L'HUMANITÉ EN BERNE.

Les libertés privées et publiques resteront menacées tant que perdureront les visions univoques cornaquées par l'intérêt mercantile des grands du monde.L'homme ne vaut que par l'utilisation que l'on peut en faire pour atteindre un objectif, il n'est plus qu'un outil, un objet, pas une finalité.

L'HUMANITÉ EN BERNE.

Le régime iranien vient de provoquer un nouveau tintamarre de condamnations après la mise à mort  atroce par pendaison de l'opposant Rouhollah Zam suite à un procès bafouant les droits humains, le 12 décembre 2020. Le régime des mollahs l'accusait d'être un des animateurs du soulèvement populaire en Iran durant  l'hiver 2017-2018 dans les villes iraniennes et d'être affilié aux services secrets français, étasuniens et israélien.

En effet nous assistons à un déluge d'indignations depuis cette mise à mort terrible. L'Union Européenne à travers Josef Borrel et d'autres, la France par les voix d'Emmanuel Macron et Jean Yves Ledrian, Reporter sans frontière, Amnesty International...rivalisent de superlatifs et expressions lugubres pour qualifier le fait.

Mais peut-être que Rouhollah Zam aurait été sauvé, ou encore, le régime iranien aurait réfléchi à deux fois avant de passer à l'acte si un précédent crime abominable avait provoqué l'ire du reste du monde et entrainé des sanctions exemplaires. En octobre 2018, la strangulation à mort suivie du dépeçage du corps du journaliste saoudien  Jamal Khashoggi dans les locaux de l'ambassade saoudienne en Turquie par des éléments du prince héritier saoudien  n'avait provoqué que des hurlements circonstanciels suivis de tentatives  ayant pour but de sauver la mise à ce prince ignoble et liberticide. Les premières vociférations de Donald Trump avec promesse de donner une sévère leçon au prince saoudien ont été vite oubliées. Autorisation tacite délivrée à d'autres pays d'emboiter le pas à Mohamed Ben Salman dans les dérives liberticides et meurtrières.

Les enjeux géopolitiques et commerciaux ont toujours la prééminence sur les droits humains. L'oublier revient à jouer l'enfant de chœur. Si vous achetez des avions F 16 ou Rafale, des chars Leclerc ou M1 Abrams et que vous êtes membres du conseil d'administration de certaines grandes compagnies, firmes transnationales (FTN) et qu'en plus vous y disposez parfois de la minorité de blocage et que, par dessus le marché vous fournissez aux DÉMOCRATIE CIVILISÉES le gaz et le pétrole, vous pouvez mettre l'humanité en berne sans crainte de représailles. C'est la nouvelle donne géostratégique.

Chez les Saoud, les peines de mort sont appliquées par décapitation avec un sabre manié par un malabar stupide, en Iran c'est par pendaison. Dans le premier cas on ne voit rien ou on fait dans l'indignation light et limitée, dans l'autre on hurle à l'abjection, on se roule par terre de terreur. Comparez les achats et fournitures de l'Arabie Saoudite, du Koweït, des Émirats Arabe Unis, de Bahreïn... en occident avec ceux de l'Iran. Vous comprendrez les écœurements à géométrie variable de nos dirigeants.

L'occident, ces démocraties hémiplégiques, est entrain de s'embarquer dans la lutte séculaire entre sunnites et chiites dans l'islam et entre la nouvelle alliance sunnites-Israël contre les chiites qui peuvent déboucher sur un cataclysme planétaire plus dévastateur que le terrorisme djihadiste actuel que nous n'arrivons pourtant  pas à endiguer.

Un joli monde avec de jolis dirigeants tout plein: Macron empêtré dans ses contradictions intellectuels; Van Der Leyen qui croise le fer avec Boris Johnson embourbé dans son Brexit; Merkel en fin de parcours; Poutine qui se prend pour le nouveau Tsar de toutes les Russies et notre  Trump qui n'en peut plus de gagner les élections présidentielles étasuniennes, "j'ai gagné, ha! ils m'ont volé ma victoire".

Quel schéma dantesque pour notre  monde. Et je vous épargne l'Afrique pour l'instant où un grand sous-préfet est entrain de semer la terreur en Côte d'Ivoire, il protège beaucoup d'intérêts...

 

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