La CGT traînée aux prud'hommes pour non-respect du droit du travail

Le leader CGT qui défend bec et ongles face cameras le droit du travail ne s'embrasse pas des procédures réglementaires lorsqu'il s'agit de collaborateurs de la confédération syndicale qu'il dirige.

On savait que Philippe Martinez n'était pas très crédible en tant que syndicaliste et il nous en fait encore l'éclatante démonstration aujourd'hui. Le leader CGT qui défend bec et ongles face cameras le droit du travail ne s'embrasse pas des procédures réglementaires lorsqu'il s'agit de collaborateurs de la confédération syndicale qu'il dirige. 


Le chauffeur personnel de Philippe Martinez, fort de 22 ans d'ancienneté, a été licencié sans beaucoup d'égards et surtout dans des conditions qui jettent un sérieux trouble sur le supposé attachement du syndicat au droit du travail actuel. Pas très sérieux pour un syndicat qui s'érige en grand défenseur du code du travail. Ce dernier a en effet été "viré du jour au lendemain, sans préavis, sur la base de lettres de convocation à entretien préalable et de licenciement... antidatées" selon Le Point du 21 mars.

Après l'affaire Lepaon, il risque donc bien d'y avoir une affaire Martinez qui ne fait pas beaucoup de manières avec les règles afférentes au droit du travail. On a envie de dire que la crédibilité du syndicat majoritaire est atteinte mais en réalité, la crédibilité syndicale de l'entité aux couleurs du communisme était déjà bien entamée. La fuite des adhérents, des syndicalistes déconnectés du réel et l'affaire Lepaon ont fini depuis longtemps d'achever la CGT. L'abstention record lors des dernières élections professionnelles en dit long aussi sur le regard que portent les salariés sur le syndicalisme et cette affaire n'est évidemment pas de nature à revigorer son image.

D'ailleurs, on attend toujours les propositions de monsieur Martinez pour moderniser la lutte sociale face à l'ultraliberalisme destructeur. Car à part demander aux salariés de perdre de l'argent sur leur feuille de paye déjà bien maigre en arrêtant le travail, l'organisation syndicale peine à accoucher de propositions novatrices pour moderniser le dialogue social.

On peut tout reprocher à Emmanuel Macron sauf d'avoir marginaliser Philippe Martinez dans le dialogue social. Un dialogue social que le leader syndical a décidemment bien du mal à tenir avec honneur et grandeur.

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