Beatrice Quasnik pense l'humain dans l'entreprise

« Faire société » un sujet qui a interpelé les plus grands, d’Edgar Morin à Régis Debré. On a tous vu les appels à des fraternités, des idéaux du vivre ensemble. Or, rien de tout cela ne peut exister sans que le milieu professionnel n’enclenche la reconnaissance de ces valeurs. Aujourd’hui, on parle de retrouver l’humain, de devenir plus humain… de créer une forme d’ambiance apaisée et sereine au sein du milieu du travail. Surement une prise de conscience tardive. On a tous entendu parler des risques psychosociaux en entreprise. On a vu le désastre de certains managements qui ont conduit des suicides en séries, des dépressions en chaine.

 Les managers aujourd’hui sont en train de prendre la mesure du problème. Pour cela ils ont alors besoin de clefs… d’une « grammaire relationnelle ». Leur but est de devenir des « acteurs de changements ». Pour cela quelques spécialistes œuvrent déjà. Beatrice Quasnik fait partie de ces experts qui s’activent sur cette voie. Redonner du sens à l’humain dans les entreprises. On fait appel à elle partout.

Elle intervenait déjà il y a plus de dix ans dans ces domaines. On parlait alors de « société apprenante ». Une forme de collectif expert assimilant ce qui aujourd’hui est en train de devenir une évidence pour tous. Elle a d’ailleurs une forme de recul dans sa démarche. Toujours posée, toujours en observatrice, toujours à l’écoute. Elle intervient dans les moments de changement, de mutation ou de crise. Elle permet de faire du liant, du lien et du sens. Ainsi, lors d’un déménagement de locaux d’un géant du CAC40, elle interviendra pour éliminer les éléments de stress entre collaborateurs. Tout son art résidera dans les moyens de permettre aux concernés de partager, d’échanger, de se révéler et enfin de construire ensemble. Le résultat est là. Le dialogue provoqué induit la réussite. L’écoute est alors un facteur de réalisation.

Elle intervient aussi au cœur des machineries humaines des entreprises. Prenons l’exemple d’un cadre dans un échelon clef d’une boite. Une trentenaire qu’elle doit aider. Tout son art consistera à décrypter les liens entre cette cadre et les échelons supérieurs. Pourquoi sa charge de travail est aussi importante. Quels sont ses points forts, ses éléments bloquant. Elle verra ensuite les relations hiérarchiques descendantes. Et enfin aussi les relations avec le conjoint. Cette cadre est-elle soutenue par son conjoint… ou ira-t-elle vers une rupture pour pouvoir continuer son ascension...

Beatrice Quasnik connait donc les roueries de la vie des entreprises. Elle sait déjà que l’humain est essentiel, qu’il faut travailler la passion pour le métier et s’exonérer petit à petit des réflexes sociaux négatifs. Il n’y a pas besoin d’écraser l’autre pour réussir… Ces principes se démontrent au fil du temps…il y a aussi d’autres bases… partager les responsabilités et motiver ainsi les initiatives.  

Il y a aussi des réponses plus globales à des phénomènes de société plus ample dans son discours. Les femmes seront égales mais affirmant leur différence. Les seniors voient leur rôle devenir vraiment central avec des facultés d’être mis au service du bien commun.

Beatrice Quasnik montre donc la voie d’un nouveau management orienté vers l’humain. Pensé pour ouvrir justement les entreprises sur l’encouragement des initiatives, pousser vers des postures d’ouvertures et d’engagement positifs. Il s’agit d’une forme de contamination positive qui pourrait être menée et faire en sorte que ces ilots d’humanisation soient copiés et amplifiés pour la réussite de tous. Il s’agit donc d’introduire le bonheur dans le travail, d’humanisation en réponse à l’hiver social qu’on vient de traverser avec des concepts totalement expurgés sentiments ou de proximités.

Dans cette dynamique, chacun peut être acteur de changement. Le manager pouvant faire émerger « ces sentiments humanistes dans l’entreprise » (Edgar Morin)… Il y a donc aujourd’hui un capacité pour tous de « dans une prise de conscience d’un rôle et de l’influence personnelle qu’on peut avoir ».

 

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