DUethique Ethétique et dignité de la personne en danger.

Bonjour,

Pour des raisons de Travaux, à la faculté : Paris Descartes 5 laboratoire d’Éthique, notre DU intitulé : Ethique, Esthétique et Dignité de la Personne risque de tomber dans les oubliettes. En effet la faculté nous impose 18 inscriptions pour sa reconduction . Or depuis le mois de juin les bureaux de notre secrétariat; sont fermés. La ligne téléphonique reste sans voix, notre espace sur le portail de la faculté est obsolète. Les éventuels candidats sont donc éconduits par ce manque d'informations. Pour pallier à cela nous avons crée une page web :DUethique.fr où toutes les personnes désireuses de suivre cette formation peuvent y trouver des données claires. D'autre part les coordinateurs de notre DU, les Docteurs Aline Strebler et Claude Valentin ont cherché à publier des articles dans la presse qui n'ont pas à ce jour trouvé d'échos.

Nathalie Gernez

Voici un des articles : LE RISQUE OU LA PEUR D’ETRE SOI MIS A L’ETUDE DANS UN LABORATOIRE D’ETHIQUE « La culture libère les hommes, elle les libère de la peur… » Affirme l’écrivain engagé et chroniqueur algérien Boualem Sansal. Elle permet aussi « de s’inscrire avec dans la vie de la cité ». Malgré les vives controverses qu’il suscite chez les dirigeants actuels de son pays, l’auteur fait le choix courageux d’y résider, silencieux. Comble du paradoxe : en mai 2012, il reçoit le Prix du roman arabe pour son ouvrage Rue Darwin : les jurés du Prix du roman arabe l’ont élu mais le Conseil des ambassadeurs arabes, mécène de ce prix, le condamne pour sa participation au festival international du livre à Jérusalem. Invité d’honneur à cette troisième édition, il avait accepté de s’y rendre pour dit-il relancer un dialogue de plus en plus difficile entre intellectuels juifs et arabes ». Le dissident y réaffirme son engagement contre les dictatures et pour la paix. En plus des menaces du Hamas, Il déclenche le courroux des mécènes dudit Prix du roman arabe. Il est contraint à renoncer à le recevoir. Mais au final, qu’est- ce qu’un prix, illusoire et éphémère reconnaissance au regard d’un engagement de l’être ? Au siècle dernier, un autre enfant du pays, Albert Camus, l’auteur de L’homme révolté, soutient avec conviction que la littérature mène un combat pour la liberté et que la violence peut être transcendée par l’écrit. En 2011, Ceci n’est pas un film de l’Iranien Jafar Panahi est projeté au festival de Cannes alors que son auteur condamné à mort est assigné à résidence « LA CULTURE LIBERE LES HOMMES, ELLE LES LIBERE DE LA PEUR… ». Une des fonctions essentielles de la culture n’est-elle pas d’assurer les fondements d’un vivre-ensemble ? Et celui-ci peut-il se construire autrement que dans la liberté d’être soi, et harmonieusement relié aux autres ? En 1937, Pablo Picasso, visitant seul le musée du Trocadéro, rapporte à André Malraux comment sa vocation de peintre avait pris sens dès 1909 devant les masques africains: «Si nous donnons une forme aux esprits, nous devenons indépendants" et d’ajouter : « Les oeuvres d’art sont des objets magiques, des intercesseurs d’esprits inconnus et menaçants, … des armes empêchant les individus d’être possédés par les esprits et permettant de s’en libérer ». Ces « démons » dont la culture délivre, et que l’art exorcise, se trouvent autant en nous qu’au dehors de nous, dans les dictatures et oppressions en tous genres. Artisans de paix, les hommes peuvent le devenir s’ils en ont le désir. Les exemples abondent dans le monde, l’art résiste dans ses formes les plus diverses, de l’esthétisme académique des arts plastiques aux installations plus proches de l’art conceptuel en passant par l’art de la scène. Comme le rappelait la grande banderole anniversaire accrochée à la façade du Centre Pompidou : « L'art doit discuter, doit contester, doit protester ». Quand la psychanalyste française Schott Billmann fait danser ensemble au son du Jambé les femmes chrétiennes, juives israéliennes et musulmanes palestiniennes, réunies dans la joie de partager les trois cultures, elle leur permet de retrouver les rythmes qu’elles ont en commun. Dans le documentaire De l’autre côté du pays quand la cinéaste Catherine Hébert dénonce les intérêts financiers sur les sols africain de l’Ouganda et le jeu pervers de la vente d’armes, elle informe conteste et proteste. Quand Sadio Kanté,la célèbre journaliste correspondante au Mali de la BBC, se sert de sa palette de couleur pour dénoncer le viol des femmes africaines, elle alerte et soulève le voile du poids d’une tradition qui offense la femme. Elle est la voix d’une Afrique nouvelle. « Entre