La photographie de mariage, une véritable passion !

Lorsque je me suis lancé dans la photographie de mariage, je l’ai fait pour exercer ma passion, la photographie, dans un contexte qui me passionnait tout autant. Et je me suis rapidement aperçu que la prise de vue n’est qu’un aspect parmi beaucoup d’autres de cette activité.

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Le savoir-faire

C’est la base du métier : savoir faire des photos. Il y a un petit bagage technique et l’expérience des mariages qui participent à la construction de ce savoir faire. Cela constitue mon principal capital dans ce métier, et pour continuer à le faire progresser :

  • continuer à pratiquer la photographie en dehors des mariages : des portraits, des paysages, des reportages d’événements sportifs, de manifestations . Cela me permet de continuer à développer des techniques utilisées moins fréquemment lors de mariages, de garder un œil formé à ces styles.
  • pratiquer la photographie argentique, et le développement argentique noir et blanc : cela m’aide à mieux appréhender la lumière, les contrastes, et à toujours penser tirage, être conscient que la finalité n’est pas qu’un affichage sur écran d’ordinateur, mais aussi un tirage ou un livre grand format.
  • les échanges avec les photographes : je fais partie de 2 photoclubs, et échange sur des forums spécialisés. Ainsi, je soumet à la critique d’œils experts l’ensemble de mes clichés. Les critiques sont souvent justes, et ne tolèrent pas l’à peu prés. Les pairs proposent aussi des solutions pour perfectionner l’image, et je commente les leurs à mon tour. Cela m’oblige à comprendre pourquoi une photo me plait ou non et comment construire une image qui me corresponde. Depuis mes débuts, j’ai compris par exemple que le secret d’une photo réussie réside en grande partie dans le rapport qu’a le photographe avec ce qu’il photographie. S’il a photographié un sujet qui le prend aux tripes, quelle que soit la qualité technique, il y a des chances que la photo soit intéressante. En revanche une photo anecdotique, même léchée au niveau technique, ne sera qu’un bel objet sans grand intérêt. Ces échanges avec les photographes permettent de ne pas sombrer dans la facilité en nous remettant perpétuellement en question.
  • construire une culture photographique : livres, expositions, sites internet, émissions radiophoniques … je m’intéresse à tous ces supports, pour connaitre les œuvres des grands maitres, les nouvelles écoles, prendre conscience de tous les chemins explorés par l’ensemble des artistes, voir l’importance de la qualité des tirages … c’est en grandissant que cette culture apporte un œil nouveau, du recul, sur mon propre travail.
  • la culture « photographie de mariage » : les échanges entre collègues, et l’exploration du web pour trouver tout ce qui se fait en France, aux US et ailleurs, découvrir de nouveaux styles, de nouvelles inspiration. Cela m’a permis d’explorer de nouvelles idées de poses par exemple. Et dés que je m’aperçois que je risque de répéter les mêmes photos, je remet l’accent sur cet aspect pour renouveler mes inspirations.

Mais finalement tout ceci se fait assez naturellement en vivant ma passion.

Le faire-savoir

C’est la première étape : avant de pouvoir rencontrer des futurs mariés, il faut que ceux-ci sachent que j’existe, et aient une bonne idée de mon travail.
Le plus efficace est le bouche à oreille, et les réseaux. D’où l’attention que je porte à la qualité de chacune de mes prestations et à chaque détail, car je sais que c’est ma vitrine.Une autre piste, se faire connaitre sur internet : c’est un travail très long,  et dont l’efficacité reste incertaine et variable.Voici comment cela se passe pour moi :

  • créer une offre de service, identifier les formules et tarifs .
  • créer un site internet à la fois sobre et complet : voilà qui demande à développer des compétences sans rapport avec la photographie.
  • mettre à jour le site : par exemple, écrire un article comme celui-ci, ou alors présenter des photos récentes.
  • travailler sur le référencement : voilà sans doute l’activité la plus complexe et incertaine. Il faut que les futurs mariés puissent trouver le site, en passant par Google par exemple. Et se retrouver dans les premières pages Google reste complexe, incertain ( les algorithmes Google changent en permanence, donc les « recettes » peuvent marcher, puis soudainement plus du tout), très long, et surtout un travail de tous les jours. Par exemple, je ne m’en suis pas occupé pendant environ une semaine, j’ai perdu 5 places  Et je ne suis pas sûr de réussir à les regagner un jour.

