La responsabilité de Mohammed Ben Salmane établie dans le crime de Khashoggi

On sait désormais avec certitude que Mohammed Ben Salmane (MBS) est à l'initiative de l'assassinat de Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie Saoudite situé à Istanbul. Le doute était déjà très ténu quant à la responsabilité du prince héritier dans le meurtre de l'intellectuel dissident saoudien.

On sait désormais avec certitude que Mohammed Ben Salmane (MBS) est à l'initiative de l'assassinat de Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie Saoudite situé à Istanbul. Le doute était déjà très ténu quant à la responsabilité du prince héritier dans le meurtre de l'intellectuel dissident saoudien. Le rapport de la CIA sur le rôle de MBS dans le crime de Jamal Kashooggi a été rendu public et plus personne ne peut désormais supputer que MBS est étranger à cette macabre expédition.

MBS sera-t-il encore reçu à l'Élysée sous les ors de la République par Emmanuel Macron? Nous savons que les contrats d'armement sont choyés par le président français. Les armes françaises tuent des civils par centaines de milliers dans le monde entier et plus particulièrement au Yemen mais il faut dire que ce commerce de la mort rapporte gros et est "générateur d'emplois", nous dit-on. Notre président qui fait mine de défendre la liberté d'expression en France n'a visiblement pas beaucoup d'états d'âme à poursuivre les relations commerciales avec le Royaume saoudien qui porte officiellement la responsabilité de la mort atroce du journaliste critique saoudien.

Nous vivons des heures sombres qui sonnent comme le prélude du délabrement moral et éthique de notre société. "L'argent n'a pas d'odeur", c'est en résumé l'état d'esprit de nos gouvernants pour continuer cette connivence avec l'une des pires dictatures de ce monde. L'Arabie Saoudite, l'Égypte et bien d'autres pays loin d'être des démocraties utilisent des armes françaises pour éradiquer toute forme d'opposition politique lorsque ce n'est pas simplement pour exterminer des peuples. Comment être fier de son pays quand on sait qu'il participe à des massacres en livrant des stocks d'armes à des despotes dont le seul argument est la kalachnikov? Ce pays, c'est la France qui s'indigne de voir la liberté d'expression entravée par la décapitation d'un professeur et qui ferme les yeux lorsqu'un Royaume dissout un opposant politique dans de l'acide.

Sommes-nous encore la nation des Droits de l'Homme? La question est plutôt de savoir si nous l'avons réellement été un jour...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.