Présidence Macron, le règne de l’incompétence

[Tribune] Emmanuel Macron, alias Jupiter, le Roi ou Manu, s'est forgé une lourde réputation en seulement un an et demi de mandat. Incompétent, immoral, menteur, les français sont nombreux à reconnaître les traits de caractère qui le caractérisent depuis son élection. Retour sur les faits qui ont marqué ce début de mandat.

Emmanuel Macron va bientôt fêter ses un an et demi à la présidence de la République, un début de mandat marqué par une totale intransigeance de son gouvernement face à l’opposition massive des français. Selon les différents instituts de sondages, le président serait rejeté par une majorité de français, chiffre oscillant entre 70% et 80% d’insatisfaction. Le gouvernement, toujours inflexible, ne réussit plus à cacher ses échecs. La communication a changé, Emmanuel Macron a désigné son ennemi, le Rassemblement national, enfermant le débat politique dans une opposition binaire sans alternatives. Cependant, personne n’est dupe, les faits sont là, et la présidence de la république apparaît plus que jamais incompétente, malhonnête et immorale. Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), mis en place sous le mandat de François Hollande sous la houlette du ministre de l’économie de l’époque, un certain Emmanuel Macron, coûte entre 15 et 20 milliards d’euros par an au budget de l’Etat, et s’avère être un plan d’exonérations et d’avantages fiscaux pour les entreprises presque inefficace.  L’objectif fixé à l’époque était de créer un million d’emplois pour inverser la courbe du chômage. Avec environ 100 000 emplois créés par an depuis sa mise en place, le CICE coûte donc aux alentours de 200 000 euros par emplois créés, aux frais du contribuable. C’est un gouffre financier qui devrait être pérennisé, puisqu’il sera modifié à partir de l’année prochaine en un allègement de cotisations d’assurance maladie pour les rémunérations allant jusqu’à 2,5 SMIC. On reconnaît dans ce peu glorieux héritage la patte maladroite du gouvernement de François Hollande, dont l’ancien ministre et heureux successeur semble se glorifier puisque en effet, pour cette année, le CICE est doublé et coûte donc 40 milliards d’euros à l’Etat, soit quatre fois le budget pour l’écologie, sujet actuellement au cœur de la communication du gouvernement puisque l’augmentation récente des prix des carburants est aujourd’hui le cheval de bataille de la colère populaire.

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Il faut dire qu’en un an, le prix du diesel s’est envolé de 23 %, contre 14 % d’augmentation pour celui de l’essence, c’est une autre sorte de gouffre financier, directement imputé sur les ménages.  Un prix qui s’explique par une augmentation progressive des taxes, qui va d’ailleurs continuer, mesure adoptée sous le mandat de François Hollande pour lutter contre le réchauffement climatique. Aujourd’hui, les taxes représentent 60% du prix à la pompe. La mesure fait enrager les français, alors que la voiture est loin d’être le moyen de transport le plus polluant. Selon l’Agence Européenne de l’Environnement, une petite voiture rejette environ 42 g de CO2 par passager par kilomètre. L’avion pollue six fois plus à raison de 285g de CO2 par passager par kilomètre. Loin d’être accessible à tous, l’avion demeure un moyen de transport réservé aux plus aisés. Pourquoi n’est-il pas soumis à la même fiscalité ? Visiblement, les privilégiés doivent le rester, surtout depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Rappelons-nous en effet que l’une des premières mesures de son gouvernement a été de supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour le remplacer par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), exonérant de taxes les valeurs mobilières et les placements. Parallèlement, il a dû compenser les pertes en augmentant la CSG sur les maigres retraites de nos anciens, qui ont cotisé toute leur vie, et en réduisant les différentes allocations versées aux plus modestes. Dans son dossier de presse du projet de loi de finances 2019, le gouvernement s’enorgueillit de « 6 milliards d’euros […] rendus aux ménages l’année prochaine, notamment par la suppression de la deuxième tranche de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables, le plein effet de la réduction des cotisations chômage et maladie et l’exonération des heures supplémentaires de cotisations sociales à compter de septembre 2019. » La supercherie n’a trompé personne puisque la baisse de la taxe d’habitation, imputant directement le budget des collectivités locales, a dû être compensée par une augmentation des impôts locaux. Une question me taraude cependant. Si la nouvelle mouture du CICE prévoit un allègement des cotisations d’assurance maladie pour les entreprises et qu’en parallèle les salariés voient la réduction des cotisations chômage et maladie pour augmenter les salaires sur la fiche de paie, comment l’Etat va-t-il financer la sécurité sociale ? Si je devais prédire l’avenir, je dirais que d’ici la fin du quinquennat, les réductions budgétaires annuelles de la sécurité sociale, des hôpitaux, des EHPAD et de l’assurance chômage auront fini de creuser la tombe de notre système de protection sociale. Face à la réalité des dysfonctionnements, Macron pourra montrer du doigt avec hypocrisie les carences du système dont il aura été l’instigateur et réclamera la privatisation.

