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Billet de blog 22 janv. 2022

La planification urbaine est-elle synonyme de standardisation ?

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Le phénomène de standardisation a souvent été la marque de fabrique des politiques de l’état en matière d’urbanisme. Une fois une dynamique enclenchée elle est souvent mise en place à grande échelle et ceci au nom du principe d’« égalité des territoires ».Cette planification à l’échelle nationale est garante d’une cohérence territoriale. Cette méthode globale que certains considère trop rigide a des avantages comme dans le cadre de la loi littoral (1986) qui a permis de protéger nos côtes de l’urbanisation sauvage que l’on peut constater chez certains de nos voisins européens. Mais elle a aussi ses défauts, on s’en aperçoit en étudiant les rapport ou missions traitant de sujet urbain. Prenant par exemple le cas du traitement des « entrée de villes », grand sujet qui a émergé au début des années 1990 avec le sénateur Ambroise Dupont et son rapport « Les Entrées de villes, ou Redonner le goût de l’urbanisme » datant de 1994. Des similitudes ont été trouvées à toute les entrées de ville en France ce qui parait logique car elle avait toutes étaient conçues sur les mêmes principes et à une époque où la priorité était donnée à ce type de développement commercial au niveau national. Une fois ce problème détecté il fallait le traiter. Les études et rapports se succèdent comme celui de l’IAURIF (institut d’aménagement et d’urbanisme de la région île de France) publiée en 2001.L’étude a pour méthode, je cite « La dimension comparative est spécifique à l’étude, mais la méthode d’ensemble se veut généralisable à toute étude opérationnelle de réhabilitation d’une entrée de ville ». Cette méthode consiste donc à trouver un process opérationnel applicable à l’ensemble du territoire afin de résoudre un problème émergeant d’un autre process dupliqué lui aussi en son temps sur l’intégralité du territoire.
Cette modélisation à but de standardisation et d’uniformisation a dominé le XXème siècle dans de nombreux domaines : politique (les idéologies totalitaires), industriel (le fordisme) ou bien encore sociologique avec la « American way of life » des années 1950. 
Dans le domaine de l’urbanisme, la standardisation est plus ancienne comme on peut le voir avec le modèle haussmannien (19 -ème siècle) ou plus loin si l’on remonte aux plans des villes romaines. L’urbanisme ayant pendant longtemps était le domaine réservé des 
architectes qui considérait l’unité architecturale comme valeur première. L’unité si elle n’est pas singularisée peut parfois créer de l’uniformité. Le modèle peut constituer une grille de lecture mais parait trouver sa quintessence dans l’appropriation que l’on en fait en y intégrant ses singularités. La Valette, sur l’Ile de Malte, en est un bon exemple. L’architecture s’est inspiré des modèles baroques des villes italiennes tout à l’adaptant aux spécificités culturelles de la capital maltaise : terre de brassages de populations, l’architecture de sa capitale est à l’image de l’ile et intègre un florilège d’influences.
Si l’étude d’une problématique urbaine se doit d’être globale dans le sens ou le maximum de données doivent être pris en compte, son traitement sera nécessairement individualisé afin d’intégrer les spécificités locales. Plus encore dans un contexte « archipelisation » de la société française décrit par J.Fourquet dans son ouvrage éponyme.
Plutôt qu’un modèle reproductible à l’identique, le fait d’avoir des outils communs parait plus pertinent.  
C’est la démarche expérimentale que l’Etablissement foncier de Bretagne a tenté de réaliser à travers sa mission d’étude sociologique sur l’attractivité des centres-bourgs qui a donné lieu à un rapport publié en 2013. Le résultat est la création d’un outil : « la matrice » permettant de préciser l’attractivité d’une commune en croisant une multitude de facteurs. Cette matrice s’utilise comme un outil permettant de diagnostiquer un territoire à l’échelle d’un individu. Le traitement individuel peut ensuite donner lieu à une matrice globale à l’échelle de la commune.

 Les nouveaux outils associées aux compétences humaines (équipes pluridisciplinaires) pourraient permettre une synergie de compétences transversales tendant vers modèle plus horizontale que verticale.

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