Mediapart, journal paranoïaque.

Le déni de la contingence et/ou du hasard ainsi que la recherche obsessionnelle de coupables à chaque évènement de la vie - deux traits caractéristiques du délire paranoïaque - sont au coeur de la ligne éditoriale de Mediapart. Et à la racine du délire complotiste de nombre de ses lecteurs. Continuer d'en faire partie m'est devenu impossible.

Le Dr Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l’Université Paris Descartes, analysant chez Philippe Meyer la crise provoquée par l'épidémie de covid-19 a évoqué une tendance lourde de notre société à rechercher systématiquement des coupables aux pures contingences - imprévues et imprévisibles - qu'il a qualifiée - en expert - de "paranoïaque".

En l'écoutant, j'ai repensé à l'ahurissant - délirant est peut-être plus juste - billet d'Edwy Plenel du 4 mai intitulé "le président destitué" que son outrance hyperbolique rendait aussi ridicule que dérisoire, et dont la "myopie nombriliste" devenait risible comparativement au jugement favorable de la presse internationale envers l'action du gouvernement comme en témoignait - par exemple -  cet article d'Adam Nossiter dans le NY Times intitulé "Macron a battu le coronavirus mais la France n'est pas impressionnée"  

https://www.nytimes.com/2020/06/05/world/europe/coronavirus-france-macron-reopening.html?auth=login-facebookhttps://www.nytimes.com/2020/06/05/world/europe/coronavirus-france-macron-reopening.html?auth=login-facebook.

L'autre intérêt de ce texte grotesque du patron de MDP c'est son saisissant effet de miroir, accusant le gouvernement et Macron de "semer la méfiance" (l'hopital qui se fout de la charité), annonçant "une défait en rase campagne (la côte de popularité de Macron a pris dix points) ou en parlant d'une "inconséquence généralisée, qui a semé la méfiance quand il aurait fallu mobiliser la confiance, (et) la qualifiant d’impéritie, vieux mot qui désigne le manque d’aptitude dans l’exercice d’une profession." - on se demande de quel côté se trouve l'inconséquence et l'impéritie lorsque le patron d'une rédaction sort des énormités et des contre-vérités aussi assourdissantes.

C'est triste à dire, mais le très bon travail d'investigation des journalistes de MDP est systématiquement invalidé par les éditos d'une direction "aveuglée par ses obsessions idéologiques" (autre accusation de Plenel envers Macron, et encore une fois l'hopital qui se fout de la charité) qui se laisse envahir par une une émotivité totalement hors de propos, mal venue et parfaitement anti-professionnelle.

En s'autorisant de telles "rodomontades" (autre reproche fait à Macron dans son article), Edwy Plenel perd non seulement son propre crédit intellectuel, mais entraîne avec lui sa rédaction et contribue à diffuser dans l'esprit de ses lecteurs une défiance à teneur complotiste envers tout l'appareil d'Etat (sans  même parler des media) au point que la lecture des commentaires d'articles peut assez aisément provoquer l'effroi et la consternation (ou la franche rigolade, c'est selon).

Que l'investigation journalistique soit le fruit d'esprits circonspects, et même soupçonneux, c'est un fait - que j'ai pu vérifier maintes fois - mais qu'elle donne lieu à des manipulations paranoïdes, c'est une dérive.

Que je dénonce donc en me désabonnant de Mediapart.

 

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