Emmanuel Macron est l’illustration du bureaucrate néolibéral arriviste portant un discours politique populiste et dénué d’idéologie précise. Dans cette logique, il refuse de reconnaître publiquement la réalité des faits, l’incompétence de son gouvernement face aux problèmes de société français et ment éhontément en parlant de « redressement du pays », de « transformation profonde ». Il demande « des efforts » à la grande majorité qu’il assomme de taxes pour compenser ses cadeaux fiscaux à la minorité d’ultra riches. Le problème pour lui, c’est qu’il ne peut pas mentir, puisque les faits sont là. L’exemple le plus probant est l’affaire entourant Alexandre Benalla. Il a été couvert par l’Elysée, pour les faits que nous connaissons tous maintenant, et l’affaire aurait pu passer sous le tapis si un journaliste du Monde n’avait pas tiqué sur le visage crispé sous le casque de CRS. Macron n’a même pas eu le courage et l’honnêteté de reconnaître que son cabinet a caché les actes odieux, profondément immoraux mais surtout illégaux de son… ami, comme si il essayait de cacher un éléphant derrière un brin de paille en affirmant  « il n’y a pas d’éléphant ». Il apparaît cool, un peu blagueur, complètement détendu et sûr de lui. Il est persuadé qu’il peut se le permettre puisqu’il dispose d’une large majorité à l’Assemblée lui permettant de faire presque tout ce qu’il veut. Alors il attaque le Rassemblement national de Marine le Pen, il se fait le représentant des « progressistes » qu’il oppose à l’extrême droite, tout en pratiquant une politique migratoire toujours plus dure. Son nouveau ministre de l’Intérieur, le peu brillant mais néanmoins souriant Christophe Castaner a annoncé une augmentation de 20% des expulsions en 2018 alors que la France est régulièrement épinglée par la communauté internationale pour ses entorses aux droits de l’Homme. La France est une terre d’accueil, mais seulement pour les détenteurs d’une Black card. Emmanuel Macron est sourd, aveugle et mythomane, un pauvre homme dont les talents d’orateur ne pourront pas sauver le naufrage. Son récent hommage au maréchal Pétain, un « grand soldat », est l’illustration de sa stratégie à double face vis-à-vis de l’extrême droite. D’un côté, il se place en premier opposant à l’outsider Marine le Pen, tout en adoptant un discours politique similaire au RN, espérant séduire son électorat. Le bilan provisoire d’Emmanuel Macron démontre qu’il peut être un bon banquier, c’est autrement plus difficile d’être un bon président. De plus, au vu de son mépris évident pour la démocratie, notamment visible par le sectarisme affiché des députés la République en Marche à l’Assemblée Nationale, l’élection de 2022 apparaît comme une heureuse échéance dont nous, citoyens méprisés, devrons nous assurer de l’organisation. 

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