Des restaurants restent ouverts malgré l'interdiction et accueillent des politiques

La Parisien nous apprend dans son édition du que plusieurs restaurants parisiens sont toujours ouverts malgré l'interdiction administrative imposée par le gouvernement à tous les restaurants sur le territoire national.

Le Parisien nous apprend dans son édition du 24 janvier que plusieurs restaurants parisiens sont toujours ouverts malgré l'interdiction administrative imposée par le gouvernement à tous les restaurants sur le territoire national.

On avait la médecine à deux vitesses, la justice à deux vitesses. Nous voilà maintenant face aux interdictions à deux vitesses. Certains restaurants situés par exemple au VIeme arrondissement de Paris continuent en effet de travailler clandestinement. Que les restaurateurs continuent de travailler malgré l'interdiction, qui pour le leur reprocher? Les aides accordées par l'État sont ridicules et la banqueroute menace beaucoup d'établissement de mettre la clé sous le porte. Sauf que Le Parisien nous apprend que certains de ces restaurants accueillent des magistrats et des policiers et des politiques.

C'est sûr qu'avec des professions dont le souci est de faire respecter la loi partout et pour tous, et qui ne la respectent pas eux-mêmes, ça pose un problème. C'est le très regretté Rudy Noël qui doit se retourner dans sa tombe en apprenant de là où il se trouve que des restaurants ont carte blanche pour accueillir des clients. Rudy Noël, c'est un cafetier des Vosges qui s'est donné la mort il y a quelques jours parce qu'il ne supportait plus la fermeture de son établissement. Combien de restaurateurs, de gérants de bars ou de cafés sont aujourd'hui dans l'impossibilité de travailler parce qu'ils ne connaissent pas le député ami du président ou le magistrat qui a suffisamment de pouvoirs pour suspendre une fermture, ou le fonctionnaire de police complaisant?

L'acceptabilité de toutes ces restrictions sanitaires arrive à son seuil critique et apprendre que certains lieux de sociabilisation peuvent ouvrir clandestinement parce qu'ils connaissent une personne dépositaire de la force publique ou détenteur d'un pouvoir judicaire en dit long sur le caractère profondément discriminatoire de ces restrictions sanitaires. Du sommet de l'Etat au fonctionnaire chargé d'appliquer la loi sur le terrain, rien ne plaide pour la confiance en nos institutions politiques, judiciaires ou policières.

À l'approche d'un prochain confinement imminent, il y a fort à parier qu'il sera parsemé d'embûches, de troubles et peut-être d'émeutes car lorsqu'on n'est pas exemplaire, on ne peut pas l'exiger des autres.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.