Entre la révolution et la CAN, les Algériens ont choisi la CAN

L'Algérie, l'Algérie et encore l'Algérie. Il y aurait beaucoup à dire sur cette compétition dont les rumeurs les plus sulfureuses vont bon train.

L'Algérie, l'Algérie et encore l'Algérie. Il y aurait beaucoup à dire sur cette compétition dont les rumeurs les plus sulfureuses vont bon train.

Vu le contexte explosif qui secouait ce pays juste avant l'ouverture de cette manifestation sportive, les supputations accusant le régime algérien d'avoir acheté la coupe d'Afrique pour calmer les ardeurs révolutionnaires du peuple algérien semblent tout à fait plausibles. D'ailleurs, les Algériens ont bien arrêté de défiler à Alger et dans les rues de Paris dès le début de cette CAN. Pourtant leurs revendications restent toujours lettres mortes.

Toujours pas de pouvoir civil, des élections présidentielles remises aux calendes grecques et un pouvoir qui continue d'accaparer les richesses sans mettre en place le début du commencement d'un semblant d'une juste répartition de celles-ci. Le bilan de ces manifestations demeure donc bien maigre quand on sait que le peuple algérien a fait vaciller un temps l'armée et ses généraux qui règnent en maître dans ce pays.

Les Algériens sont plus obnubilés par leur équipe nationale sans vraiment comprendre la tentative de diversion magistralement réussie pour mettre un terme définitif à ces manifestations répétées et devenues ingérables aussi bien en Algérie qu'en France. Chaque match de l'équipe d'Algérie a été rythmé par des scènes de liesse, des festivités allant jusqu'à l'hystérie.

Ces mêmes personnes qui dénoncent vigoureusement la mondialisation et ses ravages ne voient malheureusement pas que l'intérêt démesuré porté à un tel événement encourage et renforce ce phénomène qui appauvrit, exclut et tue par certains endroits. Rappelons que la FIFA est l'institution la plus corrompue au monde. Alors acheter un trophée pour le monnayer ensuite contre la paix civile, un scénario très loin de la fiction.

On comprendrait cette ferveur populaire si l'armée annonçait l'avènement d'une nouvelle ère démocratique en renonçant à tous les leviers du pouvoir politique et économique face à l'intransigeance des manifestants, mais une Coupe d'Afrique "gagnée" de surcroît selon des procédés qui nourrissent de serieux doutes...

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