Mennel, les islamophobes et les sucettes à l’anis

Les affreux ont eu raison de la belle Mennel. Nous ne la verrons plus occuper le temps d’esprit disponible entre deux publicités. Les MAZ s’en réjouissent, les autres pleurent. Personne n’a mesuré la profonde absurdité de toute l’affaire.

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Lorsque Mennel chante "Hallelujah" de Leonard Cohen, les bigots laïcards auraient dû l’encenser ; et les bigots religieux la dénoncer. Et c’est exactement l’inverse qui s’est passé.

Ignorance is bliss!

Et justement, l’Islam est un combat contre l’ignorance.

Pour dépassionner le débat, et comprendre enfin, il faut et il suffit de retirer la composante musulmane de l’équation.

Imaginons les Petits Chanteurs à la Croix de Bois chantant « Les sucettes à l’anis » de Gainsbourg ou « Fernande » de Brassens. Car c’est exactement ce qui s’est passé dans l’émission The Voice, lorsque Mennel interpréta la chanson de Leonard Cohen.

Encore eut-il fallu s’intéresser à ce que Mennel chantait en anglais ?

Les affreux ont préféré focaliser sur ce que Mennel chantait en arabe. Ils en ont déduit un prosélytisme, que la loi n’interdit pourtant pas. Ils y ont vu un soutien au terrorisme le plus barbare. Et l’on a ressorti des tweets qui remettaient en question la version officielle des attentats en France.

La liberté d’expression en France est un droit qui est accordé à chaque citoyen. Pourtant certains s’évertuent à le dénier à d’autres, notamment plus pauvres, plus bronzés et que l’on voit moins souvent le dimanche à l’église.

Critiquer le gouvernement est un sport national en France. Mais ce droit serait exclusif à ceux qui ont la bonne couleur de peau, la bonne religion. Car, pour ces français et pour ces français seulement, critiquer le gouvernement, c’est critiquer la France !

Considérer comme « terroriste » un gouvernement nommé par un président dont il semble qu'il n’ait jamais démenti avoir envoyé des barbouzes faire assassiner des citoyens français, ce serait donc critiquer la France ? 

Considérer comme « terroriste » un gouvernement qui envoie notre armée bombarder la Syrie alors qu’aucun syrien ne nous a jamais attaqué, ce serait critiquer la France ?

Et que dire de la Libye ? Était-ce encore la France ? Ou bien la faute à un président que les français dans leur grande sagesse n’ont pas réélu.

« La liberté est le pouvoir de faire tout ce que la loi permet » écrivait Montesquieu. Au nom de quel état étranger, cette liberté est-elle déniée à une jeune et belle citoyenne française ? Car nous en sommes sûrs, ce n’est pas au nom de toutes les valeurs qui fondent notre pays.

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