Stop à la répression syndicale à la RATP

La RATP s'attaque frontalement à deux élus syndicaux du centre bus de la Croix Nivert. Cemil Kaygisiz et Michael Libouton sont convoqués en conseil disciplinaire le 19 juin prochain pour harcèlement à l'encontre de l'équipe RH du centre. Une belle façon d'inverser les rôles selon les intéressés.

La RATP s'attaque frontalement à deux élus syndicaux du centre bus de la Croix Nivert. Cemil Kaygisiz et Michael Libouton sont convoqués en conseil disciplinaire le 19 juin prochain pour harcèlement à l'encontre de l'équipe RH du centre. Une belle façon d'inverser les rôles selon les intéressés.

Voilà deux élus refusant de marcher au diapason d'une direction locale qui risquent de payer leur contestation au prix fort. Les élus incriminés ont ainsi tenu tête aux dirigeants de ce centre pour faire respecter scrupuleusement la réglementation, le code du travail, les cycles et denoncer les dérives et le harcèlement managérial qui met les agents sous une pression inquiétante. Derrière les accusations d'harcèlement moral invoquées par l'entreprise se cachent donc sans doute plus une rigueur militante et un combat syndical sans concession qui refuse la connivence et le copinage avec l'équipe dirigeante. Il serait donc plus juste de dire que ces deux hommes menacés de se retrouver au chômage ont fait correctement leur travail de syndicaliste comme il y en a de moins en moins dans notre pays.

Alors face à cette atteinte grave au syndicalisme qui reste, quoi qu'on en pense, un des derniers remparts contre la dérive ultra-libérale de l'économie contemporaine, c'est la disparition pure et simple du syndicat de contestation qui est menacée. La direction de la RATP s'accommode en effet davantage des syndicalistes dits "réformistes", c'est-à-dire peu virulents qui placent la défense des salariés bien loin derrière leur plan de carrière personnel. Rendons hommage à ces deux hommes qui se battent au quotidien pour les agents, pour le maintien des acquis et pour le progrès social.

Alors que le mal-être et la souffrance au travail deviennent des enjeux de santé publique majeur, la direction de la RATP fait donc délibérément le choix d'aggraver les tensions avec les partenaires sociaux qui refusent le management par la pression et la logique productiviste poussée à son paroxysme.

En plein procès de France Télécom, il est pourtant indispensable d'apaiser le climat social particulièrement délétère au sein de la RATP alors que celle-ci n'est pas à l'abri des turbulences qui ont secoué l'opérateur téléphonique et qui ebranlent aujourd'hui la SNCF frappée par une vague de suicides sans précédent. Licencier des syndicalistes qui font honneur à leur mandat, c'est mettre en place un climat anxiogène où chaque agent finit par accepter l'idée d'une dilution de ses droits et de ses conditions de travail. Est-ce une stratégie de gestion des ressources humaines pour mieux preparer l'arrivée de la concurrence prévue en 2024?

Si tel est le cas, on peut légitimement s'inquiéter pour la suite des événements à venir dans un environnement où les acquis sociaux et les libertés fondamentales reculent inexorablement sous le regard impuissant des salariés.

 

PS : signez et diffusez au maximum svp la pétition en soutien à nos collègues qui risquent la révocation.

https://solidarite-cgt-cemil-michael.fr

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