Horizontalité ...

Le texte de ce billet a déjà été posté sous forme de 3 commentaires pour le billet de Ceinna Coll GJ Acte 84 (Sem.98) PARIS 26/09/2020 – On ne peut pas nous interdire de respirer !

Résumons-nous : à Front populaire, nous voulons les droits de l'homme sans le droit de l'hommisme, la liberté sans la licence, l'égalité sans l'égalitarisme, la fraternité sans l'obligation, la laïcité sans le dogme, la propriété sans le monopole, le féminisme sans la guerre des sexes, la différence sans l'inégalité, les minorités sans leur tyrannie, les majorités sans leur hégémonie, la communauté sans le communautarisme (lire aussi https://blogs.mediapart.fr/vivre-est-un-village/blog/020920/une-communaute-qui-propose-le-meilleur-du-debat de Frédéric Lordon), la sûreté sans le césarisme, la raison du peuple sans l'instinct de la populace, l'autorité sans l'autoritarisme, la démocratie sans la démagogie, la dialectique des droits et des devoirs, l'équilibre entre l'individu et la société, la loi sans l'arbitraire, la police sans la milice, la liberté d'expression sans le mépris, la paix sans la crainte de la guerre, la nation sans l'oubli des régions, le local avec le global, l'Europe avec la souveraineté des nations, le politique sans la politique : voilà ce qui définit la République à laquelle nous aspirons.

Voilà qui n'est ni rouge, ni brun, mais tricolore.

Michel Onfray "Front Populaire n°2" page 7

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Ce Frédéric Lordon " Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent pages 181 & 182 comme complément de Michel Onfray ...

L'utopie horizontaliste déçue, ou simplement s'abusant elle-même, à des degrés de gravité d'ailleurs variés, est une figure à laquelle on n'échappera pas.

On en voit d'innombrables illustrations, parfois extrêmement spectaculaires, jusqu'en des lieux du monde social auxquels on ne penserait pas d'abord s'il s'agit d'envisager les rapports complexes du vertical et de l'horizontal, ou la récréation du vertical dans une scène qu'n a voulue horizontalisée.

Je pense ici en particulier au travail de Sandra Lucbert sur les réseaux sociaux, travail très explicitement envisagé sous l'angle de la morphologie politique - une question qu'il n'est pas si fréquent de leur poser.

A partir des cas ordinairement présentés comme anecdotiques, mais en fait puissamment révélateurs, notamment l'épisode dit de "la ligue du LOL", elle y montre combien les scènes supposées horizontales de Facebook ou Twitter sont en réalité doublement verticalisées.

D'abord sournoisement, puisqu'ici le premier principe verticalisateur est caché : il réside dans l'algorithme, qui dresse ce qu'elle appelle une scène pulsionnelle, mais, et c'est bien cela qu'il s'agit de voir, politiquement agencée, et analysable en termes de gouvernementabilité : typiquement un dispositif au sens d'Amgaben, les réseaux sociaux instituent une manière toute particulière de conduire les conduites, de faire faire des choses très déterminées aux agents.

Notamment de les amener à déchaîner les puissances de l'opinion et des luttes pour la reconnaissance - le second effet de verticalisation.

C'est que la gloire aussi bien que la déchéance, comme quêtes ou comme destins, et si éphémères soient-elles, sont par excellence des cristallisations d'affect commun autour d'une personne, des épisodes où, d'un coup, l'horizontalité des puissances opinantes disséminées se verticalise pour produire ce qu'elles produisent le mieux : de la valeur, de la réputation. 

Ce Frédéric Lordon " Vivre sans ? Institutions, police, travail, argent pages 182 & 183 comme complément de Michel Onfray ...

Sous le double effet donc de l'algorithme instituteur caché et des convergences passionnelles (verticalisantes) propres aux mondes de l'opinion ainsi institués, les réseaux sociaux, sous une forme en apparence " non politique", offrent un cas parfait de morphogénèse politique, c'est-à-dire de dressage d'une scène où vont se redéployer agressivement inégalités, différences de pouvoir symbolique surtout rapport de domination -à l'image de la fameuse Ligue du LOL.

Mais l'analyse de Sandra Lucbert ne s'arrête pas en si bon chemin puisqu'elle montre combien ce déni de verticalité propre à l'imaginaire des réseaux renvoie en fait, à un déni princeps de rang supérieur, le déni des fondateurs de l'Internet même (ou autoproclamés tel, en oubliant au passage la contribution d'aussi "petites choses" que l'armée et la recherche), souvent issu, tiens comme c'est curieux, des communautés alternatives de la contre-culture des années 1970, qui pensaient fuir les rapports étatiques et qui, après des expériences de vie communautaires au Nouveau Mexique, ayant du reste particulièrement mal tourné, en sont venus à imagines les ordinateurs personnels puis leur mise en connexion générale comme le nouveau lieu d'une politique émancipée, horizontale ... d'où sont sorties des choses aussi délicieusement horizontales que Facebook Company, Twitter Inc et plus généralement les géants de l'Internet, alias des dispositifs mondiaux.

Voilà ce qui se rappelle à nous en tous ces épisodes, si hétéroclites semblent-ils, mais par là n'en faisant que plus éloquemment la démonstration de ce qu'est la puissance du collectif, la force recréatrice, morphogénétique, de l'imperium.

Et voilà, par suite, pourquoi en matière de réseaux sociaux, comme de justice ou de police, et d'institution en général, je tiens l'alternative "avec ou sans" pour absurde.

Il y "en" aura, qui que nous fassions.

La seul question pertinente, c'est : lesquelles ? 

sous quelles formes ?

avec quelles propriétés ?

faites dans notre dos ou pas ?

S'escrimer sur un désir de "vivre sans institutions", c'est mettre notre énergie intellectuelle et politique au mauvais endroit.  

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Rajout du 12 novembre :

S'escrimer sur un désir de "vivre sans institutions", c'est mettre notre énergie intellectuelle et politique au mauvais endroit.  

S'escrimer sur un désir de faire triompher François Boulo, c'est mettre notre énergie intellectuelle et politique au bon endroit.  

 «Gilets jaunes»: le long bouillonnement de la société

29 DÉCEMBRE 2019 PAR LA RÉDACTION DE MEDIAPART

Au mois de mars 2019, à l’occasion du festival de Mediapart, « gilets jaunes », chercheur et observateurs débattaient déjà de l’impact du mouvement et de ses composantes sur les mobilisations sociales en cours et à venir.

Avec l’avocat et militant François Boulo, et l’universitaire Yann Le Lann.

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La Ligne Jaune: Manifeste écrit par François Boulo

7 OCT. 2019 PAR GL29PA BLOG : LE RÉVEIL CITOYEN

Sitôt reçu, sitôt lu. Ce manifeste d’une petite quarantaine de pages, rapide et facile à lire, propose à tous les français, qu’ils soient Gilets Jaunes ou non, de comprendre l’histoire du mouvement social actuel, celui des Gilets Jaunes.

L’objectif de ce très court ouvrage est selon les propres termes de François Boulo, de « restaurer l’image du mouvement auprès de l’ensemble des citoyens ».

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A bientôt.

Amitié.

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