Quelle est cette police qui tire par derrière et qui matraque des filles au sol?

La lecture de l'article de Pascale Pascariello donne la nausée. Les faits rapportés font penser à tout sauf à une police républicaine. Mais qui croit encore à la police républicaine?

La lecture de l'article de Pascale Pascariello dans l'édition de ce jour donne la nausée. Les faits rapportés font penser à tout sauf à une police républicaine. Mais qui croit encore à la police républicaine? Les bavures et les signalements rapportés par les manifestants et David Dufrenes ces derniers mois sont sans appel. Notre police n'est plus une police mais une milice en ordre de bataille pour sauvergarder ce qui reste d'autoritarisme et de privilèges.

La légitimité du pouvoir étant réduite à néant, il faut donc bien maintenir cet ordre (ou desordre) social et politique aussi longtemps que possible. Et les moyens sont tout trouvés. LBD et grenades de desencerclement pour dissuader de manifester. Et quand on voit les dégâts causés par ces armes aussi dangereuses que disproportionnées, on comprend pourquoi le mouvement contestaire des gilets jaunes ne manifeste plus. Et pour les plus téméraires, ce sera des comparutions immédiates qui joueront le rôle de dissuasion nécessaire. Ces comparutions immédiates s'étant soldées pour beaucoup d'entre elles par des peines de prison que même des trafiquants de stupéfiants ne craignent pas.

Tirer une balle de LBD par derrière ou matraquer une fille à terre, je croyais ça possible en Egypte, en Chine ou en Russie. Il faut croire que non visiblement puisque depuis les récentes manifestations, nous n'avons jamais atteint un tel niveau de violence policière contre la population. Il faut officier décidemment à BFMTV ou au Figaro pour faire une autre analyse. En même temps, quand on travaille dans les bureaux feutrés de médias complaisants comme ces derniers avec la condition sociale qui va avec, a-t-on besoin de manifester son mécontentement tous les samedis? La réponse tombe sous le sens d'où la déconnexion entre ces éditorialistes version BCBG et le peuple à l'agonie sociale et démocratique. Une chose est sûre, ce déferlement de violence policière jamais vu depuis de longues décennies a fini de ruiner définitivement le crédit sympathie de cette institution en laquelle plus personne n'a confiance. 

Et ce n'est pas la dernière déclaration du secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur qui va réduire le fossé entre la police et le peuple aux féroces aspirations démocratiques. En effet, "ce n'est pas parce qu'une main a été arrachée ou un oeil eborgné que la violence de la police est illégale" selon les termes de monsieur Nunez. Comprenne qui voudra.

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