rattraperait infailliblement.

 

               Du texte original, qui telle la Mer dans les sagesses bouddhistes conduit à cet Océan du texte à venir, se dessine en résonance un chemin.

« Not The Road But The Way ».

 

Et comme disait Valéry :

 

«  La résonance du parfum dépend du rythme, du nombre de syllabes frappées, mais aussi de rencontres virtuelles situées en deçà de la sphère de la conscience ».

 

Chemin chaotique, où le sens parfois s’égare vers le clair obscur d’une oxymore blanche ou carrément nocturne d’un non sens, ou encore e brise sur le roc de courts-circuits laser nous propulsant vers des espace-temps vertigineux.

Là est le « Locus » de cette « Nuova Consonanza » chère à G. Scelsi.

 

 

              Selon un agencement aux couleurs « Easy Playing » on a le big bang alchimique du soufre et du mercure, ou, en frivole complémentarité des effets sonores comme un redoublement du son des syllabes sous deux intonations distinctes.

 

             Parfois aussi, de longues nappes d’ondes alpha battent un temps quasi onirique, tout palpitant d’une prenante sérénité sur le lac d’une éternité improbable.

Le temps d’un soupir nous nous offrons le luxe d’un voyage astral.

 

In petto mes voix intérieures chuchotent…

N’est-ce pas ici ce « Locus », cette intériorité absolue inaccessible perçu des seuls saints tombés en extase ?

 

Ou bien mes daïmons persiflant :

« De cette visitation divinatoire tu n’as que la rose absente ! »

 

 Ce moment où tu as cru sentir le frôlement de la substanciation Eucharistique n’est que l’effet d’un orage magnétique !

 

Dans la durée nos deux univers ont repris leur vitesse de croisière au rythme chaloupé des imprévus, des embardées, roucoulades ou prises de langue sur le mode propre des oiseaux chanteurs en roulée profonde ou teinte profonde.

 

Le flamenco quoi.

 

On « Danse dans les chaines » d’où surgira  «  Le Son du futur » qui fermera la boucle déjà initiée par  Liù  TSEU :

 

« Tout ce qui se dit n’est pas TOUT ! Ce par quoi le son se produit n’a jamais retenti » !

 

En visionnaire Nietzsche avait saisi que la vibration devient son lorsque captée par notre canal cochléaire.

 

Ce que  carillonna  Sergiù  CELIBIDACE :

 

« La Musique  n’est rien » !

 

le Son du futur résonne bien avec cette recherche transcendantale qui illuminait les compositions de  SCELSI :

 

                              « LA  NUOVA  CONSONANZA »

 

                                                              

                                                                           Linden  BLOSSOM

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.