Brutalité politique de Donald Trump

Lorsque le chef du pays le plus puissant au monde ose tout, par ricochet il crée les conditions d'une insécurité globale dont les conséquences n'arrangent aucune nation.

Brutalité politique de Donald Trump

Texte du 06/01/2020

 Le vendredi 03 janvier 2020 le monde a assisté à l'illustration de l'ouverture d'une nouvelle ère  dans la politique internationale avec l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani sur l'ordre direct de Donald Trump. Avant lui, aucun dirigeant étasunien n'avait osé prendre une telle décision parce qu'ils connaissaient le caractère vindicatif des Perses et le poids politique et militaire de l'Iran dans le golfe persique comme dans  tout le Moyen-Orient. Le général iranien Qassem Soleimani n'était pas seulement un proche du régime iranien, il était le symbole de la fierté de tout le peuple iranien et des chiites hors du territoire iranien. Trump vient de réussir l'exploit de ressouder le peuple iranien autours des ayatollahs qu'il veut éliminer du jeu politique dans le Moyen-Orient. Il vient donc de se tirer une balle dans ses  pattes.

Encore plus fort, il pousse le bouchon jusqu'à déclarer qu'il a déjà ciblé 52 cites iraniens à bombarder si l'Iran essaie de se venger.  Donnée sinistrement bestiale: je t'agresse et si tu ripostes à mon agression je te détruis.

Retenez bien ce précepte que d'autres pourraient imiter ensuite. Comme l'agression de l'Irak suivie du procès grotesque de Saddam Hussein et sa mise à mort, sous l'impulsion de George W. Bush et Dick Cheney le Lucifer étasunien. Peu après M. Bismuth (N. Sarkozy) et David Cameroun ont utilisé le même modus opérandi pour assassiner Mouammar Kadhafi en Libye.

Et chaque fois, ce genre de militarisme politique  provoque, par la suite, un cataclysme pour les populations locales, les peuples  irakiens et  libyens en savent quelque chose.

Aucun dirigeant majeur du monde occidental n'a osé critiquer ce fait d'arme des Généralissimes  Donald Trump et Mick Pompeo. Bien au contraire, c'est l'Iran qu'on appelle à la retenue comme Emmanuel Macron dont le journal français "Sud-Ouest" parle ainsi " Il a exprimé sa préoccupation concernant les activités déstabilisatrices de la force Al Qods sous l’autorité du général Qassem Soleimani, rappelé la nécessité que l’Iran y mette maintenant un terme et s’abstienne de toute mesure d’escalade militaire susceptible d’aggraver encore l’instabilité régionale." Aucune condamnation du geste inconséquent de l'allié étasunien, Macron, Merkel et Johnson ont juste émis le souhait de travailler à "réduire les tensions". Rien sur la décision du Président étasunien d'attaquer 52 cites iraniens en cas de riposte iranienne.On le savait, quand on dispose de la puissance de feu, on peut tout se permettre et les victimes, au lieu de la compassion bienfaitrice, subissent des récriminations, voire l'opprobre des autres. On y est toujours, avec Jean de la Fontaine: " Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."  Hassan Rohani est tout noir et Donald Trump est tout blanc. C'est ainsi,  et ainsi va notre monde. La vérité est souvent celle du canon.

Yamadou Traoré

Analyste politique

 

 

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