Frédéric Lordon n'a pas tout dit !

Lors d'une interview récente sur France Culture, l'économiste et philosophe s'exprimait sur ces fameuses "fake-news" dont tout le monde parle, en particulier les milieux politiques qui entendent s'y attaquer au nom "de la défense de la démocratie".

Frédéric Lordon explique fort bien que c'est sur l'obsession portée sur ces phénomènes qu'il faut s'interroger et non pas tant sur eux-mêmes qui existent depuis la nuit des temps.

Le philosophe retient pour contextualisation de l'offensive politique contre ces "fausses informations" ou plus souvent, ou plutôt, "vérités qui dérangent" les conséquences de la crise financières de 2008 et la reconduction aujourd'hui de pratiques à risque.

En effet, l'imposition très probable d'une vérité par les puissances gouvernantes via une coercition judiciaire de la contradiction ou du discours alternatif doit être entendue comme une réaction à la perte totale de crédibilité évidente, consécutive aux mensonges de l'époque et d'aujourd'hui sur la solidité et stabilité du capitalisme international.

Si cela peut être vrai, tout n'est pas dit et loin de là.

Il n'y a aucun doute, la violence politique, croissante, des autorités occidentales, notamment françaises, est aussi faite d'une indifférence absolue à la confiance ou à la défiance des "gouvernés" et nulle vexation ou peur ne sauraient poindre chez elles.

Non ! les textes à venir sur les "fake-news" sont ni plus ni moins que l'exacerbation prévue et attendue depuis des années de l'autoritarisme politique qui renoue avec le réflexe totalitaire. Et il n'est pas à exclure que cette dynamique aille un jour au-delà du simple verrouillage de sites internet, prévoyant des amendes ou peine de prison pour les diffuseurs de paroles contestataires, voire simplement alternatives.

 

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