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"je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai" (Boris Vian)
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Billet de blog 28 nov. 2022

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"je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai" (Boris Vian)
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POURQUOI CE SYSTEME SE PERPETUERA encore, ….un peu !

On peut faire tous des constats, énoncer des faits qui illustrent, avoir la conviction qu'il faut changer ce système mortifère qui n'interfère pas seulement sur nos vies personnelles, mais impacte la survie même de l'espèce humaine en détériorant ses besoins essentiels et l'équilibre naturel.

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"je ne veux pas gagner ma vie, je l'ai" (Boris Vian)
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

On sait tout autant que pour faire évoluer, changer, imposer d'autres voies, cela passe par le rapport de force avec ce qui est installé, ce qui impose, dirige. Cela passe aussi bien par toutes les initiatives locales (économie, liens, savoirs-faire) qu'au niveau d'un Etat et de ceux qui « gouvernent ».

Si les changements, les « transitions » sont en cours dans toutes les régions, les blocages viennent bien des « lois » nationales en principe débattues, enrichies, adaptées par les délégués-députés à l'Assemblée Nationale, au Sénat, qui composent le Parlement, instance décisionnelle. Mais quand l'Assemblée Nationale ne fonctionne plus par le recours permanent (le 6ème depuis septembre) au processus 49.3 à savoir décision par le seul Président et sa représentante, la première ministre, sans débat et sans vote des délégués-députés, alors il faut bien construire d'autres rapports de force.

Les jeunes activistes, qui ont intégré l'urgence et leur avenir, n'hésitent plus à passer par des voies d'actions plus radicales qui s'attaquent au matériel, aux outils de la destruction, aux symboles de la main-mise « des amis du pouvoir dominant » sur tous les secteurs de nos vies.

Comme tous les phénomènes de changements radicaux, ces actions locales, ciblées doivent pouvoir être épaulées par un groupe représentatif dans les instances (encore) démocratiques, relais indispensable ou alors c'est le chaos (et pour certains, on a des souvenirs de Mai 68 ***et des Gilets Jaunes plus récemment).

Qui dit rapport de force sait aussi que la dissémination, la multiplicité, le carriérisme politique, les fonctionnements égotiques des partis sont les ennemis de la mise en œuvre même d'un rapport de force. Et c'est ainsi que des pouvoirs en place sont reconduits et deviennent des totalitarismes qui se cachent sous des images démocratiques.

On en est là et on en était déjà là de façon compulsive depuis de longues années et avec des présidents différents. Sauf que quand ça fonctionne (au profit d'une caste précise), cela s'accentue et se durcit également par touches successives et une passivité crée par la précarisation, la peur du lendemain.

Quand on fait partie des gens qui ont (encore) des valeurs HUMAINES, le sens du partage, de la justice sociale, du collectif, du service public non-marchand, de ….alors on ne peut qu'être abattu par ce qui se passe et se répète inexorablement au niveau des partis, censés vouloir représenter nos « sensibilités », nos valeurs, les mettre en œuvre par des décisions fortes, une fois ses représentants élus.

Les derniers « échos » et constats de cette année 2022 ne sont aucunement encourageants et mobilisants.

Je ne veux pas et ne vais pas développer ce qui se passe dans les camps traditionalistes, racistes. Comme tous les conservateurs, ils privilégient les intérêts industriels aux enjeux écologiques et sociaux. C'est comme ça depuis ...toujours (déjà sous Reagan en 1984 et Thatcher).Tout le monde a pu voir les glissements successifs vers plus de fermeture, de rejet, de repli sur soi, de réduction des libertés, de répressions violentes et de désintérêt par une abstention massive qu'on ne déplore que un jour ou deux après les élections.

Alors, parlons de la « gauche », ce courant qui se veut porteur de ces valeurs humanistes (qui comprennent les valeurs et combats écologistes ).

Une gauche unie, avec un programme radical de transformation construit sur des bases communes.

C'est probablement le souhait de pas mal de personnes qui croient encore à des changements mis en place sans violences et qui considèrent TOUS les habitants d'un pays, et d'une seule planète.

Malheureusement, cette année 2022 nous a fait espérer un moment et puis, ... (je déteste cette expression, mais elle est négativement parlante et clos tout débat) « le naturel est revenu au galop » !

