Scandale à la SNCF : la direction décide d'accorder des primes aux non-grévistes

On apprend par Le Parisien que la SNCF va octroyer une prime pouvant aller de 300 à 1500 euros aux cheminots qui ont travaillé pendant la grève. Voilà l'idée macabre du direction de la SNCF dont l'objectif est de récompenser les non grévistes pour leurs bons et loyaux services.

On apprend par Le Parisien que la SNCF va octroyer une prime pouvant aller de 300 à 1500 euros aux cheminots qui ont travaillé pendant la grève. Voilà l'idée macabre de la direction de la SNCF dont l'objectif est de récompenser les non grévistes pour leurs "bons et loyaux services".

Alors que la SNCF accuse des pertes considérables, environ 850 millions d'euros, liées au mouvement social le plus long de la 5ème république, la compagnie ferroviaire est déjà écrasée par une dette de 50 milliards d'euros. Mais on trouve miraculeusement dans les fonds de tiroir suffisamment d'argent pour rétribuer les non-grevistes. Une gestion financière de l'entreprise pour le moins curieuse et surtout un management aux abois sans aucun sens de la cohésion interne d'entreprise.

La conduite du dialogue social avec les partenaires sociaux lors des séances au sein des instances représentatives risque d'être mouvementée et on comprend pourquoi. Alors que les feuilles de paie des grévistes commencent à tomber affichant des montants proches du néant, on surémunère les non grévistes pour avoir cassé la grève des cheminots qui se sont mobilisés. Comment imaginer un pilotage aussi calamiteux d'une entreprise alors que l'apaisement devrait être la seule et unique préoccupation de ceux qui ont en charge la gestion des ressources humaines? Il n'en fallait en tout cas pas plus pour enfoncer dans les bas-fonds du désespoir le moral des cheminots grévistes car le mépris qui leur est exprimé par une telle mesure dépasse de très loin les limites de l'acceptable.

On se souvient de l'initiative du centre SNCF d'Asnières en octobre 2018 qui avait mis à la disposition de ses agents "méritants" une salle de détente équipée d'un fauteuil molletonné et d'un canapé rouge. Celle-ci avait alors provoqué un tollé dénoncé par la maison mère elle-même.

Le management par l'abaissement et l'aliénation sont visiblement des méthodes largement partagées au sein de l'opérateur public de transport. Une mesure honteuse qui devrait susciter l'indignation de tous surtout à un moment où le vivre-ensemble au travail doit être le souci permanent de tout dirigeant(e) d'entreprise. Une préoccupation décidément bien loin de cette direction qui entend traiter son personnel avec un dédain qui n'a d'égal que sa désinvolture.

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