La liste s'allonge mais rien ne change

La liste  s'allonge, nous dit-on, mais les sanctions, verbalisations et gardes à vue se font toujours attendre.

La liste  s'allonge, nous dit-on, mais les sanctions, verbalisations et gardes à vue se font toujours attendre.

On pourra commenter, analyser et tergiverser à souhait mais cette séquence sur les restaurants clandestins est absolument désastreuse dans l'opinion publique. Ça n'a l'air de rien et pourtant ces restaurants réservés à la haute bourgeoisie defrayent la chronique et exacerbent la colère noire du peuple qui a vu en une année l'essentiel de ses libertés réduites à néant. On lit dans l'article de Mediapart des menus à 180 euros pouvant aller jusqu'à 500 euros pendant que des étudiants n'arrivent même plus à s'alimenter.

Le bon sens ne parvient même plus à résonner cette élite, ni même à la convaincre qu'un peu de décence en ces temps de vaches maigres serait salutaire et même d'une évidente nécessité pour éviter un soulèvement populaire. "Que nenni! Au dessus des lois un jour au dessus des lois toujours. Les classes populaires sont trop occupées à trouver leur subsistance pour chercher à savoir ce qui se passe dans les appartements parisiens à l'ambiance feutrée et à l'abri des tourments que traversent les infirmières, les livreurs les chauffeurs et tous ces professions laborieuses". C'est visiblement ce qu'ont pu se dire les personnes qui se sont rendus au Palais Vivienne sans aucune précaution.

Le sentiment d'impunité atteint des sommets en France et voir des restaurateurs officier au vu et su de tous sans être réellement inquiétés par la justice ni par la police conforte ainsi tous les partisans d'une révolution qui balaierait tout sur son passage car le sentiment d'impunité, faut-il le rappeler, crée le sentiment d'injustice. Ce dernier a dépassé le seuil de tolérance acceptable.

Lorsqu'une caste gouverne en pensant chaque jour à précariser davantage les chômeurs, les retraités, les malades et les travailleurs pauvres, c'est que nous ne sommes décidément plus en démocratie mais bien face à un système oligarchique.

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