Peut-on faire confiance au cabinet Occurence pour le comptage des manifestants?

Peut-on faire confiance au cabinet Occurrence? La question se pose légitimement puisque les chiffres annoncés par ce cabinet depuis le début des manifestations contre le projet de réforme des retraites donnent une vision biaisée et sans doute délibérément déformée de la réalité.

Peut-on faire confiance au cabinet Occurrence? La question se pose légitimement puisque les chiffres annoncés par ce cabinet depuis le début des manifestations contre le projet de réforme des retraites donnent une vision biaisée et sans doute délibérément déformée de la réalité.

Ceux qui osent battre le pavé chaque jour de grande mobilisation sont pour le moins circonspects à chaque fois qu'ils découvrent les chiffres avancés par cet organisme dit indépendant. La manifestation d'hier aurait rassemblé 28000 personnes à Paris alors que ni les images ni les témoignages des manifestants ne corroborent ce chiffre. Le cortège étalé sur plusieurs kilomètres de long fait penser au quadruple si ce n'est plus. Mais les chiffres calculées à l'aide de technologies très avancées rendraient-ils impossible la contestation des résultats livrés par ce cabinet? Certainement pas.

D'autant que le cabinet n'est peut-être pas le cabinet si indépendant qu'on veut bien le dire. Le vice-président de la Manif pour Tous, Albéric Dumont a lui-même accusé ce cabinet d'entretenir des liens avec LREM. L'enquête de Franceinfo laisse perplexe et ne permet pas de se faire une opinion claire. Le doute est en tout  cas permis. Toujours est-il que le nombre de manifestants avancés par cet organisme mandaté par plusieurs médias mainstream ne convainc pas. Les manifestations se succèdent pour dénoncer ce hold up social du gouvernement et les rues sont noires de monde alors que ce cabinet chargé de faire la transparence sur l'ampleur des mobilisations éveille de sérieux doutes sur la crédibilité du comptage des manifestants. 

La manifestation du 9 janvier avait réussi à massifier la mobilisation à tel point que la police a été totalement débordée par le nombre de manifestants. Cela n'a pourtant pas empêché Occurence de parler de seulement 44000 personnes. Les images de cortèges sans fin et même de violences policières qui sont allées bien au-delà de l'hexagone viennent ainsi appuyer l'idée que le peuple s'est bien approprié la rue. La CGT a annoncé, elle, plus de 150000 personnes dans les rues d'où le fossé abyssal entre ceux donnés par l'organisation syndicale et ce cabinet dépeint comme indépendant.

Une indépendance qui peine à convaincre car depuis le 5 décembre, la mobilisation de faiblit pas et l'institution policière paraît bien démunie face à ce mouvement qui n'en finit plus.

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