Jean-Pierre Elkabbach ou le niveau zéro du journalisme

Les conversations téléphoniques entre Jean-Pierre Elkabbach et Brice Hortefeux révélées par Mediapart sont édifiantes et c'est peu de le dire. Ça c'est de l'interview bas de gamme!

Les conversations téléphoniques entre Jean-Pierre Elkabbach et Brice Hortefeux révélées par Mediapart sont édifiantes et c'est peu de le dire. Ça c'est de l'interview bas de gamme! Un journaliste qui s'assoit généreusement sur la déontologie de son propre métier et un politique véreux dont la culpabilité dans plusieurs affaires de financements occultes finira bien par être démontrée.

Mettre au grand jour des conversations qui ressemblent plus à des séances de conseils en communication va faire très mal à Europe 1. L'article ne dit pas si les autres journalistes de cette chaîne de radio sont aussi complaisants avec les invités politiques qu'ils reçoivent mais ces appels téléphoniques ont au moins le mérite de ne plus accorder la moindre crédibilité des interviews politiques menées sur cette chaîne.

En tout cas on découvre un Jean-Pierre Elkabbach déroutant et dégoûtant de complicité et de compromissions vis-à-vis de la morale et de la probité journalistique. L'octogénaire piétine la déontologie d'un journalisme qu'il ne respecte visiblement que lorsqu'il reçoit son virement à la fin du mois. L'homme au nombre record d'interviews de présidents de la République officie désormais sur Cnews, une chaîne là aussi loin de redonner au journalisme ses lettres de noblesse. Une trajectoire somme toute complètement logique. 

Heureusement que la révolution numérique a permis de démocratiser l'information car sans elle, nous serions encore abreuvés d'interviews convenues entre gens du même milieu pour mieux entraver la vérité. Une vérité à la portée de tous...ou presque.

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