Sans doute la partie complétement immergée de l’iceberg qui me prend le plus de temps : l’intérêt réside en la découverte d’un domaine nouveau pour moi.

Le premier contact

Une fois que je sais faire des photos, et que des futurs mariés savent que je sais faire des photos qui leur plaisent, nous allons nous rencontrer   C’est pour moi un des aspects les plus intéressant du métier : rencontrer de nouveaux couples, établir le contact, découvrir à chaque fois de nouveaux projets, et de nouvelles personnalités. C’est très enrichissant pour moi, et c’est le moment où je commence à m’investir personnellement dans le projet du couple :  je disais plus haut que les photos ne sont que de beaux objets si le photographe n’y met pas ses tripes, et dans mon cas, c’est là que je commence déjà à m’investir dans les photos du jour J.Je présente mon travail, avec la plus grande transparence, et nous discutons de l’organisation de la journée.Lorsque le couple me fait confiance, nous nous revoyons pour finaliser les derniers détails.

La logistique

Il faut préparer, entretenir et acheter tout ce qui est matériel et logistique.Il faut au moins 2 appareils photos, des objectifs, un flash, des batteries de rechanges, des cartes mémoires, un ordinateur pour vider les cartes mémoires, et les sacs et étuis.Je prépare aussi des accessoires pour les photos posées ( parapluie, bulles, chapeaux, bâches, escabeau…), ou le photobooth ( pied et parapluie pour flash de studio, accessoires de déguisement…).Puis, checklist pour ne rien oublier avant le jour J.Il y a aussi tout l’aspect administratif : déclaration du statut, la dimension fiscale, l’établissement des contrats en vérifiant la conformité juridique.  Voilà un aspect de l’activité qui n’est pas forcément complexe, mais comme il requiert des compétences que je n’avais pas du tout initialement, cela m’a demandé de surmonter certaines difficultés.

Le jour J

Selon la formule et les choix des mariés, je reste toute la journée, ou pas.Là, je suis dans mon élément : la prise de vue.Toutes les étapes décrites précédemment m’ont permis d’y arriver.Reste à vivre pleinement l’événement, s’enrichir du contact des convives, mettre en œuvre le savoir-faire au service des mariés,  et capturer ce qui se présente,  s’imprégner de l’ambiance pour mieux la capturer.

La post-production

Le mariage est passé. A peine remis des émotions, vient l’heure difficile du tri.Plus de 2000 photos, je vais en retenir 250 ou 300 dans une première sélection, autant dans une seconde (il s’agit là d’ordre de grandeurs, c’est très variable selon les mariages). Je fais une première passe : il en reste 1200. Après encore 4 ou 5 passes, j’ai une première sélection de 250 photos, et 300 autres dans un « 2nd choix ».Il s’est déjà passé plusieurs heures pour arriver à cette sélection : je vais maintenant les optimiser une par une . Choisir de la sortir en Noir&Blanc ou couleur, m’assurer que la balance des blancs est correcte, régler exposition, contraste, clarté, et colorimétrie pour qu’au final la photo soit telle que je l’avais imaginée.C’est une phase déterminante pour le résultat final.Je soumet mes photos à mes pairs photographes pour avoir leurs avis, et je change ma sélection ou mes réglages selon les remarques auxquelles j’adhère.Ensuite je produis les autres supports : DVD, livre, galerie Web….Une fois que  je suis prêt à fournir le résultat, je recontacte les mariés…

La conclusion

J’avais déjà envoyé le lien de la galerie web par email, mais maintenant j’emmène livres et DVDs. C’est là un moment important pour moi, car c’est quand même là l’heure de vérité sur le résultat final, et jusques là j’ai toujours eu la chance d’avoir face à moi des mariés très heureux : c’est l’aboutissement de tout ce travail, et c’est pour y arriver  que tout ce qui a été dit précédemment a été fait.

En effet,  prendre des photos n’est finalement que la partie visible du travail de photographe de mariage, derrière cela se cache une gestion de petite entreprise : pour celles et ceux qui souhaitent se lancer, il faut en prendre conscience,  se préparer à s’investir sur tous les aspects, négliger l’un d’eux fragiliserai l’édifice. C’est aussi ce qui fait la richesse de cette activité !

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