Pôle Emploi propose à une femme un poste d'employée d'accueil dans un hammam libertin

Dans ce marché du travail si "dynamique", une femme de 42 ans, mère d'une petite fille que nous appellerons Henda C. s'est vue proposer de la part de Pôle Emploi un poste d'employée d'accueil dans un hammam libertin.

La ministre du Travail, Muriel Penicaud disait au micro de France Inter il y a quelques jours seulement que le marché de l'emploi est dynamique. Appelée à la rescousse pour nous vendre la réforme de l'assurance-chômage, elle nous a expliqué que des centaines de milliers de postes étaient vacants et qu'il fallait absolument que ces emplois trouvent preneurs.

Dans ce marché du travail si "dynamique", une femme de 42 ans, mère d'une petite fille que nous appellerons Henda C. s'est vue proposer de la part de Pôle Emploi un poste d'employée d'accueil dans un hammam libertin. C'est ce que nous raconte le très sérieux Parisien dans son édition du 18 novembre. Voilà le marché du travail  si dynamique que nous vante la ministre du Travail. Une affaire qui tourne! 

Instrumentaliser la précarité des femmes pour les pousser dans les bras d'hommes pas forcément bien intentionnés, c'est peut-être la nouvelle recette pour se débarrasser des chômeuses bientôt en fin de droits. Et pourquoi pas à la prochaine étape voir Pôle Emploi proposer des postes de péripatéticiennes payées à la commission car dans le monde de Macron tout est possible...surtout le pire.

Mais ce qui interpelle est de voir que Pôle Emploi a accepté d'héberger sur son site une offre d'emploi aussi indigne que surréaliste pour une institution censée faciliter la recontre entre les offres et les demandeurs d'emploi? Est-il si urgent de "dégager" un maximum de monde de l'assurance-chômage au point de faire des propositions indécentes à des femmes en situation de fragilité sociale? Il faut croire que oui car les économies n'attendent pas.

Le marché du travail n'est pour tout dire ni dynamique ni prometteur mais en pleine déliquescence de par la précarité des salaires et des conditions de travail proposées. Et ce fait divers risque bien de ne plus être un fait divers si nous laissons faire ce pouvoir le plus décrié de la cinquième république.

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