Le monde en 2019 raconté à mes enfants qui ne sont pas nés

A mes enfants, qui ne sont pas naît. Qui ne naîtront pas dans un monde tel que celui lui. Entre magouilles et malhonnêtement, un peuple qui se meurt, se révolte et se fait mutiler.

Nous, les enfants des années 2000, nous avons toujours entendu dire que la terre finirait par être détruite ou encore que dans les siècles avenir, Starmania ne serait pas qu’une simple comédie musicale, mais une réalité. Depuis notre plus tendre enfance, on cherche à faire prendre conscience que le réchauffement climatique est une réalité inquiétante. Et pourtant, depuis les années 90, la course effrénée des marchés, des multinationales qui ne veulent qu’engranger plus de profits pour nourrir cette spirale infernale. Le capitalisme poussé à l’extrême. Pour le profit de quelques un, nous détruisons l’humanité. Socialement, écologiquement mais surtout psychologiquement.

21 janvier 2019. Ça vient de tomber, les 26 personnes les plus fortunées sur le globe possèdent autant que la moitié de la population mondiale. Comment le croire ? 26 pour 3,8 milliards d’êtres humains. Et l’Etat français ose toujours arborer fièrement cette belle devise humaniste qu’est « liberté, égalité, fraternité ». Comment un état régalien peut se réclamer de ces trois mots ? Alors que le patron de LVMH expose une fortune de plus de 72 milliards. Un enfoiré de la pire espèce. Trois millions d’euros. C’est ce que le compte en banque de ce charmant personnage voit rentrer chaque heure qui passe. Depuis que j’écris M. Arnaud a touché plus de 500 mille euros. Une somme que l’être humain lambda ne verra jamais sur son compte, et ce même en cumulé sur toute sa vie. Comment peut-on prétendre dire que nous vivons dans une société égalitaire quand l’ouvrier travaillant pour LVHM touche quant à lui 7,80 €/h. Et pourtant, si nous reprenons la fuite en avant du capitalisme, c’est cet ouvrier qui permet au porc qui lui sert de patron de récupérer ses 3 millions chaque heure. Le plus écœurant, est que cet ouvrier n’est qu’un numéro. Un nombre. Une simple suite de chiffres sur une base de données que l’on paye pour avoir vendu sa force de travail. On le paye parce que le code du travail l’exige mais quand même c’est lourd pour cette pauvre bourgeoisie, propriétaire des moyens de production. Je vais me faire taxer de marxiste de base en employant des gros mots tels que « propriétaires des moyens de production ». Et pourtant. A travers ces quelques mots, nous résumons notre vie. Les chiens du CAC 40 ont besoin de main d’œuvre. La plèbe a besoin de monnaie pour survivre et vend donc sa force de travail. Et en un instant, très insidieusement, et de manière totalement perverse puisqu’avec notre consentement, nous avons vendu notre être au capital.
De toute façon, dans ce monde capitalistique qui s’étouffe lui-même, nous ne nous appartenons plus. Notre corps appartient à nos entreprises. Comme ces gars du BTP qui crèvent sur les chantiers, qui perdent des membres, qui détruisent leur dos, leurs genoux et leur moral. Ou encore ces personnes plus que courageuses qui travaillent en EHPAD, qui se retrouvent à s’occuper de 60 pensionnaires à deux, qui eux aussi se brisent le dos, en portant des personnes plus lourdes qu’elles ou en pleurant le soir en rentrant, parce que ces héros du quotidien n’ont pas pu s’occuper de manière descente de leurs patients qui partagent leur quotidien.
Vendre son être au capitalisme n’est pas forcément la pire des contradictions internes puisqu’il existe un principe, suprême et universel, de réalité qui veut que, trivialement, pour manger, il faut bosser. Mais le plus inquiétant, au sein même de l’organisation sociale mondiale, est que nous nous livrons de nous-mêmes … Et ce, entièrement ! Nous vendons, sans rémunération aucune, nos informations civiles, professionnelles et au plus haut point, nous donnons notre vie privée. Les réseaux sociaux, qui, disons-le, est une spirale parallèle à celle du capitalisme qui nous entraîne dans la masse des données. Et une fois de plus, enfants naïfs que nous sommes, nous redevenons une simple suite de 1 et de 0 au sein même des serveurs de la Sillicon Valley. Une suite de 1 et de 0 ? On s’en fout non ? Nous sommes des êtres faits de chair et d’os, personne ne peut caser un être physique dans un serveur ! Et pourtant … Idiots que nous sommes. Nous avons perdu notre humanité. Et pourquoi, pour qui ? Pourquoi ? Parce que le troisième millénaire semble former une normalité planétaire à laquelle chaque personne devrait se soumettre. Et comme des chiens en meute qui se soumettent à celui qui hurle le plus, nous nous inscrivons. Et la spirale éternelle recommence. Dix-huit ans à peine, et déjà une individualité détruite. Le meilleur des mondes.
