Pour que la politique ne soit plus un moyen de s'enrichir

Il faut désormais apprendre à vivre avec cette contestation populaire d'un nouveau genre qui parie sur l'usure du gouvernement et du pouvoir politique en général tel qu'il est pratiqué depuis des décennies.

Il faut désormais apprendre à vivre avec cette contestation populaire d'un nouveau genre qui parie sur l'usure du gouvernement et du pouvoir politique en général tel qu'il est pratiqué depuis des décennies.

Plus que la hausse du pouvoir d'achat, c'est la politique telle qu'elle est pratiquée par les élus qui est décriée. La politique est devenue le moyen de s'enrichir au mépris des règles déontologiques les plus élémentaires. Les conflits d'intérêts, l'utilisation abusive et éhontée de la réserve parlementaire, le contournement de la loi sur la moralisation de la vie politique sont monnaie courante.

Les cas Fillon et Cahuzac ne sont que l'arbre qui cache la forêt car la majorité des députés usent et abusent de ce système offrant passe-droits, privilèges et émoluments en pagaille. Des émoluments totalement indécents quand on sait que le salaire de bon nombre de travailleurs, ouvriers, artisans en France ne dépasse pas les 1500 euros par mois. Est-il normal qu'un député perçoive un salaire de 7200 euros par mois complété par une réserve parlementaire de 5000 euros? A-t-on besoin d'un tel salaire pour exercer son travail de député? La question se pose légitimement en situation de crise économique et sociale où l'argent manque dans toutes les caisses (retraite, chômage, sécurité sociale).

La politique n'est plus le moyen de servir mais de se servir à l'envie. Manœuvres, machiavélisme, trahisons, compromissions sont les seuls mots d'ordre pour "réussir" en politique si tant est qu'on puisse appeler cela une réussite. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le patrimoine des élus qui pour la plupart est là aussi en totale déconnexion avec le commun des mortels qui se lève à cinq heures du matin pour travailler de longues heures moyennant une rémunération qui tiendra péniblement les deux premières semaines du mois.

Il est donc grand temps que la politique redevienne cet outil noble et honorable sans qu'il soit nécessaire de rétribuer ceux qui la portent. En attendant le palais Bourbon continue d'engloutir les derniers deniers publics sans se soucier du triste sort des Francais qui travaillent dur pour que, ne l'oublions pas, ces élus de la rue Vaugirard se pavanent dans une opulence totalement scandaleuse.

Les gilets jaunes sont du bon côté de l'histoire et les manuels scolaires retiendront de ce mouvement des hommes et des femmes que la république à éborgnés, mutilés et sacrifiés pour pérenniser les privilèges d'une caste qui a déjà tout.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.