le journalisme et la peinture, il n’y a qu’une petite passerelle d’inspiration et de passion » qu’elle a su emprunter. En Juin 2009, l’Unesco, en collaboration avec le Conseil international de la philosophie et des sciences humaines, organisait une rencontre-débat intitulée Que peut encore l’art ? La visée était d’apporter sa contribution aux préparatifs de la deuxième conférence mondiale sur l’éducation à l’art qui s’est tenue à Séoul (Corée), en 2010. Un des objectifs de cette conférence était de : « Soutenir et améliorer le rôle de l'éducation artistique dans la promotion de la responsabilité sociale, de la cohésion sociale, de la diversité culturelle et du dialogue interculturel. La question de l’art se mondialise et n’est plus réservée à un public averti, elle devient l’affaire de tous. PARCOURS DE LA RECONNAISSANCE Bien que la culture ne se résume pas à l’art, « elle n’en a pas moins la charge ». Comme le rappelle Aurélie Filippetti interrogée par Guillaume Durand sur Radio classique au lendemain de sa nomination au ministère de la culture : « Le tissu de création fait partie des forces de notre pays ». Et le ministère de la culture se donne pour mission de permettre à tous les jeunes, de la maternelle à l’Université, l’accès aux pratiques culturelles et artistiques et de les aider à en développer le goût. La culture crée des richesses, le moyen de les partager devient un impératif de notre XXI ème siècle. Les pratiques artistiques s’invitent dans des lieux où elles étaient absentes. Les expériences se multiplient et les résultats, affichés ou non, sont des plus encourageants. Quand un laboratoire d’Ethique médicale, une unité de l’Université de tous les savoirs, décide de se tourner vers la cité en vue de susciter un véritable échange, il y a lieu de penser qu’une révolution est en marche. Un diplôme universitaire intitulé : Ethique, Esthétique et dignité humaine1 veut s’inscrire dans cette mouvance. Ce diplôme s’adresse aux acteurs du secteur médico-social institutionnel ou libéral. Il concerne les professionnels de la culture, du social, du droit, de l’enseignement, de la santé. La formation propose une réflexion sur les pauvretés matérielles ou morales du monde contemporain. Elle invite les personnes désireuses de s’impliquer dans la lutte contre l’exclusion à développer et à approfondir leurs capacités d’intervention dans ces milieux. La transdisciplinarité liée à la diversité des intervenants ainsi qu’à leur notoriété garantit une ouverture et assure un dialogue et une réflexion pluridisciplinaire qui intègrent les exigences éthiques. Ce type d’enseignement favorise le déplacement créatif du regard habituellement porté sur le monde de la précarité. 1 Diplôme universitaire dispensé sur deux ans à Paris 5 René Descartes. Pour tout renseignement : duethiques.fr et duethique@free.fr, pour joindre les coordinateurs 0661571141, 0669421472 La précarité est à comprendre au sens le plus large de vulnérabilité. Paul Ricoeur nous proposait déjà en 2003 dans Parcours de la Reconnaissance une apologie de « L’homme capable ». La diversité culturelle et sociale s’impose comme un plus à vivre, elle ne s’inscrit plus en creux d’un discours qui fait retour sur des hauts faits et sur des découvertes scientifiques génératrices de progrès. Les universitaires sont convoqués dans leurs laboratoires pour étudier, explorer, évaluer les impacts de la culture sur le cerveau et les comportements de l’homme moderne. Les médias rivalisent par des instances qui mettent le créateur face à la haute technicité, le numérique a envahi le monde de l’art. L’homme reste-t-il maître du jeu ou cède-t-il comme Heidegger l’avait pressenti sa part de créativité à la technique devenue électronique ? Avoir ou ne pas avoir confiance en l’homme, la question a alimenté les écrits de nombreux philosophes au cours des siècles d’Aristote à Nietzche. Aujourd’hui plus encore qu’hier le débat concerne tout un chacun. Du scientifique au philosophe en passant par le sociologue et le théologien, l’homme interpelle le monde par son inventivité. La confiance en soi et la confiance en l’autre sans nier les théories du complot, du soupçon, de la trahison et de la méfiance travaillent la société toute entière. Le doute est toujours là dans une société qui voudrait croire au risque zéro .La pratique autant que l’étude de l’art dans toutes leurs diversités peuvent apparaître comme des prises de risque acceptables que chacun peut saisir pour accéder à une meilleure connaissance de l’autre, gage de lien social. Docteurs Aline Strebler et Claude Valentin

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