Et que dire des « civilisations » (bien grand mot pour décrire une bande de barbouzes élitistes qui dirigent un pays) qui décident du sort des peuples d’autres pays. Evidemment, la plupart du temps, ce sont des pays du nord qui s’occupent des affaires populaires des pays dits du « tiers-monde », qui soit dit en passant, ont eux-mêmes décidés arbitrairement de les appelés ainsi. Comme quoi, le 19 mars 1962 n’a en rien fait changer les mentalités de nos dirigeants qui se croient toujours permis de coloniser indirectement ces pays. Qu’un pays soit développé ou dans la misère la plus profonde, les schémas se répètent et la bourgeoisie locale, dite comprador (qui signifie « acheteur » en portugais), collabore avec les dictateurs en place, et les puissances répressive du G8. Pour montrer les terribles choix, complètement assumés, de Macron, il suffit de regarder de l’autre côté de la Méditerranée, en Egypte, où les entreprises françaises (ayant pour majorité l’Etat comme actionnaire principal) arment de manière outrancière les polices, disons-le, politiques et qui fournissent à Sissi les moyens de surveillance digne de « Big Brother is watching you ». La France qui ose armer cette dictature et qui récupère ce contrat juteux de plusieurs milliards d’euros alors même que l’Allemagne avait refusé ce même contrat en dénonçant qu’il outrepasser et de loin, les droits de l’Homme. Nous parlons en effet d’un homme qui, depuis son coup d’état en 2013, à faire disparaître plus de 60 000 personnes (chiffre en date de 2017) selon Mediapart. Et qui, selon la même source, enferme ces personnes dans des endroits tenus secrets et les fait ressurgir, en tant que cadavre, dans les décombres d’un attentat pour les incriminer. Et le comble de l’ironie c’est que le 28 janvier 2019, Macron allait donner des leçons de respect des droits de l’Homme à son homologue égyptienne. Dans le même temps, il appelle, dans la mauvaise foi la plus profonde, à ce que Maduro interdise les violences sur les manifestants, et soutient le peuple vénézuélien qui veut se libérer de ses chaînes. Le roi qui jouait au bouffon. Se donner en spectacle de la sorte sur la scène internationale en voulant se faire passer pour le défenseur des droits de l’Homme, un homme salutaire qui préserverait la liberté des peuples sur Terre. Alors que chaque samedi, et dans chaque ville de France, les gilets se révoltent et font face à un arsenal répressif utilisé dans peu de pays dans le monde. Mais la supercherie ne s’arrête pas là, lui qui fait interpeller le chef de file des appelistes, Julien Couppa par cinq voitures de la DGSI en opération coup de poing/cow boys lors de l’acte 4 à Paris. Ou encore, qui pratique de manière éhontée la censure et qui cache les insurrections qui se déroulent le samedi et les répressions en place. Et je passe sur les actes anti-humains qui se passent chaque semaine. Mais voilà notre cher président. Un homme qui bafoue et méprise son peuple.
Et voilà où nous en sommes. Les chefs d’Etat s’allient pour réprimer leur peuple tout en se donnant une façade de sauveur aux yeux du monde. Le troisième millénaire verra naître l’internationalisme. Mais voilà le problème, il existera dans les deux camps. « Prolétaires de tous les pays unissez-vous ! » clamaient Marx et Engels à la fin du Manifeste du Parti Communiste. Le XXI° siècle commence à voir se réaliser cet appel internationaliste. Mais les élites économiques et exécutives savent se coordonner parce que leurs intérêts sont trop importants pour les laisser filer. Et un argument de taille pour leur organisation est leur nombre. Se coordonner à quelques dizaines de milliers est mathématiquement bien plus facile que de s’organiser à plusieurs milliards. Mais la beauté du peuple est qu’il est composé de tellement d’individualités qu’une masse compacte mais variée, colorée se fonde, et du melting pot de la couleur naît la colère rouge !
Mais avant que la populace soit organisée, les élus européens protègent une fois de plus leurs intérêts et ceux du capital. Une loi européenne visant à tracer les liens entre parlementaires et les différents lobbys, qu’ils soient agroalimentaires, pharmaceutiques ou autre. Ce qui aurait permis plus de « transparence » puisque chaque loi pourrait être tracée. A la manière de la viande, qui depuis ces dernières années a vu sa provenance de plus en plus suivie, l’européen lambda pourrait enfin savoir entre les mains qui cette loi est passée, par quels biais. Nous arrivons donc au sujet qui nous intéresse, entre quelles mains une loi est-elle passée ? Quels députés ont participé à son écriture et quels lobbys ont été conviés ou consultés. La transparence. Fin des malversations et des pots de vin ? Probablement pas mais déjà un début. Mais voilà que le PPE, le Parti Populaire Européen, en d’autres termes les droites de tous les pays réunies en un seul et même groupe refuse catégoriquement cette loi sous prétexte que le travail parlementaire en partirai. Selon eux, travailler main dans la main avec les lobbys est une obligation pour avancer. Derrière ces douces paroles, nous comprenons que les intérêts personnels de ces personnes vouant leur vie au bien être des peuples européens sont en jeu, et qu’il est inacceptable d’y toucher. Et les magouilles de ces gens hors des réalités populaires sont évidemment prioritaires. Les revendications posées actuellement par les gilets jaunes, à savoir que le peuple reprenne le bien qui lui appartient de droit, le pouvoir, sont complètement bafouées et méprisées par les députés. Députés que nous élisons, qui sont sensés nous représenter. En d’autres termes, porter la parole populaire.
Comment vivre dans une société où la « majorité silencieuse » est bafouée de la sorte ? Où le plus grand nombre est relégué au rang de simple numéro. Où lorsque le peuple fait entendre sa voix, les soit disant forces de l’ordre mutilent volontairement, tabassent à plusieurs un manifestant en tenue de robocop, et ce peu importe son âge, son handicap. La lutte des classes n’est plus que jamais d’actualité. 
El pueblo unido, jamas sera vincido.

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