Un léger retour en arrière sur les faits pour bien comprendre puisque le devoir de mémoire est indispensable pour avancer ….sans reproduire les mêmes erreurs, devrait-on dire.

Sans parler de l'élan collectif dans le contexte des années 80 avec l'élection de Mitterrand (mais aussi son revirement après seulement deux ans de présidence!), restons-en à cette année 2022.

Après cinq ans de poudre aux yeux du roi Macron aux pouvoirs absolus-avec une Assemblée Nationale à sa botte- on pouvait espérer à des frottements de yeux et une autre dynamique pour un changement radical.

Début d'année de tractations entre partis et au final, malgré le souvenir (!) de 2017, chacun part de son côté (pour mesurer son poids électoral et imposer un calcul équilibré de répartition des postes et/ou des candidats-députés-élligibles). Mais la mémoire semble défaillante, les égos étant plus forts, profondément personnels dans un projet carriériste où le collectif n'a plus sa place sauf dans le verbiage pour cacher...

Les intentions de vote donnaient des perspectives abyssales pour certains, mais cela n'entamait en rien leur acharnement à pôle négatif. Hidalgo (PS) était loin de 5%, tout comme Roussel (PC) et l'EELV de Jadot était presque au même niveau. Il n'y avait guère que LFI et son représentant Mélenchon qui passait la barre des 20% (comme en 2017). L'extrême-gauche, NPA (Poutou) et LO (Artaud) frôlaient les 1%.

Il ne faut pas oublier non plus que, dans nos textes législatifs, les partis qui se présentent aux élections ne bénéficient pas du financement public de la campagne s'ils n'atteignent pas 5%.

« L'intelligence » des partis aurait donc du obligatoirement prendre ces éléments en compte et se rassembler pour un représentant unique de la « gauche » progressive. Cela ne se fit pas avec les résultats connus le soir du 10 avril, un coup de pied au cul définitif puisque le scénario de 2017 se rejoua dans la plus grande morosité, une déception brutale quasi définitive pour certains d'entre-nous.

PS Hidalgo 1,75% PCF Roussel 2,28% EELV Jadot 4,63% et LFI Mélenchon 21,95%

(RN La Pen 23,15% LREM Macron 27,85% LR Pécresse 4,78% )

Pas besoin de grandes analyses pour occulter que la multiplicité a mortifié tout changement possible légalement par les élections. L'évidence était grosse...

Financièrement aussi, PS, PC et EELV étaient au plus bas, dans la quasi obligation de se mettre en « liquidation », de vendre leur acquis immobiliers pour rembourser leurs emprunts de campagne.

Et Macron fut reélu.

Restait l'ultime étape de consolidation comme au premier mandat (2017-2022), obtenir la majorité de députés à l'Assemblée Nationale donc à l'élection législative.

La France Insoumise (LFI), mouvement collectif a su intelligemment proposer aux autres partis de se rassembler et proposer des candidats de tous ces partis. Pourtant ces partis, (PS-PC-EELV), quasi morts, avec leur maintien ont empêché le changement, l'élection de celui qui avait le plus de chance et portait leurs valeurs. Là aussi, il faut parler encore financement public des partis. Un député élu, cela fait quelques euros par voix obtenue et donc un apport financier non négligeable payé annuellement par l'Etat au parti pendant toute la législature. D'autre part, un parti qui a plus de 12-15 députés bénéficie d'un financement du groupe et d'autres avantages matériels pendant toute la durée de leur mandat. C'est donc une proposition tout à fait inespérée, généreuse, faite aux partis moribonds. Enfin, unis sous la bannière NUPES (nouvelle union populaire écologiste et sociale), les résultats étaient encourageants.

LFI 75 députés PS 31 EELV 23 PC 22

(ENSEMBLE : Renaissance-Macron 172 Démocrates-Bayrou 48 Horizons-Philippe 30)

(RN-La Pen 89 LR 62)

Le Président Macron n'avait plus la majorité requise de 289 députés à l'Assemblée Nationale, mais il règne pareillement en maître absolu, avec la procédure du 49.3, (utilisé systématiquement déjà 6 fois depuis septembre), dispositif qui permet d'adopter des textes de loi (et les budgets) sans débat, sans vote, avec ainsi un système démocratique constitutionnel qui ne fonctionne plus.

