Nationalisons les salaires

En politique, il est de bon ton de déclamer des séries de mesures censées réduire les dépenses publiques. Il est par contre plus rare d’entendre des mesures susceptibles d’augmenter les recettes publiques. Cet article tente de pallier cette malheureuse lacune.

Fillon - Diminuer les effectifs de la fonction publique pourquoi ? - Europe 1 © Fillon.net
 

Supprimons 50 000, non 120 000, non 500 000 fonctionnaires ! Réduisons les minima sociaux ! Diminuons les remboursements en matière de santé ! Nous avons tous entendus ces litanies de la part d’hommes politiques sans envergure.

Seuls, la peur, le manque d’imagination et l’incompétence notoire peuvent expliquer une telle idéologie. L’égoïsme aussi puisqu’évidemment ce discours ne s’adressent qu’aux autres. Et l’autre s’appelle toujours Ali.

Mieux vaut alors oublier ces oiseaux de mauvais augure  !

Et simplement changer de logiciel !

La solution qui va être présentée ici est une solution de compromis.

Pour coller à l’air du temps, elle aussi n’est ni de droite ni de gauche… même si elle penche un peu plus du coté de cette dernière.

Il s’agit donc, comme le titre de l'article l'indique, de nationaliser les salaires.

Imaginons que chaque entreprise verse les salaires non plus à leurs employés mais à une Caisse Nationale des Salaires.

C’est un système qui existe déjà pour les cotisations patronales et salariales. Il fonctionne assez bien à ce niveau. Alors pourquoi ne pas l’étendre à l’ensemble du salaire brut ?

La Caisse Nationale des Salaires serait gérée directement par la Banque de France.

Les avantages sont nombreux :

  • C’est une facilité pour les entreprises qui n’ont plus qu’un seul versement à effectuer.

o   Ils verseraient alors les salaires bruts de tous les employés à la Caisse Nationale des Salaires en une seule fois le dernier jour ouvrable de chaque mois.

o   Un seul versement simplifie le travail comptable de l’entreprise.

o   La Caisse Nationale des Salaires se charge de prélever elle-même sur le salaire brut de l’employé les cotisations patronales à verser aux différents organismes de prestations sociales.

  • Ce système ne change rien pour les employés qui continuent de percevoir leur salaire

o   Le salaire est versé sur un compte courant personnel créé à la Caisse Nationale des Salaires. Celle-ci joue alors un rôle de banque de dépôts.

o   La Caisse Nationale des Salaires attribue alors une carte de débit à chaque salarié enregistré. Il s’agit d’une carte à débit immédiat sans autorisation. Le fait d’être fiché à la Banque de France comme « interdit bancaire » ne sera pas opposable à ce type de carte.

o   La Caisse Nationale des Salaires se charge de prélever elle-même sur le salaire brut de l’employé les cotisations salariales à verser aux différents organismes de prestations sociales.

Les avantages pour les finances publiques :

En France, le salaire brut annuel moyen en France est de 35000 euros. Et il y a environ 25 millions de salariés en France. La Caisse Nationale des Salaires disposerait donc d’une trésorerie de l’ordre de 875 milliards.

Il est évident qu’une grande partie de ces dépôts seraient immédiatement utilisée :

  • 38,23% irait aux organismes de prestation sociales
  • 8% constitueraient la CSG/CRDS habituellement payé par l’employeur
  • 72 milliards en constitueraient l’impôt sur le revenu.

Reste les dépôts courants dont l’épargne salariale que l’on estime à 75 milliards en France.

Dans un premier temps, un tel système permettrait à la France d’arrêter la spirale infernale qui l’oblige à emprunter pour rembourser sa dette.

D’emprunteur, l’état pourrait devenir prêteur et renflouer les caisses de l’état avec les intérêts perçus.

Les inconvénients :

A priori, il s’agit bien d’un système dont tous les français seraient gagnants.

Tous ? Non, une poignée d’irréductibles banquiers verraient ainsi leurs dépôts diminuer d’au moins un tiers.

L’ancien président avait déclaré la finance comme son « ennemi ». Avec les résultats que l’on sait…

Aujourd’hui, c’est différent. Notre nouveau président a lui-même été Banquier.

Nul autre que lui serait donc à même de mettre en place un tel système… et de convaincre les banques de trouver d’autres moyens de s’enrichir.

D’autant plus que l’objectif est de rembourser la dette que l’état a contracté auprès d’eux.

Après tout, il ne s’agit là que de l’intérêt supérieur de la Nation.

Primum omnium salus patriae

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