Le droit de grève menacé par une nouvelle loi visant à garantir le service minimum

Le droit de grève est toujours sous la menace des politiques rétrogrades qui oeuvrent chaque jour pour la destruction du pacte social et aujourd'hui plus que jamais.

Le droit de grève est toujours sous la menace des politiques rétrogrades qui oeuvrent chaque jour pour la destruction du pacte social et aujourd'hui plus que jamais.

Le succès de la grève à la RATP a réduit la couverture de service à une peau de chagrin. Le taux de gréviste frôle les 100% chez les conducteurs de métro et RER et à atteint des niveaux considérables dans le département bus. Le service minimum est donc resté un concept bien abstrait ce vendredi 13 septembre ce qui a donné des idées funèbres à madame Pécresse au micro d'Europe1. Elle préconise en effet de muscler la loi sur le service minimum.

Comprenne qui voudra mais renforcer le service minimum renvoie forcément à l'idée de contraindre encore davantage le droit de grève. Ce droit de grève qui a été quasiment muselé par la déclaration d'intention individuelle obligatoire votée sous Nicolas Sarkozy. On comprend donc en filigrane comme dans le milieu de la santé qu'il est question de réquisitionner le personnel RATP pour faire rouler les métros bus tramways et RER.

Madame Pécresse, on le sait, compte parmi les soutiens de la politique économique du gouvernement qui supprime d'un trait de plume toutes les conquêtes sociales une à une. Une telle mesure serait une rétrogradation sociale majeure si celle-ci venait à apparaître dans l'agenda législatif du gouvernement. La journée du 13 septembre a peut-être donné le La de la contestation sociale pour cette rentrée qui s'annonçait déjà explosive. Un encadrement supplémentaire du droit de grève pour rendre effectif le service minimum serait à rajouter au passif du bilan d'un gouvernement déjà bien entaché par des résultats économiques calamiteux et une répression policière dénoncée par plusieurs instances internationales.

La dérive autoritaire du macronisme n'est donc plus un mythe que l'on fantasmerait du fond de son salon mais bien une réalité qui augure d'une année encore très éprouvante pour les classes laborieuses qui ne voient décidément plus le bout du tunnel.

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