Mais cela n'empêche pas du tout certains partis de gauche de revenir à leurs dérives obsessionnelles : exister et surtout faire vivre leurs délégués élus à tous les niveaux et garder une perspective pour ...la prochaine fois. Ils ont beau parler d'urgence, d'essentiel, de rester unis, mais dans leur fonctionnement on ne voit rien de tout cela.

Cambédalis, ex-secrétaire du PS, veut faire tomber l'actuel secrétaire national, Olivier Faure, « il ne faut pas laisser mélenchoniser la gauche », Jadot (par l'intermédiaire du Congrès de décembre de EELV) aimerait bien propulser Marie Tondelier et surtout pas Sandrine Rousseau. Roussel se la joue solo et reste adepte du nucléaire et emplois avant tout, peu importe l'impact écologiques des entreprises. Ces « macron compatibles » ne sont pas des activistes du changement. Entendre « on va recréer « la fondation d'un grand mouvement de l'écologie politique » en l'appelant Les Ecologistes, on croit du Waechter dans le texte. Il faudrait aussi se culpabiliser et fermer sa...bouche quand on lit une déclaration du type : «  dire du mal d'un écologiste, c'est dire du mal de l'écologie ». Là, on reste sans voix. Et surtout quand s'y ajoute qu'il faut un « réarmement doctrinal », ça frise l'extase !!! Il faudrait oublier Baupin, De Rugy, Hulot Pompili, Cohn-Bendit...Un parti sans mémoire n'a pas d'histoire. J'ai mal à mon ex-parti Les Verts, oublié dans les limbes des ambitions ...sans lendemains.

Ce qui s'est passé avant le 10 avril 2022 avec les résultats que l'on sait m'a dégoûté à tout jamais de cette politique là, de ces jeux de partis qui sont hors sol, n'ont plus de contact avec la vie quotidienne des « gens ».

Les seules alternatives et changements viendront des initiatives locales, de lien social et de la transmission des savoirs-faire. C'est sur les territoires que nous verrons concrètement si l'impact de la transition se démultiplie.

L'avenir n'est pas écrit,

mais l'espoir s'est éloigné du changement par la politique (des partis).

"les chroniques de la montagne" sont sur mon blog perso  http://weisschristian68.blogspot.fr

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*** POUR MEMOIRE :

Le 9 octobre 1967 est exécuté-assassiné Che Guevara. Ce révolutionnaire sud-américain était le symbole de l'opposition à l'impérialisme capitaliste américain. C'était aussi l'époque des manifestations contre la guerre du Vietnam. La théorie du Che était la suivante : «  allumer simultanément plusieurs foyers de rébellion rurale pour créer par l'insurrection, les conditions politiques d'une révolution ».

En 1968, en France, voilà ce qu'on entendait : « on en a marre de la chape de plomb morale qui pèse sur nous, on n'est plus au XIXè siècle ! On veut une nouvelle société qui nous laisse penser par nous-mêmes, aimer qui on veut et faire l'amour librement.... »

La grève générale paralysa le pays, avec moyens de transport bloqués et pénurie de carburant. Les ouvriers réclamaient une augmentation des salaires (ils obtiendront 25% d'augmentation du smic), des conditions de travail décentes et la fin de la tyrannie des petits chefs.

Dans les années 70, Haight-Asbury (quartier hippie de San Francisco-USA) a été le laboratoire du futur. « Nous avons fait bouger le monde. Toutes les idées que nous défendions sont encore d'actualité aujourd'hui : l'écologie, la non-violence, le féminisme, le droits LGBT, le végétarisme, le bio, les philosophies orientales, ...Nous avons tout testé, tout expérimenté, nous avons influencé l'informatique et la psychologie, nous sommes allés parfois trop loin, et parfois nous nous sommes perdus...mais nous avons planté des petites graines qui continuent à pousser. »

En novembre 1974, la ministre de la Santé, Simone Veil a fait voter la loi qui légalise l'avortement après 25 heures de débats houleux.

En 1983, un Big-Mac a remplacé le Golf-Drouot. « Comment pouvait-on servir une saloperie pareille aux jeunes ? On allait en faire des obèses, et le cholestérol, et les pauvres vaches, et l'élevage intensif et bla bla bla... »

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